20/01/22Correction nouvelle version d'Odysseus établie après la correction réalisée par Clément début sept

 




LES BROUILLONS D'ODYSSEUS

Autofiction

TOME I

Livre 1.



 

  Éditions Inconnues

















  









 



Avis au lecteur





Eu égard au fait que souvent mes pas m'égarent, et pour compléter mon dessein de n'être que librement moi-même dans toutes circonstances, j’ai tenu à restituer ce tapuscrit Odysseus exactement dans l'état où me la laissé mon alter ego J. On ne sera pas étonné, par conséquent, à la lecture de ce manuscrit d'y trouver beaucoup d'incorrections de parties mal écrites et inachevées de nombreuses redites et répétitions ; j'ai cru comprendre pour ma part qu'elles appartenaient à cette autofiction et qu'il n'y avait à priori nulle raison de les en soustraire.













 

  

 


 

- UN PEINTRE DÉBUTANT, UN ÉCRIVAIN IMAGINAIRE -




PRÉFACE



J'étais un écrivain imaginaire. J'avais beaucoup écrit jusqu'ici, mais n'avais jamais rien montré. C'est normal, j'étais plutôt un peintre et l'idée d'apparaître comme écrivain était toujours restée chez moi du domaine du fantasme .La somme considérable de brouillons que j'avais laissé derrière moi était effrayante Je devais réduire tout ça. Les textes que j'avais écrit étaient pour la plupart des textes autobiographiques .C'est un fait, j'ai tenté pendant de nombreuses années de raconter l'histoire de ma vie; je raturais, je me reprenais ,j'inventais des parties de mon passé ; j'écrivais dans des registres très divers. J'inventais souvent à chaque fois un nouveau nom d'auteur car je n'étais jamais certain du mien . Écrire était pour moi une délectation et une souffrance. Devenir le raconteur de ma vie, cela avait quelque chose d'exaltant mais de pénible et d'assez compliqué vu que souvent je me perdais dans mes récits. Mes récits étaient contenus dans des textes anciens que j'avais rassemblé sous des titres divers; mais celui qui prédominait; c'était celui que j'avais intitulé -LES ECRITS -En me relisant je trouvais parfois dans mes brouillons des passages de prose qui m'avaient été inspiré par les écrivains que j'admirais ;ces écrivains m'avaient insufflé leur foi, leur passion,et peut être une petite part de leur génie .J'avais continué à écrire ,mais j'avais renoncé à devenir écrivain, j'avais décidé de m’engager dans la peinture; je pensais depuis longtemps que c'était la ma seule et véritable vocation. J'avais du franchir beaucoup d'obstacles avant d'y arriver ,mais j'avais persisté et finalement j'étais devenu peintre. Comme je n'étais certain de rien concernant mes écrits, il me semblait en les observant que j'avais engendré un monstre informe .Lors d'un voyage (en Chine), alors que la peinture stagnait ;me prit le désir de relire mes essais d'écriture, ce que j'appelais mes brouillons. Sous l'effet d'une hallucination subite ,je cru voir apparaître dans mes écrits les restes D'un roman de l'écriture- que j'avais laissé à l'abandon. J'avais pas loin de deux mille pages de brouillon dans les mains ;ces brouillons ,c'étaient ma vie transformées en roman. J'ai réalisé à cet instant ,que l'écriture ;cette activité que j'avais pris pour une activité secondaire -Etait devenue une activité plus qu’essentielle pour moi -.Je cherchais en écrivant à appréhender - l'essence de ma vie -. Un être transparent ;marchait à mes côtés il baignait dans une lumière vive; c'était un être insaisissable; il semblait surgit d'un rêve; il écrivais à ma place. Ma vie à ses côtés était devenue presque l'équivalent d'un songe ,un songe qui s'appelait ODYSSEUS .













 

-Que celui qui m'accuse de lenteur regarde bien dans notre époque. S’il s’assoit deux minutes pour examiner avec soin les folies qui nous bercent, il conviendra que la lenteur a du bon, car il trouvera à me lire avec lenteur la satisfaction de trouver un individu pas moins perturbé que celui qu'il porte en lui -.ODYSSEUS.

                                                                                                     





Avis au lecteur



 

Si tu as eu l'imprudence d'ouvrir ce livre, ami lecteur, ne sois pas étonné de la façon dont il va s'ordonner. Je suis un écrivain abandonné et sans expérience, les chapitres que tu t'apprêtes à lire sont totalement improvisés, je viens juste de rédiger celui-ci. À l'instant. Nous sommes le 17 octobre 2001, il est 21 heures. Je suis en train de mettre en scène la trame de lecture du puissant chef-d’œuvre que j'appelle Mes Mémoires, que j'ai voulu appeler à d'autres époques Les Écrits et qui s'intitule à présent Odysseus. Ce livre met en scène ma vie à travers le fatras de mes anciens souvenirs et de mes vieux écrits. La première partie de mon mémoire retrace ma vie depuis l'âge de quatorze ans et continuera bon gré mal gré jusque l'âge de trente ans. Mais je ne suis pas sûr de respecter cet ordre. J'ai choisi d'écrire le plus souvent au débouté, en faisant des incursions dans des parties de ma vie qui sautent gaillardement toutes les époques sans m'occuper de la chronologie.






 


                                                 ODYSSEUS

Je ne savais pas où j'allais, mais j'allais. J'avais décidé de procéder ainsi, rien n'était prédéterminé dans ma démarche, je construisais au jour le jour "mon grand œuvre" (façon de parler). Je la construisais un peu en aveugle, presque en somnambule, beaucoup en improvisant. J'étais incertain des résultats. J'avais du mal à me représenter son corps en entier ; c'est pourquoi je me demandais dans quelle galère je m'étais embarqué en voulant raconter ma vie .





 

- UN PEINTRE DÉBUTANT, UN ÉCRIVAIN IMAGINAIRE -




La photo de moi en uniforme militaire que j'avais placée en page de garde de la première version des Écrits ; annonce une période où j'écrivais surtout des pièces de théâtre. L'essentiel de mes activités de création entre dix-huit et vingt-cinq ans (essais, esquisses littéraires, ou projets pour des pièces de théâtre) se trouvait depuis rassemblée dans des cartons que j'avais abandonnés et qui je traînais derrière moi .C'est lors de mon départ précipité de mon pied-à-terre des bords de Seine où j'avais trouvé refuge, à la fin des années 90 que je me suis décidé à en éliminer une partie. J'avais quarante huit ans .J'abritais dans cet espace alternatif (depuis quelques années) une vie de peintre dans les marges ;le lieu était menacé de disparition. J'avais décidé d'abandonner derrière moi les restes de ma vie d'écrivain fictif ,fictif, car je n'avais jamais rien publié . Si j'avais eu en tête à ce moment mon projet autobiographique, j'aurais peut-être tenté de sauver plus de documents. Ces documents touchaient à une période de ma vie qui n'avait rien donné .Mon périple littéraire était réduit à une peau de chagrin. Comme j'étais sentimental, j'avais quand même gardé quelques archives ;entre autres, une photo de ma main en train d'écrire, prise par un ami. À l'époque où cette main a été prise en photo, je m'exerçais consciencieusement à écrire. J'avais quinze ans ;je travaillais depuis peu dans une usine textile ;je  n'avais pas  dans l'idée de devenir écrivain ;ma grande ambition c'était de devenir peintre. J'étais doué pour le dessin et la peinture .Je m'étais inscrit à des cours par correspondance je voulais me perfectionner. Quelques années plus tard vers mes dix sept ans ,Je voulais toujours devenir peintre; mais je m'étais réveillé avec l'idée de devenir dramaturge, l'admiration que je portais pour Tête D'or, (le héros d'une pièce écrite par Claudel),m'invitait à tenter d'écrire des pièces de théâtre ;cela  traduisait mon penchant pour les actions héroïques et surtout pour les êtres aux destinées sublimes. J'ai vite échoué dans cette entreprise; je ne maîtrisais pas les codes dramaturgiques. Six ans plus tard ,je travaillais toujours dans la même usine textile .je peignais de plus en plus rarement; je venais d'accomplir mon service militaire ,je venais aussi de remporter une victoire venais d'écrire ma première pièce de théâtre -Le journal d'un fou en campagne- je n'étais pas arrivé à la finir ;mais à présent je croyais dur comme fer à ma vocation de dramaturge ;j'étais devenu très prolifique ,j'écrivais plusieurs pièces en même temps .J'entassais mes projets dans des cartons ; je parvenais rarement à  finir mes pièces ;je prenais surtout beaucoup de plaisir à les élaborer. C'était ces chefs-d'œuvre que j'avais décidé de faire disparaître. J'avais pris vingt de plus; j'avais 48 ans. ,je ne me voyais plus n dramaturge, j'avais traversé d'autres horizons ;j'avais réalisé ma vocation ;j'étais devenu un peintre à part entière.





ODYSSEUS




Je rêvais de peinture depuis l'âge de quinze, dés ma sortie de l 'école; après ma rentrée à l'usine; je n'avais qu'une chose en tête; c'était de devenir peintre. C'était ma véritable vocation ,je considérais  déjà à cette époque que j'étais fait pour ça ,j'étais un peintre d'instinct; je ne concevais pas ma vie en dehors de la peinture. Je passais une partie de mes journées en dehors de l'usine à sillonner la campagne; je m’exerçais à peindre d'après nature comme m'y incitaient mes professeurs de peinture par correspondance. 


 

                                          ODYSSEUS



ECRIRE,CELA M'ETAIS VENU PLUS TARD.




C'est probablement après m'être vautré dans les chefs-d'œuvre de la littérature française que le désir d'écrire ma envahit. Je me souvenais que j'avais rédigé de bonnes rédactions à l'école ,mais j'avais surtout conservé le souvenir déplaisant des nombreuses fautes d'orthographe que je faisais en rédigeant mes rédactions. Devenir écrivain, c'était je crois un rêve ,mais surtout un travail harassant Je m'identifiais avec les écrivains que j'admirais .Je n'imaginais pas devenir une gloire littéraire ;écrire ,c'était une épreuve abominable, jouissive et terrifiante; devenir écrivain; c'était à ce moment hors de question.













 



ODYSSEUS SUITE





Lorsque je me suis décidé à brûler mes anciens projets en théâtre ,la peinture m'absorbait entièrement . J'avais changé de vie depuis longtemps ,oublié mon travail à l'usine ,j'étais devenu étudiant ,puis j'étais rentré dans le camp des artistes souterrain ;je vivais à Paris, j'avais renoué avec une vie de peintre . Dix ans s'étaient écoulés .Sur le nouveau lieu ou j'habitais à présent, (un lieu en friche situé en bords de Seine) ,j'avais construit un nouvel atelier ;j'avais pris du recul avec ma vie à Paname. Je voulais m'abandonner à la peinture ,dans un esprit complètement détaché des contraintes commerciales. L'époque glorieuse de la médiatisation artistique à outrance commençait pas prendre fin, (Le groupe art-cloche était sur sa fin ;c'était le moment pour dériver, hors des sentiers battus) .Je faisais toujours partie des rêveurs radicaux qui croyaient  à la transformation de l'humanité; je voyais la terre comme une sorte de grande base spatiale intemporelle.- Certaines frontière, certaines limites certains territoires; sont en train de basculer.la conscience du monde est en train de changer-. Voila ce que j'écrivais dans mon manifeste écrit pour le groupe T°°au début des années 80.Je n'avais pas abandonné mes rêves de transcendance. A l'époque je voulais dériver sans contraintes ,explorer les mondes d'utopie potentiels qui peuplaient mon imaginaire. Nous avions crée le groupe T°°avec mon ami Manuel Rodrigues ,après avoir engendré un poème automatique à deux mains ; ;ce poème s’appelait -Transmigration -(ou groupe T°°) comme le titre du poème.







 

ODYSSEUS

Autre réminiscence




Dix ans auparavant à vingt quatre ,j'avais décidé de partir; j'étais parti pour Paris. J'avais trouvé le prétexte pour partir ;je m'étais inscrit à l'université Paris VIII ;c'était le moyen que j'avais trouvé  pour  prolonger ma vie de dramaturge .J'avais rejoins cette université expérimentale ,crée par des intellectuels de gauche après mai 68 .Je voyais une  nouvelle vie s'ouvrir devant moi. Les cours de théâtre à l'université se passaient sur les pelouses ou dans des salles dépourvus de sièges ;je trouvais cette façon de faire originale; l'enseignement  était décontracté; cette université qui défendait des savoirs alternatifs,  me plaisait vraiment.




                                                   ERRANCES A PARIS


Le soir en marchant sur les boulevards à paris ;pour regagner ma chambre ; je plongeais  dans l'anonymat d'un monde triste, dans une ville somptueuse que nous enviaient le monde entier, mais que je trouvais hostile. .Je logeais dans un espace étroit planqué sous un escalier dans un immeuble du 11éme.Paris m’impressionnait, je me rendais compte de son exceptionnelle beauté Je passais mes journées à l'université ;le week-end j'étais pressé d'explorer la ville ;j'étais désargenté mais je jouissais de l'attrait prestigieux que cette dernière offrait .Je sillonnais ses rues au hasard .En déambulant ,je croyais voir en imagination Henri Miller mon écrivain fétiche faire la manche ,car je rencontrais sur mon chemin des êtres errants les yeux hagards ,ces faunes souterraine m'interrogeait; qu'étais je venu faire ici?.





                                                         AU BOUT DE DEUX ANS




L'exaltation que j'avais ressenti  au début pour ma vie d'étudiant en théâtre s'estompa; une sorte de lassitude s'empara de moi; ;j'avais l'impression de faire du surplace. J'avais pourtant décidé de rester dans le giron de la fac; je m'étais habitué à ce havre temporaire de sécurité; rester étudiant; c'était vivre sous la protection éphémère de mes diplômes universitaire; en demeurant étudiant j'avais une identité propre; je faisais partie d'une élite sociale potentielle ;surtout,j'avais un numéro de sécurité sociale et une carte d'étudiant qui me permettait de manger des repas à des prix abordables dans les cantines universitaires. Ma passion pour le théâtre ne s'était pas complètement envolée ,j'écrivais des pièces qui n'aboutissaient jamais à des publication ou encore moins à des réalisations; j'étais une sorte d'écrivain en déshérence; mais je conservais les empreintes de mon passage sur terre .Je pensais que j'avais tout le temps de faire mes preuves , je n'avais pas encore trente ans, Miller mon mentor avait écrit son premier bouquin à quarante ans.







                                           CHUTE ET NOUVELLES ERRANCES





Ce qui devait arriver arriva; à force de vivre en marge de ma solitude ,je me suis affaissé; je me suis affaissé d'un seul coup. J'avais l'impression d'être tombé dans un puits sans fond . Mes errances dans les lieux réputés de la culture théâtrale parisienne, mon désir de réussite, mes ambitions théâtrales ;tout cela prenait soudain la forme d'un affreux cauchemar. Le désenchantement m'avait pris; j'avais renoncé a toutes mes ambitions ,surtout à entreprendre  une carrière de dramaturge. Une nuit plus déprimante que d'autres, je m'étais complétement effondré ;j'avais plié l'échine je m'étais retrouvé plaqué sur le sol par une force gigantesque; une angoisse affreuse m’étreignait ;j'avais vu  surgir dans ma tête un trou noir béant .À mon désir flamboyant, de vaincre s'était substituée ,l'impuissance et le désarroi; je venais de réaliser que je n'étais qu'une infime parcelle de la poussière du monde; ma vie glorieuse mes rêves héroïques me lâchaient. Je devais à tout prix me reprendre si je ne voulais pas couler à pic.



                                                         MA MUSE SURGIT A CET ENDROIT



Elle rêvait d'être  actrice ,comme moi je rêvais d'être dramaturge; j'étais devenu son amant ;elle avait un corps rond que j’aimais caresser; elle avait l'esprit vif; elle avait conservé un côté enfantin, des manières de jeune fille ;elle était dynamique et passionnée ,elle fumait de l'herbe ,se prenait parfois pour une pasionaria .Nous étions tous les deux diplômé en théâtre ;mais nos diplômes ne servaient à rien; pour assurer notre survie financière nous faisions des enquêtes pour le compte de sociétés d'informatiques .Elle aimait faire l'amour dans les trains; Moi j'étais obsédé par des folies littéraires. J'avais écris -La théorie des récits- un texte génial resté sans lendemain.



 



                                                                          PLUS TARD


 

Je l'ai appelé Feux d'or dans mes récits de fiction (ceux de la Folle Légende).Sa vie était à l'opposé de la mienne; elle venait d'une famille d’artisans entrepreneurs. Elle aimait et admirait passionnément son père qui était armurier. Pour la péréniser, son père avait dans l'idée de transmettre à ses fils l'entreprise familiale; sa sœur et elle avaient été reléguées je crois au second rang. Elles s'étaient révoltées chacune à leurs façon contre  cette destinée. Sa sœur était partie en Afrique ,elle à l'université pour y faire du théâtre .Nous nous étions mis ensemble ;j'écrivais ;je peignais des choses souvent insignifiantes ; je cherchais surtout à comprendre les mécanismes de mon désarroi .La peinture brut et primitive qui sommeillait en moi, n'avait pas encore émergée ;je recherchais à vivre une vie apaisée dans  une société réconciliée; mais je la cherchais en vain. C'est le choc de mon histoire d'amour avec E... lorsqu'elle s'est finie ,qui m'a obligé à muter. Notre relation s'est désintégrée d'un seul coup;le fil qui nous liait s'était rompu ,j'ai eu la sensation d'être projeté à nouveau dans un abîme sans fond. C'est la peinture ;qui ma sauvée .Pour échapper à mon désespoir ,je me suis mis à peindre ;j'ai peins avec frénésie; ;le caractère brut et spontané de mes peintures ma fait sortir du monde abyssale ;j'avais l'impression de renaître ;un rêve de création fou  ma soulevé l'âme et il ma propulsé avec force dans les airs ;j'ai vu à cet instant ressurgir mes rêves d'enfance et une fabuleuse énergie ma poussée à renaître.






 



 ODYSSEUS




DIX ANNEES S'ETAIENT ECOULEES


 

 A présent je vivais dans un atelier que j'avais construit de mes propres mains. Dans mon nouvel atelier situé en banlieue ,j'ai écrit - La quête immobile - un texte ,ou je résumais mes dix années de vie dans la peinture. Ce texte me donnait l'occasion de revoir les guerres secrètes qui m'assiégeaient l’esprit. Je l'avais sous titré -Les écrits d'un peintre égaré dans la splendeur du temps. .Ce texte ou je croyais voir se refléter les beautés sauvages de mon âme ;j'ai l'impression à présent qu'il en montrait surtout les fêlures. Ce texte décrivait la cartographie de mes vies dérivantes .C'était un texte parcouru par des élans mystique ,un rêve de dépassement me hantait.


  


                                                                     PAYSAGE

 

Dans ce nouvel espace ,j'étais devenu un héros souterrain; un rêveur de mon époque, j'étais envahi par des visions. Depuis la fenêtre de mon atelier j'apercevais une abbaye; j'étais admiratif de sa beauté; elle projetait sur moi des ondes de sérénité; c'était comme si je retrouvais une vie ancienne . Je voyais surgir à mes côtés des êtres imaginaires; ils défilaient dans les airs sur la ligne d'horizon et sur le fleuve tout proche la seine; la seine défilait somptueuse devant mes fenêtres. Je peignais des tableaux illuminés par une lumière jaune transparente .La Seine m'inspirait; elle charriait dans ses flots des histoires surréelles. Je regardais le XXème siècle finissant en m'imaginant que j'étais un être venu d'ailleurs. La peinture embellissait mes jours les agrandissaient parfois les déformaient; je peignais sous le coup d'une inspiration venue d'une monde qui semblait surnaturel. J'étais poursuivi par des ivresses et troublé par des songes. En regardant dans le ciel; les oiseaux qui volaient, je me demandais s'ils connaissaient l'origine de la vie; leurs vols azuréen m'invitait à la méditation. Je ramenais de mes ballades dans la nature des matériaux ;le fer rouillé ,les tanins ,les sables rose me renvoyaient à l'origine du monde; j'étais la proie d'une force créatrice mystérieuse.







 

 J'ETAIS PRIS D'UN REVE DE DEPASSEMENT


VOICI UN MORCEAU DE MON JOURNAL DE BORDS .



LA QUËTE IMMOBILE


CARNET DE ROUTE D’UN PEINTRE EGARE DANS.
LA SPLENDEUR DU TEMPS.

L’art moderne ressemble à une tentative de sainteté-

  •                                                                                      Jean Paulhan



    JALONNEMENT
    IMPROBABLE
    1987 -1991
    Écrits se rapportant aux œuvres pariétales
    Aux peintures primitives, et à certains rebuts
    Originels.






                                                  PREMIERE PARTIE




    TRANSMIGRATION


    Au départ la course que j’ai entrepris me semblait improbable, mais elle rassemblait d’innombrables attraits , continents à découvrir, culture à mettre à jour, écritures à saisir. Une multitude de signes distincts pouvaient apparaître à mes yeux, de quoi contenter le peintre tout neuf, l’explorateur que j’étais. La course a durée une dizaine d’années, avec des hauts et des bas, des creux ; des vallées sillonnées de belles étendues, des marécages, parfois des mirages; et au bout de la course, le sentiment du vide. Le grand cercle concentrique de l’usure cherche t’il déjà à m’anéantir?
    J’ai beau m’y refuser, déjà pourtant, je sais la chose inévitable, la course folle que j’ai mené jusqu’aux confins d’un territoire aux attributs magiques, aux chants de sirènes extatiques, aux hommes couverts de peau de bête, aux femmes brûlantes sous la lune. Ces grand territoires situés aux confins des temps, ces vastes contrées des temps premiers, vastes contrées des temps archaïques, je ne les ai remontées que parce que qu’il m’était nécessaire de remonter l’âme du temps, afin de pouvoir soumettre mes pauvres pouvoirs humains à l ‘épreuve de la nuit extatique, celle qui contient le feu suprême originel, la force première authentique, l’esprit des choses des hommes et du temps éternel.
    J’ai traversé l’épreuve du feu, et mon corps endurci s’est endormi soudain, puis soudain s’est réveillé face à l’immensité des étoiles, face à l’homme des temps nouveaux, face à l’homo-techniciste de la conquête spatiale, face à l’homme terrorisé des temps nucléaires. J’avais voyagé dans le temps, et le voyage sans doute continuait; mais je savais que je n’étais plus le même, car l’âme de l’homme des temps premiers avait posé sa marque sacrée sur mon visage, -Je savais désormais que l’univers était issu d’un rêve divin -.


    Méditation
    Action de grâce matinale dont le murmure appelle l’étendue Immobile.
    Ô Seigneur offre à mon âme troublée, la paix du ciel et la sagesse Immobile
    Offre lui dans ta bonté la joie de contempler les cieux
    Sans que nulle autre pensée ne l’égare
    Offre lui les forces nécessaires pour voir clair en elle même.
    Offre lui la douceur et l’humilité qu’il faut pour venir vénérer ta
    Sainte lumière.
    Offre lui, O Seigneur le bonheur infini d’accéder à ta grâce.

 



ODYSSEUS



Moi, Odysseus, j’ai déployé mes ailes avec émerveillement dans des mondes assurément surnaturels .Mais une fois redescendu sur terre, je devais me rendre à l'évidence : je n'étais qu'un simple mortel. J'étais sujet à des variations d'humeur et à des maladies comme tout le monde, je devais regarder mes fêlures en face ,avant de m'embarquer vers d'autres chimères. J'étais obstiné; je continuais à plonger dans mes délires ;c'était dans ma nature de persévérer.. Je venais de profiter de la naissance de mon fils ;pour me lancer dans la construction d'un gigantesque Mandala ,il devait synthétiser mes visions métaphysiques de l'univers .J'entendais une voix qui disait dans mon dos : « Tu dois devenir un autre ».Tu dois te transformer ,te transcender ;tu dois regarder ta vie enveloppée par le l’œil de feu tout puissant que contient ,l'esprit premier des choses !- .C'est ainsi telle est ta destinée, tu dois l’assumer!.





J'AVAIS DEJA ENTREVU PAR LE PASSE DES RECITS HEROIQUES



Okapoulkofou,





C'était un mémoire de maîtrise qui avait mal tourné .La vie fantastique d' Okapoulkofou -me renvoyait à un ancien délire.. C'était un mémoire de maîtrise que j'avais voulu transformer en essai romanesque, c'était un délire littéraire, qui m’obsédait. Okapoulkofou mon héros autobiographique était né dans un cosmos imaginaire ;le monde réel lui échappait ;ce cosmos imaginaire ,c'était le ventre de sa mère. Le portrait que j'avais fais de lui, ressemblait étrangement à celui de mon héros Odysseus. C’était une sorte d' Odysseus avant l'heure. J’étais obsédé par le mystère de mes origine ;je voulais raconter mon histoire ,celle qui plongeait dans les racine de ma vie.



 



                                                     Okapoulkofou



UN DELIRE ANCIEN




Je voulais appréhender ma vie à travers une métaphore .Okapoulkofou était à la recherche de son corps ;tous ses membres avaient été dispersé dans le cosmos originel. Okapoulkofou tentait de renaître. Okalpoulkofou cherchait à accoucher d'un être imaginaire ,d'un être mythique ;j'avais rassemblé mes peintures ,j'avais étalé mes essais dramaturgiques ;je m'étais inventé une âme de poète .Je m'étais échiné durant des mois à faire émerger cette chimère ;pourtant tous mes efforts pour me hisser dans cette œuvre imaginaire avaient échoués ;j'avais surestimé mes talents ,je m'étais ramassé .Tout cela n'avait pas fonctionné ;je crois surtout que j'étais un néophyte dans l'art de conter. Mon mémoire avait été repoussé .J'allais sur mes trente ans. L'échec de cette tentative d'écriture m'avait abattu ;mais je n'avais pas renoncé à l'idée de construire une œuvre mythique .Dans l'attente que mon génie se manifeste ; je décrivais dans mes journaux mes déambulations dans le monde de ma vie ordinaire.



 


ODYSSEUS

Le mystère de l'origine



Je n'ai jamais cessé d'interroger l'énigme de ma naissance. Le besoin de remonter aux origines pour découvrir qui j'étais vraiment ,et même devenu une sorte d'obsession .Okapoulkofou mon double était concentré sur cette obsession. Il cherchait à percer l'énigme de son véritable moi ;je spéculais souvent sur les origines du roman familial ; mon père qui se posait des questions sur son passé ,ne m'avait pas permis de construire une histoire cohérente de son propre passé; je cherchais à construire une légende qui explique ma naissance j'étais un grand rêveur ;je me croyais issu d'un monde mythique. Mon obsession de l'origine ,n'était qu'un prétexte pour m'inventer une histoire dans laquelle je devenais le héros de ma propre existence. Un être impersonnel collait à mes basques; même lorsque ma vie était remplie de bonheur, je continuais à errer à la recherche d'une vérité extra naturelle ;j'aspirais sans cesse à une vie supérieure. Aujourd'hui encore, je reste persuadé qu'il existe un monde supra-naturel ;un monde auquel j'aimerais accéder ;mais que je peine à atteindre.




 



ODYSSEUS





Une entreprise littéraire secrète ma absorbée durant une grande partie de ma vie. Je voulais  élucider le mystère de ma naissance et percer l'origine mystérieuse de celle ci. Cette entreprise a surtout commencé à prendre forme ,lorsque l'idée m'est venu d'utiliser  la langue pour faire émerger la mémoire mystérieuse enfouie en moi ,et d'en faire un roman -Les Ecrits. En me relisant ,j'ai retrouvé dans les Ecrits un passage glorieux ;où je m'interrogeais sur cette entreprise mystérieuse que j'appelle -Les Écrits-.

 


L'art du soliloque

Un brouillon daté de 2001:


Un premier soliloque sur les Écrits


- J'ai appris en relisant mes écrits à considérer mes imperfections comme une chance . J'aimerais pouvoir écrire d'une seule traite sans ratures, mais je n'y arrive pas!; c'est pourquoi j'ai décidé de me mettre à aimer mes ratures .En feuilletant mes essais , j'apprends à devenir modeste, ce qui est nécessaire pour moi qui ai toujours tendance à me prendre pour un génie. Mes ratures laissent croire que demain je peu devenir plus vrai. J'ai espoir que demain surgira un autre livre bien meilleur que celui que je m'efforce de mettre à jour; demain je saurais sans doute mieux écrire; pourtant je sais que ce « bien écrire »n'est qu'une illusion. Demain, je ne saurai sans doute pas mieux écrire qu'aujourd'hui;quelque chose m'échappera qui rendra la chose irréalisable . D'autres clartés surgiront qui me ralentiront, d'autres détresses viendront remettre en question mes certitudes .Tout ce que je croirai savoir en bien et en mal sur le monde ,tout cela s'évanouira. Je suis un être tourmenté-.


 

                                                                         ODYSSEUS




ECRIRE




J'avais pensé hier en commençant la rédaction de mes écrits, qu'une seule manière de voir était possible. J'avais caché en moi un dessein très littéraire. Je voulais rendre ma vie beaucoup plus exaltante, du moins plus sublime qu'elle n’était. Je pensais que seule une transposition poétique de ma vie ; pouvait la rendre plus vraie. La vérité brute importait finalement moins que la vérité poétique. C'était une belle façon de voir, mais j'étais incapable de m'y tenir; j'étais trop indiscipliné trop imprévisible ,trop instable ,pour m'inscrire dans un registre aussi précis. Mes textes filaient dans toutes les directions, ils m'échappaient; c'est pourquoi je pensais que j'étais vraiment nul dans l'art d'écrire; j'avais du mal de trouver ma voie. J'avais un sens de l'esthétique qui était anarchique, je dérivais dans tous les sens .J''apercevais plus de laideur que de beauté dans mes entreprises et je m'en désolais ;mais dans le même même temps, je trouvais à contempler mes brouillons une sublime délectation .J'étais un être génial qui dissonait ;partagé entre mon idée du génie et les beautés stupéfiantes de mes ratures ,je ne savais plus où j'en étais..





 

                                                                             Ratures  

 


Je pouvais admirer à travers mes manuscrits ,la trace mystérieusement persistante de mes effondrements; j'avais en tête en les contemplant ,la vision d' un roman idéal qui s'écrivait dans les marges .A travers mes ratures un écrivain cherchait sa voie .Il me me disait « ces ratures, ce sont les plus vraies, les plus authentiques parties de toi ! ». Les autres parties de toi, mentent. Elles ne montre que l'état artificiel de ta vie mis en forme une fois corrigées. Tes ratures disent mieux la vérité sur toi que tes textes fini. - Conserve tes ratures c’est les parties les plus vraies de toi!-.






 



ODYSSEUS



J'ai fait hier une chose que je n'avais jamais pris le temps de faire, concernant mes Écrits (Mes brouillons): j'ai compté (en gros) le nombre de pages qu'ils pourraient contenir si je me décidais à les mettre en forme d'une façon définitive. J'ai vu se dresser en rêve treize volumes, qui étaient censés contenir mes mémoires .Conserver mes écrits c'était bien, mais les livrer tel quel à un futur lecteur était une chose impensable ,-Qui aurait le courage d'absorber une telle mélasse!-.


 

                                                                   ODYSSEUS




Vingt années étaient passées; j’avais envie de comprendre aujourd'hui ,pourquoi l’envie de coucher sur le papier une saga littéraire à base de ratures et de brouillons m’était venue à l’esprit. Cette passion me venait je le sais de mon adolescence. Je lisais régulièrement à cette époque un ouvrage- L'histoire illustrée de la philosophie-;cet ouvrage m'avait conquis. Ce livre m'instruisait; j'apercevais dedans des pages d'écritures somptueuses , j'admirais dedans des écrivains et des penseurs célèbres ;j'admirais surtout et presque exclusivement les pages raturées de leurs manuscrits ,c'étaient elles que j'aimais et admirais le plus .Je n'avais qu'une envie en les voyant c'était de faire pareil .Mon modèle d'écriture idéal ,c'était en fait -une écriture ratée et raturée- ; j'avais une attirance spéciale pour ce genre d'écriture. À l'époque, (j'avais seulement  seize dix sept ans)j'écrivais mal; je faisais souvent des ratures; c'était beau et fascinant. J'étais déjà persuadé ,qu'écrire en faisant des ratures ,c'était la preuve d'une certaine façon que j'étais un écrivain génial !. Je déformais surtout mon écriture pour que maman ma mére ne puisse pas me lire ; je voulais garder ma vie intime secrète. .


 

                                                  MES DELIRES ADOLESCENTS





J'avais aperçu des sonnets de Shakespeare et j'étais tombé pieds et poings liés dans son admiration. Mon anglais était un anglais bidouillé. Je lisais sans comprendre le sens des mots. Heureusement, des traductions me permettaient de me rapprocher de mon idole. Avec mon admiration pour Shakespeare, je me suis découvert une passion pour le théâtre. Shakespeare représentait un idéal à atteindre. Je n'avais pas encore l'ambition de devenir dramaturge. J'étais poursuivi par le besoin d'apprendre. Je m'étais payé des cours de peinture par correspondance, puis j'ai fait la même chose avec des cours d'apprentissage littéraire. À peine sorti de l'usine, j'allais battre la campagne pour m'exercer à peindre. Je m'exerçais à peindre d'après nature. J'étais agité par mon génie naissant. Mon imagination me jouait des tours: je ne me voyais pas tel que j'étais ;je me voyais disproportionné, tantôt comme un futur génie, tantôt comme un exilé .Je voulais contempler la beauté à l'état pur .À d'autres moments, je voulais devenir anachorète ,je n'aspirais qu'à me retirer pour méditer dans un lieu perdu au milieu du désert .Ce que j'aimais le plus, c'était m'abandonner à mes rêveries; J'avais l'esprit attaché à des idées sublimes ;on m'avait laissé entendre (mes professeurs) que j'étais destiné à la médiocrité je désirais me grandir . Je reportais ma consécration à plus tard .Je savais que je devais fabriquer moi-même la barque qui me propulserait vers un avenir radieux .Ma barque attendait couchée sur le flanc .J'avais décidé d'être un vainqueur ;je pensais que si j'échouais dans la vie de gloire que j'avais en tête , je boirais la ciguë comme Socrate ;je mourrais en Héros ou en martyr. Quand je sortais de mes spéculations et de mes rêveries ;je retrouvais devant moi l'horrible réalité. Ce mur était en dur, conçu pour résister aux coup de boutoir de ma propre volonté ;plus je m'obstinais à vouloir le fracasser plus il résistait; mes rêves s'effondraient, j'avais envie de mourir, je voulais disparaître six pieds sous terre, faire en sorte qu'on ne me revit jamais ! C'est comme si la destinée avait fabriquée pour moi un moule dans lequel j'étais rentré de force .Je devais lutter comme un titan pour m'en extraire !.

 


                                                                   SENTIMENTS MELES



Bien que pleine de promesses ma vie était surtout peuplée d'incertitudes. La peinture était le seul oasis ou je pouvais me réfugier. Lorsque je dessinais ou me m'étais à peindre je devenais un autre ,je devenais instantanément joyeux et optimiste. Je m’entraînais à peindre régulièrement et avec ardeur, je savais qu'il fallait m'exercer beaucoup avant de devenir peintre. Je voulais obtenir des formes parfaites ;comme j'en obtenais rarement je me mettais à douter ;je devais me reprendre ;cela me ralentissais, j'étais furieux ,mais cela m'obligeait à me surpasser. Lorsque j'écrivais c'était une autre histoire ,c'était bien pire encore ;j'étais souvent paralysé ;j'avais le sentiment que -mon génie spontané- ne pouvais pas s'exercer .J'étais ralenti par une dose de doute et submergé de contrariétés ,invraisemblables ,j'étais souvent insatisfait; je noircissais des pages qui laissaient voir mon talent naissant ,mais ce dernier s'effondrait aussitôt à peine sorti de l’œuf. Mes écrits me semblaient inconsistants ,énigmatiques et inquiétants . Je les regardais s'étaler sur la page avec un sentiment d'angoisse et de défaite ;de temps en temps un retour d'orgueil me les faisait voir comme des objets rares. C'était mon narcissisme exacerbé ,qui me trompait ;je voyais dans mes ratures de sublimes beautés ;j'y décelais les marques de mon futur génie Cette façon d'écrire sismique était devenue ma marque de fabrique ;c'était le signe que j'étais un être d'exception destiné à créer une révolution dans le monde de l'écriture .Je rêvais régulièrement que j'étais un être incompris un reprouvé ;je me voyais en artiste maudit ;je construisais une œuvre qui ne serait déchiffrée que dans des temps très lointains ;je savais que je ne serais jamais reconnu de mon vivant. Cette idée romantique de ma destinée ne contrariait pas les feux de gloire que j'aurais aimé recevoir de mon vivant. La gloire était un sentiment fabrique par mon imagination; c'est pourquoi je pouvais me satisfaire d'une gloire posthume . Cette imagerie glorieuse de ma destinée défigurait ma façon de voir ;un être invisible me susurrait à l'oreille des choses invraisemblables du genre : « Ne cède pas ! Tu travailles hors du temps ,pour toi les jours les années ,les siècles ne comptent pas ,tu es un génie, un héros intemporel ! ».

 



                                                     ODYSSEUS




Hier ,j'étais persuadé que de mes ratures sortiraient demain une œuvre géniale. L’idée précoce que mes ratures contenaient potentiellement une partie de mon génie est restée gravée dans ma mémoire. Cette idée que j'étais un être à part m’a poursuivi toute ma vie durant sans jamais faiblir. Elle a persisté et persiste encore à imprimer ma psyché d'une façon régulière ,elle me poursuit sans que je puisse la chasser de mon esprit. Cette passion m’a amenée à m'exiler ;je suis parti ,vers l'âge de vingt-quatre, loin de mon pays natal .Je suis monté à Paris ;je voulais poursuivre une vie héroïque parallèle .Je me suis retrouvé du jour au lendemain propulsé étudiant et universitaire .Ma destinée avait virée, je m'étais retrouvé dans la peau d'un autre ;cet autre allait changer ma destinée ;j'étais optimiste .Cette sensation ne dura qu'un certain temps; bientôt je me suis aperçu que ma vie se compliquait ;ma vie d'étudiant ressemblait à une chimère ;j'avais cessé de croire en cette chimère .J’étais devenu un artiste dans les marges .Je vivais en compagnie d'une jeune femme dont j'étais tombé amoureux ;nous étions plongé dans une vie d'errance héroïque .Lorsque ma muse m’abandonna ,je cru mourir ;mais chose étonnante, un être nouveau sorti de moi ;il était possédé par une immense ambition et par un grand désir de peindre ;je peignais comme un fou furieux. Sur la lancée ,l'idée me vint avec un ami aussi ambitieux que moi, de créer un mouvement d'art intemporel .Nous nous nous sommes mis à créer des œuvres chimériques fantastiques  ;j'avais l'impression qu'un nouvel être s'était emparé de moi. Je suis devenu ,le Co-créateur d'un mouvement poétique d'essence universel ,j'étais devenu Transmigrationiste;sur la lancée j'ai entrepris de crée avec des amis peintres un mouvement  contestataire qui s'appelait art-cloche .Bien des années plus tard ,je m'étais éloigné de mes rêves de peinture et de  gloire ;je m'étais résolu à fonder une famille ;j'avais pour me distraire commencé par écrire un roman sur mes années glorieuses ;j'écrivais une fiction poétique que j'avais intitulé -La folle légende -;je me remémorais ,les aventures extraordinaire de ma vie d'artiste urbain déjanté ;je revivais en imagination mes délires artistiques effectués au cœur Paris en compagnie d'une jeune femme que j'appelais Désir ; j'étais devenu un être héroïque auréolés d'une gloire fictive; j'avais fondé un mouvement d'émancipation ésotérique qui s'appelait -le mouvement de la rose d'or- c'était un souvenir de mes délires transmigrationistes ;je poursuivais en imagination avec les aventuriers d'art-cloche la quête poétique et mystique de l'art urbain annonciateur du monde futur .Bel Astre, mon héros (mon double) ,était un héros intemporel ;il décrivait avec emphase et enthousiasme l'épopée glorieuse des aventuriers art-cloche plongés dans le monde chimérique et ésotérique de la rose d'or.


  

                                                    LA FOLLE LEGENDE


Je montrais dans la première partie de mon livre (Livre I) la vie tourmentée de Bel-Astre,(Mon double).Son histoire commençait dans les années soixante dix sur une maison violette (un squat ); il vivait là en compagnie de Désir l’héroïne moderne et sublime dont il était tombé amoureux .Après moult errances aux côté de Désir ,Bel Astre se retrouve seul ;son amante vient de mourir ;il continue sa noble quête de sens ,et fini par trouver sa voie .Lors de ses errances ,il voit surgir le céleste bâtiment de la rose d'or (celui qui va servir de repère mystique aux aventuriers d’art-cloche).Je déposé ici un très bref extrait de cette fiction .Je ne voulais pas effrayer les lecteurs avec un récit qui n'était pas entièrement rewrité. Le lecteur aurait pu se prendre les pieds dans  mes écrits fumeux et me fuir.


  


                         LA FOLLE LEGENDE EXTRAIT  DU (Livre II)





              Apparition de la base Art-Cloche.

                       DEUXIEME LIVRE.

                                                         Chapitre I


             

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Année 1981 Paris . Visite de Bel-Astre à Raie d'or et à Splendeur (ses amis) . Vision de Bel Astre qui aperçoit une cloche d'or rayonnante. Il aperçoit à l'entrée du squat Manteau d'Or, celui qu'on appelle aussi Foudre d'Or à cause de sa voix tonitruante . Il aperçoit comme dans un rêve les feux qu'il allume pour faire fondre les métaux précieux qu'il récupère et vendra à prix d'or sur le marché de la ferraille de Paris l'immense mégapole.

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Lorsque Bel-Astre vint rendre visite à Splendeur, qui vivait dans le squat ouvert par Raie d'Or et ses amis, il vît apparaître la base alternative qui rayonnait de mille feux. Elle était lumineuse et d'une beauté hors du commun. Il n'aperçut pas les vieilles bâtisses et les déchets, les vitres et portes déglinguées, les sombres couloirs et les fils électriques qui pendaient de partout, il ne vît que la coque resplendissante d'un navire qui luisait d'or au milieu des vieux immeubles parisiens et des tristes HLM qui l'entouraient. Il vît surtout apparaître ce qu'il est convenu d'appeler un mirage, un beau mirage d'où semblaient s'échapper des fumées d'or fin qui montaient vers le ciel en volutes harmonieuses. Il vît le soleil resplendir et former un sorte d'écrin majestueux autour de l’illustre bâtiment. Il vît aussi surgir en lettres d'or écrit haut sur le ciel ces mots venus d'ailleurs « ICI RÉSIDE LA NICHE EN OR CÉLESTE DE LA NOUVELLE POÉSIE MODERNE ». L'instant d'après, il vît apparaître une cloche d'or géante. Elle émettait en tintant un son si particulier qu'il crût entendre résonner plusieurs centaines d'autres cloches. À travers son battement résonnait des cloches de balise, des cloches de houle, des cloches de cheval, des cloches de chameau, des cloches de bois, des cloches tibétaines, des cloches minuscules, toutes invisibles, alignées en rang d’oignon. Elles tournaient, tournoyaient, en émettant milles sons qui récitaient mille poèmes sonores en même temps. Il aperçut comme dans un rêve des sonneurs alignés sur une planche dorée qui poussaient et tiraient sur des cordes et faisaient danser les célestes cloches et les carillons. Aussitôt que les sons apparurent, il vît la céleste base qui s'ouvrît de l'intérieur comme une fleur géante, et l'instant d'après, il vît surgir une céleste rose. Elle resplendit, merveilleuse et virginale dans l'azur. Il vît surgir de son cœur à peine ouvert un démon couvert d'or et de noire fumée, un homme barbu couvert des haillons qui lui servaient de manteau. Il ressemblait à être mi démon mi Dieu, surgi des profondeurs d'un volcan. Il criait à pleins poumons en émettant des sons épouvantables. On aurait cru un loir géant surgi des entrailles de la terre. C'était un des clochards célestes qui venait de faire son apparition. On l'appelait « Manteau d'or » où parfois « Foudre d'or », à cause de sa terrible voix qui résonnait comme un trompe accrochée sur un boomerang. Certains l'appelaient « Pompon la ferraille », car c'était avant tout un excellent et très grand ferrailleur. Il brûlait dans la cour du céleste squat des pneus tout noirs devenus tous rouge de feu. Une fumée noire épaisse montait au-dessus dans les airs, qui devait effrayer tout le céleste voisinage. Lorsqu'il vît Bel-Astre, il s'élança sur lui un grand bâton de fer et de feu à la main en lui disant « Que viens-tu foutre chez moi, jeune merdeux ? ». Bel-Astre recula et n'eut pas le temps de lui répondre, que déjà le céleste personnage était parti ailleurs en marmonnant des paroles indélicates. Il semblait parler à un autre que lui. Bel-Astre resta immobile et contempla les lieux sordides autour. La vision divine qu'il venait d'apercevoir s'était envolée, il n'y avait plus devant lui qu'une sinistre baraque aux airs piteux et misérables. Apparut subitement Raie d'Or. Il déboula sans crier gare en emportant dans son sillage une nuée de poudre dorée étincelante. Alors la sinistre baraque s'alluma de mille feux et Bel-Astre vît que Raie d'or était beau. Avec ses longs cheveux noirs, ceint dans un grand manteau qui lui couvrait tout le corps, il resplendissait. Il ressemblait à un poète descendu d'un monde surnaturel. « À ce que je vois, tu as été reçu par le comité d’accueil de la maison » lui dit son ami en plaisantant. « Pompon est juste un grand enfant qui s'amuse avec le feu » lui dit Raie d'Or. « Il récupère le cuivre qui est contenu dans ces merdiques pneus. Une fois qu'ils sont cramés, il revend la ferraille. Cela empeste dans tout le voisinage et nous crée des ennuis. Mais ce n'est pas grave, les gens s'y sont habitués ». Manteau D’or est le capitaine du bateau fou qui gire ici de droite et de gauche contre vents et marées. Il faut le respecter, c'est notre plus vieux bateleur ! « Bienvenue à toi, mon ami, sur notre base céleste ! Je vais te la faire visiter en long et en large et te montrer par la même occasion où réside ton nouvel ami Splendeur ! Je vais te faire voir en premier le vaste campement où résident mes rêves de steppe et de poésie nomade. Viens ! ». Il fît rentrer Bel-Astre par une très petite porte et ils plongèrent dans un couloir aussi sombre que la nuit, puis ils s’enfilèrent dans un escalier plus sombre encore que le noir le plus sombre. Arrivé à l'étage, Raie D'or, d'un geste royal, écarta une tenture. Il alluma une prise électrique qui fît surgir du noir une suite de scènes d'une beauté hallucinante. Sur le devant de l’entrée de ce qui semblait être une grotte, brillait une pancarte. Elle était illuminée par plusieurs néons : « ICI RÉSIDE LA STEPPE POÉTIQUE INTEMPORELLE DE L'ART NOMADE ». C'était ça l'espace de création intemporel de Raie D'or. Il y avait tellement de choses hétéroclites et extraordinaires rassemblées à l'intérieur de ce splendide labyrinthe d'art brut que Bel-Astre ne savait plus où donner de l’œil. Il y avait rassemblé ici multiples choses stupéfiantes. Il remarqua à l'entrée une sorte de mannequin habillé de vêtements de récup dont le visage était recouvert par une photocopie noir et blanc moulée sur un masque. Il reconnut le visage de celui qu'on appelait Mao le Grand Timonier. Il était assis derrière une caisse enregistreuse, il attendait, assis derrière la caisse, que les visiteurs égarés dans le lieu insolite viennent contempler les rêves d'un créateur fou qui s'appelait Raie D'or. D'autres visages apparaissaient ici et là sur d'autres mannequins vêtus de façons toutes aussi excentriques. On reconnaissait des poètes oubliés, des écrivains, des philosophes et des gens du cirque, connus et inconnus, des acteurs décadents et même parfois des stars de cinéma embellies ou défigurées par la magie du copié-collé des ciseaux célestes de Raie d'or. Mais il y avait surtout, au centre de tout ce peuplement, les habitants de la céleste maison, les artistes égarés et les clochards et ferrailleurs qui étaient passés ici, dont le visage avait été découpé, sculpté, modelé et plaqué en papier photocopié sur des mannequins aux airs surréalistes, presque démesurés. « Ce sont les gardiens de la steppe épique que j'ai imaginée » s'exclama Raie d'or. « Tout ce fourbi, tout ce bazar, toute cette merde, c'est ma divine comédie à moi ! Je suis comme tu le vois un poète récupérateur et partiellement bricoleur. J'ai voulu ériger ici un pet de merde savant, une divine fresque qui honore héroïquement, avec des débris, les poètes modernes que sont les artistes bruts, les poètes squatteurs et les célestes ferrailleurs et récupérateurs qu'on dit aussi clochards. Ces artistes de la création souterraine du vingtième siècle finissant sont entourés par des célébrités qui sont descendues de leur trône en dorure de merde pour tenir compagnie à ces héros souterrains ». Lorsque l'on s'enfonçait plus loin dans la steppe, imaginée par Raie d'Or on tombait sur de vastes yourtes réalisées en toiles ou avec des sacs, des vêtements usagés et de la moquette. « Regarde ! ».Raie D'or montra à Bel-Astre des chameaux réalisés en papier mâché, des oasis peuplées de plantes artificielles et d'ingénieuses constructions faites de bric et de broc qui jaillissaient de l'ombre, certaines parfois illuminées par des ampoules récupérées sur les sapins de Noel. « C'est comme la maison de Noé s'exclama Bel Astre ! Elle transporte toutes les créations du monde ! ». Bel-Astre aperçu des animaux imaginaires de dimension supérieure qui surgissaient de l'ombre. Ils achevaient la grande steppe poétique de l'art brut imaginée par Raie D'or. C'était lumineux, ténébreux et fantastique. Bel-Astre, surpris et émerveillé, n'imaginait pas qu'on puisse, avec seulement des produits de rebus, fabriquer un tel magnifique chef-d’œuvre. Il félicita chaleureusement son ami. Raie D'or resta modeste. Ils se dépêchèrent ensuite de grimper les autres étages de la céleste base car Bel-Astre était pressé de revoir Splendeur, son autre ami.



                                                                 FIN DE LA SCENE



 


ODYSSEUS



La vie légendaire que Bel Astre décrit dans la Folle Légende est le reflet idéalisé de la vie que j'avais passé dans les squats à Paris; elle en était le reflet idéalisé .J'avais étant adolescent un penchant pour les ratures littéraires .Socialement la base art-cloche était une sorte de rature du paysage urbain; c'était une belle rature; un lieu abandonné occupée par un ferrailleurs et des clochards. Je m'étais inspiré du Roman de la Rose pour construire ma fiction; cette fiction  c'était un récit de l'initiation amoureuse datant du douzième siècle . Je considérais que la finalité de l'art et celle de l'amour ,c'était la même chose ;j'étais un idéaliste doublé d'un utopiste .Mon héros Bel-Astre était monté sur Paris pour construire une œuvre aussi radicale et géniale que celle des poètes mystique du moyen âge. .Bel-Astre avec son groupe d'artistes poursuivait à travers l'art une quête mystique et métaphysique. Les artistes d'art-cloche faisaient partie d'un mouvement d'émancipation de la pensée .La dimension narrative métaphorique de mes récits s'opposaient à la visions réductrice des sociologues .Les récits sociologiques niaient et banalisaient la dimension poétique de l'existence, moi je voulais la réifier; je tenais à la mettre en valeur. Dans mon esprit la vision réductrice de la pensée moderne; s'opposaient à la dimension subliminale et poétique de l'art premier qui était sacré .Bel Astre mon héros marchait sur les traces d'un poétique primordiale ;c'était un héros des temps post-modernes; il cherchait avant tout dans sa quête à retrouver la dimension sacré de l'existence; et c'était Désir cette prêtresse archaïque post-moderne qui l'initiait dans sa quête.


 

 


                                                                   MOI ODYSSEUS

 

Dans les années quatre vingt, sur les espaces en friche ou je passais une partie de ma vie ;j'envoyais paître les normes; je pensais à la révolution poétique que je venais d'inscrire au programme de mes manifestes .J'étais le disciple d'une vision anarchique poétique et mystique de la création. J'étais traversé par des visions ;je m’enivrais de création mais je restais lucide sur ma capacité à transformer le monde. Ces visions aujourd'hui (en l'an 2022) ou j'ai presque anéantit tout jugement sur l'art et sur la création ne revêtent plus le même sens que durant cette période héroïque ou je croyais en la révolution poétique; je me suis assagis ;je suis redevenu un vagabond qui erre dans la forêt de mon âme.je me demande même si mon nouveau double d'aujourd'hui ,Odysseus n'est pas un mirage.



 


                                                      ODYSSEUS




RETOUR  SUR MES VIES  ANCIENNES



Vers mes quatorze ans, je me sentais emportée par une grande ambition. Je voulais devenir un être admirable .J'avais une grande admiration pour Delacroix .J'avais l'impression qu'une vie surnaturelle m'attendait. Un sentiment d'élévation me transportait ailleurs je vénérais Shakespeare ,même si l'idée de devenir dramaturge ne m'avait pas encore effleurée. Je voulais surtout devenir un peintre à part entière et réaliser des œuvres sublimes. Parfois plusieurs rêves m'assaillaient en même temps ,je voulais devenir ,peintre philosophe ,dramaturge et écrivain .Je me représentais la chose et je me raisonnais . - Devenir peintre c'est déjà bien assez!-. J'envoyais paître l'écrivain, et le philosophe et je renonçais à devenir dramaturge. Je m'étonnais de ses curieuses envies .Le ciel m'avait donné un don pour le dessin, c'était déjà bien assez! Pourquoi chercher ailleurs? Alors je passais à l'action, je peignais et mes rêves soudain devenaient réalité.




ODYSSEUS



L' ECRIVAIN


Lorsque j'ai commencé par tenter d'écrire mes mémoires au début des années 2000, j'ai entrevu la possibilité de revoir mon passé d'une façon objective .J'avais contemplé les héros qui avaient envahit ma vie à différentes périodes. Je m'étais fixé sur celui qui me semblait refléter le mieux ma vrai personnalité. Ce héros ,je l'appelais Saint Jean; ;en plus de vouloir devenir peintre ou écrivain j'étais persuadé dans mon adolescence d'avoir une mission à accomplir-dans l'ordre spirituel- j'étais pris parfois d'un désir d'élévation incompréhensible ;j'aurais aimé devenir un Saint ;.une partie de moi avait été plongée depuis ma tendre enfance dans le bestiaire des saints ;avec Saint Jean je cherchais à éclairer un pan trouble de ma vie intérieure ;à travers lui, j'aurais aimé rendre plus nettes des parties de moi que je croyais connaître et qui m'échappaient . Écrire c'était l' occasion de faire le ménage dans ma vie.




                                                      ODYSSEUS



Dans mes premiers récits sur Saint Jean (entrepris en 2001), je voulais surtout montrer un héros qui essayait de s’affranchir de sa condition de laborieux en écrivant; j'aurais peut être voulu accéder à la sainteté par l'écriture ,mais en réalité ,je n'avais pas encore cette prétentions; je cherchais seulement ma voie dans l'écriture. J'avais retrouvé un brouillon où je parlait de cette période.


UN BROUILLON DATE DE 2001




Saint Jean, vers ses seize ans, disposait d'une grande table pour se livrer à ses activités littéraires. Cette grande table octogonale était couleur chêne clair, c'était la table de la salle à manger familiale. Il avait l'honneur d'en disposer pour ses recherches. Sa mère lui avait permis d'en disposer à sa guise. La grande table de la salle à manger était plus prestigieuse que celle de sa chambre. C'était sur elle qu'on déposait les jours de fête les meilleurs plats. Saint jean avait en écrivant sur cette table un sentiment glorieux ;celui que conférait la dignité des objets ménagers vénérés par sa mère. C'est sur cette table vénérable  qu'il exerçait son génie. Cette table au luxe ostentatoire lui conférait par mimétisme une stature d'écrivain. Il était l'écrivain de la salle à manger. C'est pourquoi cette table est restée pendant très longtemps associé à sa passion d'écrire. Il utilisa la table jusqu'au jour où la télévision à fait irruption dans la pièce, rendant plus compliqué le squat intégral de celle-ci. Son père, qui était accro à la télévision, lui disputait son territoire. D'ailleurs, le sentiment d'exaltation qu'il éprouvait lorsqu'il était assis à cette table ne durait jamais très longtemps. Il était confronté à des tas d'obstacles. Lorsqu'il imaginait un essai par exemple (il avait déjà la passion des essais), tout son plaisir s'envolait d'un seul coup lorsqu'il tentait de coucher ses idées sur le papier .Pourtant, il ne renonçait jamais. Au début, lorsqu'il rêvait d'être un génial écrivain, tout lui semblait facile, ses gribouillages lui paraissaient d'une beauté surnaturelle. L'écrivain facétieux qui logeait en lui enfantait essais, romans, pièces de théâtre, d'un coup de baguette magique. Ecrire lui paraissait facile car au départ, il écrivait presque exclusivement dans sa tête. Écrire, cela devint compliqué lorsqu'il tenta de coucher ses essais, ses romans, ses réflexions sur le papier. C'était incroyablement plus difficile d'écrire en vrai que dans sa tête. Pour pallier à cette difficulté, il s’entraînait à copier ses auteurs préférés Rimbaud, Montaigne, Verlaine, tout y passait .C'étaient des auteurs au style souple noble, rapide,et puissant, d'un style bien supérieur à celui des auteurs de romans policiers qu'il trouvait un peu trop bâclés. C'étaient des écrivains à l’allure noble .Chateaubriand était celui qu'il admirait le plus. Il prenait place dans esprit à côté de Montaigne. Montaigne était son plus fidèle ami. Suivaient parfois Elie Faure et Mallarmé. Il admirait Mallarmé, mais son génie tragique lui faisait peur (il s'était suicidé).Le génie tragique de Mallarmé était pourtant moins obsédant que celui d'Artaud le génie torturé. La fascination qu'exerçait sur lui l'auteur du théâtre et son double lui posait des questions. Avait il une attirance pour lui à cause qu'ils étaient du même signe astrologique ?.Cela l'invitait à penser qu'il était peut être dans son for intérieur possédé par les mêmes tragiques obsessions; cela l'effrayait. Il ne savait pas pourquoi il avait une attirance pour Artaud. Il essayait de s'en défaire, mais il n'y arrivait pas ;Artaud lui collait à la peau. Il y avait en lui un sens du tragique absolu qui l'attirait vers ce auteur. Il vénérait au fond de lui sans savoir pourquoi les auteurs tourmentés. D'un autre point de vue, il admirait surtout les auteurs romantiques .Il n'avait pas encore le même génie qu'eux ;mais avec le temps ça viendrait ,il deviendrait comme eux. Il sentait jaillir de ses entrailles le même feu intérieur qui faisait leur génie; il savait qu'il été destiné à accomplir des choses exceptionnelles. La foi qu'il avait en son propre génie était désarmante; elle reposait sur une intuition; c'était l'équivalent d'un signe qui lui était envoyé par le ciel ;un être supérieur veillait sur lui; il l'aiderait à réaliser ses desseins .




Plus tard il tomba en admiration devant Proust. Il avait lu de lui un essai; l'essai Contre Sainte-Beuve, il avait pris instantanément fait et cause pour lui. Il fût étonné de le lire si facilement, car on lui avait dit que Marcel, était un auteur compliqué. Dans les livres de lui qu'il avait ouverts auparavant, il avait découvert un auteur difficile. Il écrivait en faisant de très longues phrases qui semblaient ne jamais finir. Il s'était mis, comme lui au début, à écrire en faisant de très longues phrases. Cela avait quelque chose de gratifiant pour un écrivain en herbe. Ses longues phrases qui s’étiraient sur toute la page ,lui donnaient l'impression d'être à la hauteur du génie de Marcel. Cela lui jouait fréquemment des tours, car, arrivé au milieu d'une phrase, il oubliait souvent ce qu'il avait à dire. Dans son Contre Sainte-Beuve Marcel était simple et accessible ,il s'enticha vraiment de Marcel. Il découvrit à cette occasion que le plaisir de lire avait la même finalité que le plaisir d'écrire .Il lu jusqu'à saturation plongea dans des rêveries intenses ,et cessa décrire ,lire à présent lui suffisait .







 


                                            C'ETAIT UN ADEPTE DU ROMANTISME




Il retomba surtout dans son vice principal, il n'écrivait pas il rêvait , il ne faisait qu'essayer d'écrire. Essayer ,c'était son plus grand plaisir, sa vocation peut-être. Il adorait se vautrer dans les écrits des autres, en les lisant il devenait comme eux, il s'imprégnait de leur génie ;il avait le sentiment d'être pareil qu'eux. Il lisait et relisait Chateaubriand durant de longues heures ;ses écrits miroitaient dans sa tête; ses phrases reflétaient les miroirs secrets qui dansaient sur les lacs éphémères qui dormaient en lui ;il apercevait des ondes de lumière qui miroitaient dans l'espace .Il alternait la lecture de Marcel avec celle de Chateaubriand ;il leur trouvais des affinités ,il voyait s'agiter des souvenirs d'enfance qui le relançaient dans son désir de peindre les choses de la vie. Il tentait de capter l'essence du monde. Après ses lectures; il voyait les eaux de ses lacs de montagne favoris qui surgissaient comme foudroyées par des ondes de lumière ;il voyait les montagnes et les vallées de son pays natal se transformer en fresques surnaturelles. Les paysages qu'il parcourait à pieds après son détestable labeur à l'usine se transformaient en jardins enchantés. Chateaubriand lui faisait voir le monde avec l’œil d'un peintre. Proust transformait les eaux claires-obscures des lacs Vosgiens en de somptueux paysages empreints de subtiles langueurs romantiques .Il s’abîmait dans la contemplation vertigineuses de ses propres écrits qui n'étaient que de simples brouillons . Il regardait avec fierté la part de génie qui gisait sur sa table d'écrivain en herbe. Le plus difficile, c'était lorsqu'il devait quitter ses écrits chéris ,ses chers brouillons pour aller s'exiler dans le grand tissage lumineux qui étouffait sa vie d'artiste ralenti. Son désarroi était à son comble ,lorsqu'il pensait au gâchis qu'était sa vie ,il avait l'impression que Dieu l'avait abandonné ;il regardait le ciel étendre des filets d'or sur son chemin sans qu'il puisse s'en saisir ;il pensait dans son fort intérieur que la destinée l'avait abandonnée.




ODYSSEUS


 

Moi.

Quel moi m'habitait hier; quel moi m'habite aujourd'hui? A distance de moi Saint Jean, errait dans mes écrits.je le voyais s'élever ;il devenait un être glorieux ;c'était un pur effet de mon imagination. A présent ,j'écrivais un roman qui s'appelait Odysseus .J'écrivais à la même table, où Saint Jean hier tentait d'écrire (sans y parvenir )il écrivait  en rêvant à Proust et à chateaubriand ;aujourd'hui j'écris en repensant à  cette fameuse table qui symbolise ma vie d'avant.


 

DANS MON JOURNAL D'ALORS J'AVAIS NOTE CECI: 



-Après la mort de papa, il a fallu prendre la décision (c'est surtout mon frère aîné qui s'en est occupé) de placer maman à la maison de retraite, elle perdait la mémoire .Nous nous sommes partagés ses trésors. J'étais presque sans biens ;j'ai hérité du buffet et de la table ,ainsi que de quelques objets précieux .La table me rappelait mon passé d'écrivain raté;mais surtout une  vie d'écrivain imaginaire me revenait en mémoire . Dans ma nouvelle vie je n'écrivais presque plus, je peignais. J'avais réalisé mon ambition ,qui était de devenir peintre. En revoyant la table ,j'ai revu le jeune homme de seize ans qui voulait devenir écrivain ;une angoisse rétrospective me pris à revers .Je repensais à mes affreux essais littéraires; j'y pensais avec effroi et délice, car me revenaient aussi en mémoire les ravissements et les horreurs que j'éprouvais par le passé à l'instant d'écrire. Je revoyais ma vie a travers un songe rapide; dans ce songe ,je m'appelais Saint Jean .Je retrouvais les délices et les désarroi de ma vie d'écrivain raté et j'étais effrayé ,car les mêmes chimères semblaient reprendre racine en moi aujourd'hui. C'était comme si le temps n'avait pas eu d'emprise ;j'étais attiré par les mêmes errements , aspiré par les mêmes folies ;je retrouvais les même symptômes qui avaient jadis produits mes fol égarements; la seule différence ,c'est que j'écrivais à présent sur un ordinateur. J'étais pris par les mêmes folies;je voulais comme hier créer une œuvre magistrale; mettre à jour une création purement intemporelle.J'avais échoué par le passé ;mais aujourd'hui ,je réussirais.je créerais une œuvre intemporelle; ma folie me reprenais -J'étais fou à lié!-.




 



ODYSSEUS (suite)



Lorsque la folie d'écrire ma pris à revers ,j'étais installé avec femme et enfant dans un  atelier d'artiste en banlieue, j'avais décidé je ne sais plus pourquoi de rédiger mes mémoires. Je voulais montrer ma vie au jour le jour dans tout ce qu'elle avait de plus banal et de plus ordinaire; ma vie avait changé par rapport à celle d'hier ;mais me revenais en mémoire des pas de ma vie ancienne; j'écrivais sur la même table qu'hier cela me troublais. J'avais tapé un morceau d'écriture sur mon ordi ,j'appelais ça un brouillon.




UN BROUILLON


- L'espace que j'observe autour de moi a changé; ce n'est plus celui de la saga familiale qui absorbait ma vie vers l'âge de mes quinze ans. Je n'ai plus sous les yeux les fenêtres de la  maison blanche du maire qui se trouvait juste en face des fenêtres de notre salle a manger. Cette maison blanche à deux étages se trouvait au-dessus d'un magasin de vente de vélos .Depuis mon mon atelier derrière la baie vitrée ,j'aperçois à présent uniquement de grands arbres. Les arbres laissent passer assez de clarté pour que je puisse, lorsque je peins, voir la surface blanche de mes toiles. Mon atelier est encombré par une multitude d'objets inutiles; j'entasse sur une mezzanine toute sortes de choses insolites destinées à devenir soi disant des chefs d'oeuvre. Je suis surtout prisonnier de mes obsessions. J'ai créé le concept de «squatting». Il est issu de mes tribulations artistiques dans les marges. Aujourd'hui, je continue, à bricoler par jeu ;car ce que j'aime par dessus tout ,c'est de peindre ;bricoler c'est amusant!;c'est peindre par d'autres moyens .Je me suis fait bricoleur ;à cause de ma passion pour la chasse aux matériaux de récup ;je peux faire surgir des mondes à travers des rebuts; avec de la colle, des ciseaux une scie un marteau et des pointes je peux réinventer le monde ;je redeviens, un enfant dans une grande cour de récréation ;je règne en roi au sein d'un monde imaginaire où toutes les créatures sont issues de mes rêves. L'artiste des temps modernes est un héros anonyme, il crée uniquement pour le plaisir de créer. Peu parviennent au Graal de la notoriété et encore moins au Graal tout court; ceux qui parviennent le mieux à s'en sortir sont ceux qui sujet à des songes, parviennent à voler très haut dans les sphères sans se préoccuper des bruits et de fureur du monde ici bas-. C'est mon cas aujourd'hui.


  

                           Nous sommes en 2018


Je me demande pourquoi, j'ai écris tant de bêtises tout le long de ma vie. Moi Odysseus, dans la chambre ou je dors et ou s'accomplissent mes rêves ,je revois souvent mon passé avec des yeux étonné .Ais je été un autre? .Mes écrits lorsque je les relis me donnent le tournis ;qu'elle vie à été la mienne?





AUJOURDH'UI ,J'AI ECRIS UN POEME 



-Je voudrais devenir un être aussi intemporel qu'un écrivain maudit. J'aimerais créer des choses sublimes. Parfois je m'imagine qu'on va me fusiller à l'aube comme Lorca. J'erre à la recherche d'une vie meilleure. Être ce que je suis ne me suffit plus.

J'aimerais écrire comme Federico -

Dans la tour

De l'aube

Marie apprend à Vénus

À filer la laine.

Vénus lui enseigne tout

Ses regards

Et Marie reste interdite.


Dans la tour

De l'aube.

J'erre à la poursuite d'un poème de Frédérico .


J'ai copié dans mon journal ,cette belle phrase de Julien Gracq / Les eaux noires – Éditions José Corti


«Écrire quelque chose de l'allure du rêve, écrire dans le défilé muet, incompréhensiblement, des deux rives qui viennent à moi et s'écartent comme des lèvres d'une mer Rouge, fendue dans le sentiment à la fois de la lenteur irréelle et de vitesse lisse que j'ai cru retrouver parfois dans les plus beaux, les plus vastes rêves d'opium de De Quincey. L'eau noire, l'eau lourde, l'eau mangeuse d'ombres qu'a décrite Gaston Bachelard, celle qui ceinture l'Ile de la fée...»



 


                                                        ODYSSEUS


J'ai la désagréable impression d'être un nouveau Sisyphe; un Sisyphe condamné à faire rouler jusqu'en haut d'une colline un rocher que j'appelle -Tantôt les Ecrits, tantôt mes mémoires - .Mes écrits .à peine hissés au sommet, retombent dans le vide.



       

                                                       LA MEMOIRE ME REVIENS



 


Un jour Marcel mon oncle électricien sachant que je voulais devenir peintre, m'avait fait l'honneur d'une commande. Il m'avait demandé de réaliser en peinture une jument verte .J'avais répondu avec enthousiasme à sa proposition. J'ai compris que la commande comportait des anomalies. J'ai vu maman pâlir devant ma toile; mon oncle Marcel et papa se trémoussaient. Mon oncle Marcel adorait faire des farces; surtout il adorait les femmes; j'allais de tant en tant feuilleter les nus roses extraordinairement sensuels qui figuraient dans les revues qu'il prêtait à mon père. Mon oncle m'avait passé un billet avec sa commande; je voyais  que la jument verte comportait une énigme; une énigme que je ne n'avais pas résolu; J'avais peins sans réfléchir. Je ne connaissais pas Marcel Aimé. Ma jument verte était un canular qui avait à voir avec le monde du sexe, je m'en doutais , car je connaissais l'esprit blagueur de mon oncle ;mais pour moi ,c'était de toute façon sans importance .J'avais pris plaisir à peindre ,et surtout j'avais reçu un billet. Tant pis si le début de ma carrière artistique ,commençait par un canular!.




 


ODYSSEUS



La lutte pour conquérir les sommets est une lutte difficile. Pourtant, il faut imaginer Sisyphe heureux. Lorsque j'avais vingt ans, je me saoulait de rêves. Le chaos était joyeux, le monde une merveille. Je me baignais dans le sillage d'une clarté optimale .Les beautés de la création m’enthousiasmaient , j'étais déjà en partie Odysseus. ;je m'envolais régulièrement pour Cythère. La création venait à moi, et me grisait ;j'écrivais de fabuleuses pièces de théâtre ,et des poèmes d'assez mauvaise qualité Le plaisir de créer engendrait en moi des turbulences et des bouleversements sismiques. Ma vie était en proie à de multiples excitations ,souvent je baignais dans l'extase .Aller jusqu'au bout de mes entreprise artistiques ,était un défi qui m'excitait; sur le sol de ma chambre ;je pouvais contempler mes sublimes écrits .J'avais tout le temps pour moi .le temps n'existait pas. Que mes œuvres et mon génie éclate en plein jour, je m'en fichait ;l'illusion bienheureuse que mes créations étaient géniales me suffisait .Aujourd'hui c'est comme si je me réveillais d'un songe; mes œuvres géniales gisent sans grâce et sans gloire dans cet essai ;moi Odysseus je suis le seul, à savoir qu'elles sont géniales et immortelles cela suffit.



 

 



ODYSSEUS



BRAISE ET CAUCHEMAR




Chaque phrase de moi me porte un coup fatal. Je cours après les mots ; ça devrait être l'inverse, ils devraient me courir après. Hier, je cherchais la confirmation de mes talents. Aujourd'hui sur la table étroite où j'écris, je suis de nouveau Sisyphe en face de moi un arbre magnifique étale ses branches; il rayonne derrière la baie vitrée .J'aperçois les essais et les brouillons qui s'entassent sur mes disquettes. Mes tentatives pour écrire creusent un sillon lumineux dans mon cerveau. Je travaille à la confection d'une œuvre géniale. Je traverse les cotes, les plaines et les montagnes d'une œuvre qui m'enveloppe tout entier. Je suis un être à l'affût de la laideur et de la beauté des choses. Je suis ensorcelé par mes écrits. Mes rêves flamboyant s'agitent en moi et me laissent peu de répit .









   


ODYSSEUS

  MA FOLIE REPREND FORME





Mon projet d'écriture a repris son envol. Je ne trouvais pas la langue imaginaire que je portais en moi; c'était une langue inconnue, une langue difficile ;j'avais son sang qui coulait dans mes veines, mais j'avais du mal de la parler .Aujourd'hui Moi Odysseus je me suis décidé à parler cette langue ;je veux la parler du début à la fin ;cette langue qui m'échappait hier ;je sens qu'elle se met à couler à travers mes mots!.





                                                       LA LANGUE DE MES  CHIMERES.





Dans mon adolescence, j'étais amoureux de la langue française. J'aimais son phrasé, ses tournures, j'admirais ses écrivains .Mais cette langue m'échappait ;elle était insaisissable indomptable ,inaccessible .Mon imagination survoltée me l'avait fait entrevoir plusieurs fois ;mais elle me fuyait .Je tenais des journaux pour essayer de me saisir de son corps; mais son corps m'échappait ;j'étais obstiné ,je n'ai pas renoncé .

 


ODYSSEUS


UN SOUVENIR MALHEUREUX M'AVAIT SAISIT ET IL ME REVENAIT EN MEMOIRE



Un jour j'avais à peine douze ans. j'étais allé sur la fête de mon village pour jouer aux flipper. Je tentais d'introduire une pièce de monnaie dans une des machines ,comme j'étais maladroit, j'avais du mal à faire rentrer la pièce dans la fente Je cherchais de l'aide, je ne comprenais pas pourquoi ma pièce ne rentrait pas. Mon regard rencontra subitement celui du propriétaire des flippers un gros forain au ventre bedonnant. Il se précipita sur moi en hurlant : « Ah ! C’est toi ! Petit con ! Je t'ai vu, tu es pris !». Il me saisit la main et failli la broyer .Dans ma main ;il y avait une « bonne pièce » Il retira prestement sa main étonné ;il me soupçonnait de l'avoir floué et d'introduire de fausses pièces dans ses machines . Il ne s'excusa pas , il me regarda avec un air méchant qui voulait dire : « Cause toujours  petit con! je t'ai à l'œil ! ». C'était pour moi une douche froide ;je venais du haut de mes douze ans de réaliser que la vie pouvait être un enfer !.Des bandits la peuplaient et pour le propriétaire de ces machines à sous ;j'étais potentiellement l'un d'eux ;il me voyait comme un délinquant .Pendant très longtemps j'ai voulu effacer l'image de cette homme stupide de ma mémoire .Mais elle s'était incrustée en moi . De même je ne pouvais pas effacer de ma mémoire la gifle que m'avait donné un instituteur parce que j'avais pincé un de mes amis en rentrant d'un cour à l'école .Cet instituteur était le même qui me traitait d'âne à cause que je faisais des fautes d’orthographe ,je le détestait ,il représentait l'autorité administrative de l'école ;c'était un homme aussi stupide que le forain. Ces petits incidents me faisaient craindre le monde plus que l'aimer; j'étais rancunier; ainsi je m'étais mis à détester ,la grammaire ,à cause de la gifle que cet horrible instituteur m'avait filé .Je voyais se refléter dans les règles de grammaire tous mes ressentiments ;j'étais en but contre la méchanceté du monde ;moi Odysseus ,j'étais génial ;mais j'étais aussi rancunier et capricieux.


 

                                                                      ODYSSEUS


POURQUOI MES IDEES NOIRES SUR LE MONDE ONT PERSISTEES ET POURQUOI ELLES ME POURSUIVENT ENCORE AUJOURD'HUI .




La scène avec le forain est restée gravée dans ma mémoire comme une scène d'injustice. Lorsque je vois défiler ma vie , je me dis que mon idée noir romantique de la vie ,n'est peut être pas étrangère à ce sentiment d'injustice que j'ai ressentit très tôt ;j'avais le sentiment qu'on se méprenais .On se trompait sur moi.



 

ODYSSEUS





DANS LE MEME ORDRE D'IDEE LORSQUE JE ME RELIT MES BROUILLONS M'EXASPERENT




Pour l'affreux romantique qui reste blotti au fond de moi, mes écrits,(Mes brouillons) restent géniaux .Le romantique exalté qui est en moi croît que mes écrits sont beaux ;mais par un effet contraire dût à mes humeurs d'autres jours ;je les voient laides .J'ai tendance à surévaluer où à sous estimer mes écrits .Je suis restés dans le même état d'agitation et de rêverie qu'à mes seize ans .Au départ ,je voulais écrire et raconter ma vie sans chercher à la l'embellir .Je voulais -Des mémoires improvisées- .Je croyais en la liberté et à la spontanéité ;je croyais qu'il suffisait de m'abandonner au fil de mes écrits pour que mon génie ,apparaisse; je voulais écrire sans ordre et sans plan préconçu ;je me suis mis à dériver au rythme de mes récits ;je me suis alors enfoncé dans un immense labyrinthe ; mes écrits ressemblaient à des mirages; je me perdais de plus en plus fréquemment dans le maelstrom de mes souvenirs; mes rêves m'engloutissaient ;j''avais l'impression comme Ulysse d'errer sur une mer inconnue. J'errais dans le vide.




 


ODYSSEUS





De vieux souvenirs




LE TISSEUR




Lorsque je déambulais dans l'usine textile ou je travaillais ,vers mes quatorze ans, il ne m'était jamais venu à l'idée de comparer mon labeur à celui d'un écrivain. Je voulais devenir peintre ;c'était mon unique préoccupation .Peindre et dessiner cela me rendais heureux ;c'est pourquoi je n'aspirais qu'à me livrer corps et âme à la peinture .Je ne sais plus pourquoi , je me suis vu ,quelques temps plus tard en écrivain. Je crois que j'avais été pris d'amour pour les mots ,le m'étais mis a aimer Chateaubriand ,j'aimais aussi Voltaire et Rousseau .Des années plus tard ;j'avais commencé écrire pour le théâtre ;je voulais devenir dramaturge. Tout cela s’est passé sans que je m'en rende compte. Je n'avais pas vu passer ma vie elle avait flambé ,comme une allumette .A mes vingt ans je suis tombé sous le charme d' Henry Miller Ce penseur orgasmique avait dérobé mon âme.il devint mon écrivain fétiche .Je ne pouvais désormais plus m'identifier à d'autres héros littéraires .J'avais rejeté dans les limbes de mon cerveau les romans que j'avais imaginés écrire lorsque j'admirais mes classiques .J'avais même oublié que je voulais devenir peintre . J'étais tombé à la merci de mes lubies, j'étais convaincu que j'avais une vocation dramaturgique à réaliser ,je prenais plaisir à déconstruire le monde à l'aide du théâtre .J'écrivais des pièces de théâtre critique pour un public imaginaire. Mais une main mystérieuse a fait dévier ma trajectoire .Je suis monté sur Paris ;je voulais vivre un rêve ,j'étais le héros d'une destinée sublime ;rentré dans le corps d'un autre je marchais à contre jour ;mon héros avançait dans la nuit; je marchais avec lui. Je voulais devenir un héros antique; une  voix me disait - Devenir Odysseus ,c'est absurde !.Qui a déposé en toi une telle folie ;Tu dois te réveiller, revenir les pieds sur terre; tu n'est qu'un simple humain !-.Cette voix qui me m'étais en garde contre ma propre folie était celle du bon sens ;je ne l'écoutais pas ;mes oreilles se fermaient. Qui était Odysseus,je ne le savais pas vraiment !.Sa figure pourtant me hantait ,une impulsion venu d'un passé très lointain ,me la rendait amical ;j'étais de sa famille j'en étais sûr ,ses errances me parlaient.


ODYSSEUS



Retour sur mes Écrits .





En 2001, je ne savais pas par où commencer mon périple littéraire J'ai relus les brouillons que j'avais sous la main . Mes souvenirs étaient discontinus, confus, souvent aléatoires. Je suis tombé sur un texte que j'avais écris en vue de l'insérer dans mes mémoires.






SOUVENIR DE MA VIE D'HIER



Texte tiré des Écrits 2001.



J'ai commencé par écrire les pages du journal d'un fou après quelques mois passes a l'armée .Ma vie de dramaturge a prit forme ici.Une fois réquisitionné pour le service militaire ,je n'avais eu en tête que de continuer à me livrer à mes activités d'écriture, et de lecture.Pour échapper au sort des bidasses qui perdaient leur temps dans des marches forcées;j'avais dû faire des pieds et des mains pour m'extraire de la compagnie de combat où on voulait me tenir prisonnier. J'avais été voir un officier-conseil à moustache noir très impressionnant.Je lui avais dit que je désirais poursuivre des études et que je pensais que j'aurais du mal à le faire dans une compagnie de combat.L'officier a grosses moustaches noires, lissa sa moustache et me regarda d'un air dubitatif;quelques temps plus tard,à ma grande surprise,je reçus l'ordre,d'intégrer le département des services de l'armée. Juste avant j'avais dû affronter la mauvaise humeur du capitaine corse qui commandait ma compagnie; je savais qu'il m'avait pris en grippe il ne supportait pas que je  marche mal au pas; il voyait en moi je suppose un être rebelle aux commandements. A la fin de mon service ,j'avais été convoqué devant le tribunal militaire; je me demandais ce qu'on me voulait

 



                            SOUVENIR MALHEUREUX 




Devant les gradés du conseil de discipline ,les scènes de ma vie d'ouvrier révolté et de militant syndicale me sont revenues en mémoire ,je me demandais pourquoi on m'avais fait amener ici. J'avais l'impression qu'une malédiction me poursuivait .Des scènes de mon passé me revenait à l'esprit surtout depuis que le photographe du camp m'avait dit de me tenir sur mes gardes ,car que j'étais surveillé par les services de la sécurité militaire. Je me revoyais en songe dix ans en arrière ;j'aidais mon père à casser du bois ;c'était sur le trottoir devant notre maison ;une voiture s'était arrêtée au stop; un type à l'air louche m'avait pris en photo ;c'était une scène surréaliste .Cette scène sorti d'un mauvais roman policier venait de  me retraverser l'esprit .Je me demandais si mon passé de militant syndical ,n'était pas la cause de mes ennuis, car je ne me souvenais pas d'avoir commis la moindre infraction depuis mon incorporation ici. Je m'interrogeais, mon caractère trop brut pouvait m'attirer parfois des ennuis ,je reconnaissais que c'était mon talon d’Achille. Plusieurs fois durant ma courte existence, je m'étais laissé piéger par mes réactions trop directes ;il me revenait à l'esprit que lors de mon incorporation ,j'avais dit tout haut devant mes camarades de chambrée, que je me rebellerais si j'étais obligé de m'attaquer aux étudiants qui défilaient dans les rues de paris ;comme nous étions en 68 ,les officiers nous disaient -que l'armée pourrait intervenir pour réprimer les manifestations!-.



Devant moi ,les juges du tribunal militaire se concertaient, ils parlaient à voix base et à mi- mot; j'étais plongé dans des abîmes d'incertitude .Que me reprochai t’ont? Quelle faute avais je commis ;à part ,le fais que j'avais voulu lire écrire et m'abîmer dans la lecture au lieu de jouer au petit soldat .J'étais au garde à vous devant les juges qui étaient assis sur une estrade ;cheveux rasés cour, mon esprit gambergeait ; je repensais au jour où le photographe de ma compagnie ,m'avait accosté en me disant -Fait attention la sécurité militaire s'intéresse à toi!-.J'étais tombé des nues ,je me demandais en quoi je pouvais représenter un danger pour l'armée et pour la nation. C'est pourquoi me souvenant de mes démêlées avec le propriétaire des flippers ,je m'attendais au pire. Mon côté paranoïaque reprenait le dessus .Les juges qui me faisaient face se levèrent ;ils avaient enfin délibérés ,j'entendis sortit de leur bouche cette affirmation complètement inattendue ;ils disaient - Que le tribunal m'amendait -. Je n'étais coupable d'aucun délit! j'étais libre - . J'avais répondu stupidement à mes  juges  «Merci!» tant j'étais soulagé de me retrouver blanchi; c'était stupide; mais c'était un reflexe réalisé sous le coup de l'émotion.*

 

*J'ai appris par la suite que celui qui m'avait envoyé au tribunal c'était le capitaine corse qui m'accusait d'être un tir au flanc .Il m'avait pris en grippe et me reprochait d'avoir passé tous mon temps dans les services .Heureusement j'avais des soutien ;et si j'avais été relaxé ,c'était probablement grâce à leur intervention ,car si j'avais été tout seul ,j'étais sûr qu'on m'aurait condamné ,à je ne sait trop qu'elle peine.



 


                                MA VIE FICTIVE





Je ne pouvais pas m'empêcher de penser ironiquement qu'en écrivant quelques temps auparavant ma pièce; -Le journal de mon fou en campagne -,j'avais décrit  sans le vouloir le décor du tribunal militaire. J'avais décris dans ma pièce les rouages - de la république du Pandare-  ;une société qui voyait des coupables partout ;mon héros le fou avait failli être lynché par des juges qui ressemblaient à mes juges du tribunal militaire .Dans ma pièce je décrivais par l'absurde les mécanismes d'une société devenue fanatique .Je m'identifiais  au personnage du fou ;je m'étais pris d’empathie pour lui ;c'était un être dérivant ,qui cherchait sa place dans un monde qui lui paraissait absurde  .Il était à la recherche de la société  intègre ,mais il ne la trouvait pas ;ma pièce était une fiction théâtrale qui tentait de décrypter mon époque ... je n'ai pas réussi à la terminer ; je manquais d'entrainement ...je n'ai décris que la société la plus absurde celle du Pandare; ,les errances du fou devaient se poursuivrent  mais je m'étais arrête à bout de souffle je m'étais enlisé dans mes écrits.



 


                                                      ODYSSEUS




Si le tribunal militaire m'avait relaxé ;c'était la démonstration un brin rassurante que notre société n'avait pas entièrement perdu la boussole La république de Pandare, était une république imaginaire sortie de mon cerveau ;pour l'instant ce n'était qu'une fiction ;mais elle pouvait devenir réalité .Le journal d'un fou en campagne c'était la démonstration par la caricature que la folie humaine n'avait pas de limites et qu'elle pouvait surgir n'importe quand et n'importe où; ma convocation devant le tribunal militaire me confirmait dans mon idée que la nature humaine était de nature destructrice. Je voyais se refléter dans les scènes catastrophiques de mon séjour à l'armée les absurdités d'une société aux déambulations fatales .A travers cette pièces ,je décrivais mon regard sur la société ; j'étais ironique et pessimiste ;mais j'avais au fond de moi la conviction que mon intelligence et mes facultés critiquent pouvaient me sauver , du moins m'aider à comprendre le monde et qu'elles pouvaient m'aider à m'élever à dessus de la mêlée .J'avais vingt ans ; et des débuts  d'ambitions littéraires ;mais je n'avais pas la puissance de feu de Brecht, que j'admirais; et encore moins  celle grandissime de Shakespeare; j'étais un  fervent admirateur de Gogol; pour lequel j'avais une immense affection après avec lu son Révizor.



 

                                                  SOUVENIR D'UNE VIE INQUIETE



Nous étions en soixante huit l'agitation estudiantine commençait à prendre forme. J'étais un fervent partisan des utopies sociales. J'avais envisagé de devenir objecteur; je me voyais en pacifiste. L'armée était une aventure sans issue, je n'attendais rien d'elle. Je me voyais en exilé. Mon exil avait commencé dans ma chambre familiale dans mon village ;je  ne me  voyais pas en ouvrier ,je ne pouvais même pas envisager de devenir contremaître comme mon père ;je me sentais des affinités plutôt avec Gogol.Ma vocation d'écrivain était instable et défaillante; j'écrivais avec difficultés ,mon génie avait du mal à éclore. Je ne comprenais pas pourquoi, j'avais tant de peine à écrire; j'avais l'impression d'être  atteint d'une maladie obscure qui me freinait. J'étais un grand rêveur. J'avais l'impression que j'aurais pu écrire comme Jean Jacques ,j'aurais pu écrire une nouvelle version ,des rêveries d'un promeneur solitaires; la marche m'attisaient l'âme; je construisais en imagination des romans entiers, c'était comme à mes dix sept ans lorsque je me promenais sur les flancs de la montagne de mon village natal; je voyais des phrases étincelantes bondir devant mes yeux; pourtant une fois rentré dans mon antre ,dans chambre à Cornimont mon village natal ;où dans ma piaule à l'intérieur du camp ,militaire au Mans  ,lorsque je voulais coucher mes visions sur le papier; elles m'échappaient; c'est comme si  je les avaient oubliées. Même si je peinais à écrire je sentais que que ma vocation d'écrivain prenait forme ,j'étais sur la bonne voie.





UNE SCENE DE MA VIE D'ERRANCE AU MANS A L'EPOQUE DE MON SERVICE MILITAIRE





Je m'étais arrêté dans le café que le photographe m'avait indiqué . Il m'avait dit que je pouvais le trouver là; il n'y était pas !.Dans le café ,il y avait une faune intéressante. Je me suis assis? j'ai regardé. Des jeunes gens du même âge que moi s'interpellaient .J'observais leur agitation avec des sentiments mêlés. Je me disais que j'étais resté trop longtemps à l'écart du monde; j'étais devenu comme un ermite .Je m'étais plongé dans l'écriture du journal d'un fou en campagne ;c'était uniquement ce qui m'importait. Je découvrais tout à coup ,avec stupéfaction que le monde ne s'était pas arrêté ;les jeunes gens qui s'agitaient ;autour de moi étaient plein de vitalité, ils s'animaient s'enflammaient, critiquaient la société ;et se promettaient de tout chambouler ; j'aurais du être comme eux excité ;mai soixante n'était pas si loin ;mais je me sentais éloigné en esprit de toute cette agitation ;je m’aperçus à ce moment un peu avec stupeur que j'étais devenu - un promeneur solitaire- presque indifférent au sort du monde.





 



ODYSSEUS





JE ME REMEMORAIS MA VIE EN SONGE



Lorsque j'étais seulement sorti de l'école primaire ,j'aimais encore  me battre au corps à corps; je prenais du plaisir à exercer ma force Quelques années plus tard rentré à l'usine j'avais entrepris de lire les penseurs qui contestaient l'ordre du monde, j'avais besoin de contester cet ordre ,car je trouvais cet ordre injuste. Je lisais Marx, Bakounine et Trotski, et parfois l'enfer de Dante ;je voulais devenir peintre ,mais j'étais devenu très littéraire .Je lisais jusque dans les toilettes de l'usine où je trimais .Cette passion pour la lecture m'avait ouvert l'esprit ;j'ai voulu faire de la résistance .A l'extérieur j'étais, timide à l'intérieur j'étais fragile mais résolu .J'étais devenu un penseur contestataire ,je ne me reconnaissais qu'à travers les êtres qui s'insurgeaient .Arrivé vers l'âge de vingt est un an ;à la sortie de l'armée j'avais décidé de devenir dramaturge ;je venais de boucler la première partie du journal d'un fou en campagne ;fort de cette expérience , pendant les deux années qui suivirent ,j'avais pondu une bonne dizaine de pièces de théâtre ;la plupart n'étaient jamais terminée ,mais j'avais réussi à creuser un sillon ;je prenais conscience qu'avec un peu d'efforts je parviendras peut être accéder à l'essence de moi même ;ce n'était qu'une question de temps avant que je me fasse connaître .Mais bientôt une voix me disait que je devais partir pour conquérir une autre vie héroïque ailleurs .Ma lecture récente d'Henry Miller, avait réveillé en moi un violent désir d'écrire; je regardais mes pièces de théâtre dont la plupart étaient inachevées ,avec un sentiment de défaite ;j'avais l'impression que mon travail de dramaturge stagnait ;la voix qui me disait de partir s'amplifia .Un ami qui connaissait ma passion pour le théâtre m'avait proposé de m’inscrire en théâtre à l'université Paris VIII ;c'était la seule université à proposer un accès aux études supérieures à des gens comme moi sans diplômes .Je n'avais pas hésité , je m'étais inscrit ;j'avais décider de partir. J'allais sur mes vingt quatre ans; j'allais conquérir Paris ,me jeter à l'exemple de Henry Miller dans le chaos d'une grande ville ,devenir un universitaire me paraissait presque irréel ;je m’apprêtais doucement à rentrer dans une nouvelle vie .




  

 






ODYSSEUS

Voyages dans ma mémoire






Le grand roman de mes déambulations à travers ma mémoire




Une main mystérieuse transforme mes souvenirs, elle les rend instables ,parfois troubles ;parfois plus sombre ,parfois plus éclatants ,qu'ils ne sont. J'ai du mal à me reconnaître dans cette main qui écrit ;elle dit parfois les choses de moi avec sincérité, et loyauté ;en même temps ,il me semble qu'elle déforme souvent mes sentiments et mes souvenirs et qu'elle dénature le contenu réel de ma vie .Si je savais mieux écrire ,je pourrais rendre sublime mes aventures ;mais dans le roman ,qui se tisse ,je me fais l'effet d'être un poisson amputé d'une ou deux nageoires ;j'ai l'impression de nager en eaux troubles .Plusieurs versions de ma vie s'affrontent en moi ;elles sont souvent contradictoires ;je me pose la question en me relisant est ce la bonne version de ma vie que je livre ici au lecteur ?.







Ici une photo de ma main placée sur l'autobiographie virtuelle de mes Écrits .

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UN PASSAGE DES ECRITS QUE J'AI RETROUVE A L'INSTANT.

Écrits en (2001) :





Quant j'étais rentré à l'armée ,en 1968: je ne pouvais pas goûter comme j'aurais voulu aux fruits de la contestation. Je regardais les événements se dérouler de loin, là où j'étais ,je ne pouvais pas espérer faire grand-chose. On n'avait pas jugé bon de faire de moi un gradé, j'étais deuxième classe. Je ne m'en plaignais pas, j'avais horreur de l'autorité. Commander à des hommes de troupe me semblait une stupidité. La seule fois où j'ai souvenir de m'être réellement amusé ;c'était au début de mes classes. On nous avait lâchés une pleine nuit dans un bois pour combattre un ennemi fictif représenté par une autre compagnie. À cette occasion, je m'étais souvenu que j'aimais jouer à la petite guerre quand nous étions enfants .J'avais régulièrement combattu le camp Zioum à l'époque de mes treize ans. C'était notre ennemi juré. Notre campement se trouvait sur les hauteurs du village ,nous l'avions hissé sur une plate forme en planche solidement arrimée entre trois immenses sapins. Le lieu offrait une vue admirable sur les alentours. Nous pouvions voir arriver nos ennemi de quelques côtés qu'ils arrivent. J'avais retrouvé avec étonnement cette nuit-là ,en rampant dans la nuit humide d'une forêt du Mans les sensations excitantes que j'avais éprouvées étant enfant, lorsque je rampais au milieux des fougères à l'approche du camp Zioum, notre ennemi favoris. Il faisait nuit noire; je rampais avec casque et fusil dans une forêt; mon excitation ;était presque pareille à celle que j'éprouvais à mes treize ans. Ramper en silence au milieu des bois, s'amuser à déjouer la présence des sentinelles ennemies postées aux quatre coins d'un camp fictif, réussir grâce à des ruses de sioux à contourner le camp pour le prendre à revers, tout cela me rappelait ma vie de guerrier en culottes courtes .Mes réflexes anciens ressurgissaient d'une façon spontanée, j'avais l'impression d'être un guerrier né. Organiser une embuscade surprise et réussir à dérober le fusil à un grand braque de deuxième classe qui avait du mal à se mouvoir car il était trop lent, c'était stupidement excitant. C'était un garçon qui n'était pas du tout méchant, et que j'aurais serré dans mes bras en temps normal tellement je le trouvais vulnérable. Il nageait dans son uniforme trop grand, il était empêtré dans un espèce de mouvement désordonné qu'il avait fait en tournant sur lui-même lorsque nous l'avons saisi. Nous l'avions cerné à quatre et immobilisé sans difficulté, c'était facile à faire, nous lui avons dérobé son arme, c'était de la pure connerie, une petite guerre de merde trop inégale. Je n'étais pas très fier après coup de mon héroïsme, car c'était de toute évidence tellement facile de s'attaquer à ce grand démunis que l'exploit devenait dérisoire, presque ridicule. L'armée aimait jouer à la «petite guerre» et j'étais tombé cette nuit-là dans son piège. L'armée qui était totalement ennuyeuse pour moi avait tout à coup réussi par un coup de génie à capter mon attention et à me désennuyer. J'avais trouvé excitant de ramper dans le noir, de m'approcher d'un ennemi fictif et de lui dérober son arme. Je continuais ma vie d'enfant; c'était un jeu qui ne prêtait pas à conséquence. En temps normal, je trouvais extrêmement laborieux toutes les disciplines, les exercices de tir sur cible ou les attaques réglées qui devenaient vite des modèles d'ennui, surtout lorsqu'ils étaient enseignés par des gradés imbus de leurs savoir logistique et très peu accessibles à l'humour. Dans d'autres attaques simulées plus conventionnelles, il fallait ramper dans des bosquets épineux et attendre qu'un gradé fasse péter de fausses grenades, attendre ses ordres et avancer par - vagues successives dans un environnement hostile-. C'était bête, faussement surréaliste, c'était déprimant. Dans le fond, je n'aimais que la guérilla ,la guerre qui laisse la place à l'invention et à l'initiative ; je me sentais brimé chaque fois que je devais attendre les ordres de supérieurs, dont peu possédaient une seule once de génie stratégique.





                                                                  J'étais ailleurs                                                            



Au début de mes classes, mes camarades m'appelaient «l'Anglais» car j'avais une obsession, c'était de me promener avec un petit livre qui me servait à apprendre des mots d'anglais. Apprendre l'anglais, c'était une façon de me différencier. J'avais cette persistante un peu bête qui consistait à croire que l'anglais c'était bien, à cause du fait que personne autour de moi ne le parlait, j'essayais de le pratiquer à des fins de prestige. Mais mon système d'apprentissage était trop empirique, totalement coupé d'une pratique vivante de la langue, je n'ai jamais réussi à apprendre vraiment l'anglais à travers mes méthodes. J'ai régulièrement tenté de pratiquer cette langue symbole de prestige pour les français totalement inaptes à la parler que s'en était un peu ridicule. Cette manière de m'accrocher même en crapahutant à des bribes de savoir me rappelait celle obstinée que j'avais adopté lorsque je travaillais comme apprenti dans mon tissage. Je sortais de mes poches entre deux courses des petits papiers sur lesquels j'avais inscrit des mots rares, des expressions savantes, des dates de l'histoire que je voulais retenir, des noms de philosophes ou de célébrités que je voulais garder en mémoire. Je tentais de poursuivre tout en travaillant ce que j'appelais «mes humanités». Je les poursuivais sur le tas, obstiné ,buté ,contre vent et marées. Cette façon d'apprendre aurait pu faire croire de ma part à un détraquement - et s'en était un sans doute -, c'est pourquoi je peine autant aujourd'hui encore à me l'expliquer. C'était simplement la folie et l'obstination d'un individu qu'on avait privé de savoir et qui désirait s'émanciper. Je me sentais humilié d'être privé de l'éducation à laquelle j'estimais avoir droit. Si je poursuivais mes humanités avec autant de rage, c'était que je me sentais victime d'une opération d'exclusion et d'amputation de mon droit à la connaissance. Je voulais apprendre et on m'obligeait à souquer à ramer et à crapahuter. Je faisais de la résistance à ma façon, c'est sans doute pourquoi j'ai l'impression d'avoir commencé très tôt mon apprentissage à la guerre de résistance. Cette guerre était différente de celle que mon père nous racontait lorsqu'il nous parlait de ses vies dans les maquis qui surplombaient les vallées vosgiennes. Elle était différente cette guerre de la guerre contre l'occupant, contre les boches, mais par certains côtés, elle était pareille. Je résistais à l'ordre stupide qui m'avait placé dans un monde à fabriquer du labeur et des automates. J'étais un résistant d'instinct, je luttais avec la force du désespoir contre l'anéantissement qui me guettait ;j'étais obligé de combattre pour ne pas être anéanti .Pour survivre, je devais me donner une discipline ;c'était le plus difficile pour moi, qui semblait ne prendre plaisir qu'à une vie d'anarchie.


 

                   Autres réminiscences


Avant ma sortie de l'école, je voyais l'usine comme un lieu d'émancipation. Elle pouvait me libérer des leçons de morale, des problèmes stupide de robinet du calcul et des dictées que j'assimilais à une espèce de torture .Mais je m'aperçus vite, une fois rentré à l'usine, que c'était un lieu d'enfermement encore plus brutal que celui de l'école. Je devais réagir pour ne pas sombrer, j'avais peur de me vider de ma substance et de suffoquer. C'est pourquoi je pratiquais des rituels de sauvegarde: j'emportais avec moi au travail des bribes du savoir que je vénérais, car il représentait une des multiples planches de salut que l'humanité avait jeté sur la route des hommes de bonne volonté pour aider à leur salut. Assimiler des bribes de savoir en travaillant me purifiait l'âme. De même, j'ai compris instinctivement en rentrant à l'armée que je devais me prémunir contre le rouleau compresseur de la grande muette. Cette dernière voulait me rendre docile bête comme un légume; elle voulait me tailler net, sans faille, me rendre propre et imbécile, sans vraie singularité, comme tous ceux, naïfs, qui se jetaient dans ses bras sans garder au fond d'eux un fond de dignité rebelle, une poche innée de résistance qui les prémunissait contre l'abrutissement de la pensée organisée selon un rituel d'asservissement propre à toutes les sociétés convaincues de la nécessité de formater ses citoyens en vue d'une guerre éventuelle. L'armée, si on la laissait faire, n'avait qu'un objectif avec ses recrues les moins dotées de diplômes, c'était de les rendre à terme sans aspérité, aussi plats et silencieux qu'un bouton d'uniforme. Il fallait juste qu'ils sachent appuyer sur la détente le jour où la mère patrie serait en danger. On ferait de même qu'en 14 -18: on les enverrait tous à l'abattoir. C'était une pure folie, c'était pourtant ce qui s'était passé. Je n'avais aucune confiance en la beauté morale de l'état nation. Relisant récemment certains passages du livre de Calaferte Septentrion, j'avais été étonné de retrouver chez cet auteur certaines scènes tragiques de ma vie de laborieux. Les scènes décrites par Calaferte me rappelaient ma vie de penseur souterrain et de résistant. Calaferte lisait en pleine extase des passages de La Divine Comédie dans les latrines puantes de l'usine où il trimait. Je faisais à peu près la même chose dans les miennes. Elles exhalaient une odeur de tabac froid et de pisse qui me remontait à la tête et me donnait envie de gerber. Même lorsque je lisais des pages apaisantes de la pensée de Montaigne, j'avais cette sensation de perdition, je résistais à la déprime grâce à Montaigne. La littérature était associée pour moi à l'exil dans la puanteur. Dans mon esprit, j'étais un héros qui vivait au-dessus des lois communes, je faisais de la gymnastique intellectuelle au milieu de mes machines. Lorsque j'ai aperçu, beaucoup plus tard, Miller qui travaillait dans sa société télégraphique, me revenaient en mémoire des pages entières de ma vie d'exilé dans la forêt du textile .Je pouvais grâce à la littérature remonter les épisodes de ma vie de résistant ;je remontais dans ma mémoire grâce à ces récits qui cinglaient ma face; lorsque j'avais vingt ans les récits de Miller sur sa vie me paraissaient absolument géniaux ;ceux de Rousseau et de Chateaubriand étaient des talismans que je vénérais lorsque j'avais à peine seize ans ;en les lisant ,je lévitais au-dessus du trou puant des latrines, je regardais le monde cruel à travers leur prose lumineuse .Je pratiquais à cette époque ,en rentrant du travail des exercices de méditation .J'avais découvert comment les faire dans un livre qui ne me quittait plus .De ce fait ,j'ai gardé de cette époque des souvenirs troubles ;d'un côté il y avait le trou puant des latrines de l'usine qui gisait à mes pieds quand je lisais mes auteurs favoris ;et en rentrant du travail je m'allongeais sur le sol de ma chambre ,pour pratiquer mes exercices de respiration ;j'apercevais souvent dans ma tête des yogis a l'aspect sublime ;des éclairs de beauté m'envahissaient ;je pensais qu'il existait des mondes parallèles ,et qu'un jour je parviendrais à les rejoindre .En lisant Rousseau, Chateaubriand ou Shakespeare je m'échappais de l'enfer de ma vie de prolétaire ;en apercevant des yogis qui planaient souverain dans les airs je devenais un bienheureux qui s'échappait de l'enfer terrestre .Je pensais que la prose lumineuse de mes héros littéraires, pouvaient me consoler pour un temps ;j'avais surtout un désir fervent de m'envoler ;j'aspirais à mélanger mon âme avec les entités supérieures qui géraient le monde invisible. Le monde que je contemplais depuis les abîmes où je croyais vivre ,aurait pu être pire; il y avait pire misère que la mienne ,je le savais.



 



                                                         ODYSSEUS     


                                                                   ECRIRE




Mon alter ego Odysseus en plongeant dans l'eau épaisse de ma mémoire ,se rappelait à moi en tenant dans son bec mes récits ;mais contempler cette proie lumineuse ne suffisait pas pour faire de moi un véritable écrivain .J'écrivais (par bribes)  -Le grand roman de mes errances -. Je n'étais pas certain que c'était celui que j'aurais du écrire si je m'étais fixé comme but de me hisser à la hauteur du premier grand des conteurs Homère .J'écrivais mal ,je le savais ,je devais pourtant m'arranger avec ça.




 


                                                            ODYSSEUS


MA VIE ETAIT SANS CESSE REWRITEE PAR UNE MEMOIRE ANXIEUSE



(Suite de mes Écrits 2001 rewrités en 2019.)






À l'armée, je me consacrais avec passion à l'écriture de ma pièce de théâtre Le journal d'un fou en campagne, c'était une façon de me confronter au monde réel. Si j'ai conservé comme une relique pendant très longtemps ce manuscrit resté toujours en l'état - c'est à dire inachevé -, c'est qu'il représentait pour moi le seul jalon littéraire digne de me représenter et de représenter à travers moi l'espèce humaine. Son état d'inachèvement était le signe de sa beauté. Ce manuscrit inachevé montrait l'impossibilité pour moi de trouver une voie décente pour écrire correctement, c'est à dire à hauteur d'homme. Mon manuscrit ne pouvait pas obtenir de finition. Je regardais le monde avec le regard d'un voyageur amnésique qui remontait le cours d'un fleuve dont la source lui échappait. J'avais réussi à mettre en scène le commencement d'une histoire vraie. Cette histoire, c'était la mienne Le journal d'un fou en campagne était un essai personnel à caractère métaphorique. Je décrivais le monde tel que je l'apercevais et sans doute même tel que je l'avais aperçu dés le premier jour ma naissance ;c'était un monde absurde grotesque et injuste .Au début ,j'étais torturé par une grande ambition ,je voulais changer le monde ,j'étais un visionnaire de l'extrême ;je voulais montrer à travers mes visions critiques (celle du fou ,mon double ) qu'une rédemption était possible face à l'absurdité du monde ;mais toujours une force invisible m'empêchait de terminer mon entreprise .Je ne savais pas d'où elle provenait .Passé un certain stade ;le dégoût me prenait .je m'arrêtais d'écrire.je reculais le moment ou je devrais conclure mon œuvre. J'avais peur d'affronter le vide qui allait suivre. Une révolte métaphysique me stoppait net.


 


                                                             ODYSSEUS




J'avais crée un double fantasmé de ma destinée. Il me projetait dans un monde éternel irréel. Je m’effaçais ,je me rétractais; je reculais ;j'avais peur de rentrer dans le monde réel; je me contentais de réaliser quelques esquisses géniales de mes projets ,je croyais que c'était suffisant pour que mon génie s'impose au reste de l'humanité .J'avais fais de cet art du dénis une manière d'écrire, je ne finissais jamais. rien J'avais pris goût aux créations sans cesse interrompues .J'avais inventé une dramaturgique imaginaire qui incarnait la beauté nihiliste tel que je le concevais ;,je jouissais intérieurement de mes représentations critiques ;elles me vengeaient de la médiocrité du monde bourgeois. Je naviguais dans le monde de mes rêveries. C'est sans doute pourquoi ,je me suis retrouvé des affinités avec la vision anarchiste de Miller .Proust et Chateaubriand hissaient la beauté sur un piédestal ;Miller tentait de la faisait descendre de son piédestal ;il écrivait d'une façon anarchique et terre à terre ;j'avais tenté de faire la même chose ;mais je n'y arrivais pas. Mes écrits théâtraux tentaient à leur façon de détruire la dramaturgie classique. Je voulais crée un mode de narration insurrectionnel; j'étais un génie contrarié qui compliquait toujours les choses. Un jour découragé par mes échecs; l'idée me vint de mettre en scène  le grand roman de mon existence contrariée. Depuis, je cherche vainement à l'engendrer ;moi Odysseus ,je suis poursuivi par une terrible obsession ;je cherche sans jamais y parvenir à écrire le roman de la vie éternelle.




 


                                                                   ODYSSEUS




 

                                                         QUELQUES SOUVENIRS



 

Vers mes vingt quatre ans ,je me suis mis à penser que devais abandonner ma vie de dramaturge fictif pour partir à la conquête d'une vie improbable. C'était un sublime désarroi qui m'avait conduit à cette conclusion ;le monde de la dramaturgie que j'avais tenté de construire me semblait trop difficile à mettre en œuvre ;je n'en voyais plus le bout :mes pièces de théâtre s'enlisaient ;j'avais voulu démystifier le monde cruel et absurde de la société bourgeoise ;mes pièces de théâtre attendaient sur ma table ;les achever je n'en voyais plus l'utilité .Je plongeais dans mes fantasmes d'errance. Miller est en partie responsable ,de l'abandon de mes rêveries théâtrales ;après sa lecture ,je vis qu'une vie incertaine m'attendais .C'est pourquoi je suis parti à l'aventure .Je me suis retrouvé du jour au lendemain propulsé dans une vie factice d'étudiant en théâtre ;c'était plus que je n'attendais ;la fac géniale qui m'accueillait ;devenait tout d'un coup la première partie d'une vie d'errance fabuleuse ;c'était bien plus qu'une simple bouée de sauvetage, c'était l'inverse de ce que j'attendais comme destiné romanesque ; mais je devais accepter cette vie que m'avait offert le ciel .Je conservais précieusement dans mes valises les bribes de mon passé, de dramaturge ;mes fantasmes d'écriture me harcelaient toujours .Je culpabilisais ,mais en dernier lieu je relativisais ,je me disais –  Tu écris peut être sans le savoir le roman de ta vie éternelle-;.Tu t'est embarqué pour une vie improbable ;tu dois l'assumer!-.Comme d'habitude, mon ego me poussait   dans toutes les directions. Tu sortira vainqueur de cette bataille . O Odysseus  car c'est dans ta nature de te perdre et de te retrouver. .Tu es poursuivi par le besoin irrépressible d'errer ;c'est la ta véritable nature !.


 





ODYSSEUS




Suite du roman de ma vie




En rentrant de l'armée, je poursuivais dans ma chambre de la maison des commis l'écriture délirante de mes pièces de théâtre. Je me voyais en auteur critique de mon époque. Je travaillais toujours dans la même usine textile ,j'étais devenu actif syndicalement. La vie idéale n'existait pas ,mais je continuais à en rêver .J'en rêvais en m'imprégnant des écrits contestataires de tous horizons .Les situationnistes ,dont j'ai adopté immédiatement les idées représentaient un pan de contestation intellectuelle séduisant qui promettait une vie d'utopie instantanée. La lecture des auteurs américains de la contre culture m'ouvrait de nouveaux horizons ;avec eux je voyageais sur une planète en pleine rébellion. J'étais attiré par les écrits de William Burroughs; il représentait la vie anarchique que j'aurais aimé vivre ;des figures comme celle de Ginsberg, Alan Watts, Timothy Leary, Jerry Rubin formaient le planétaire d'une vie artistique dérangeante ,que je découvrais après coup, car ils étaient d'une autre génération que la mienne, mais ils venaient s'imposer comme ultime référence à la mienne. Les situationnistes eux même me semblaient appartenir à une époque ancienne ;c'était un effet d'illusion produit par la distorsion  du temps; je vivais par procuration la vie d'une époque pas si lointaine où les générations contestataires du passé, venaient faire réver les suivantes. Je vénérais les poètes dépravés les esprits rebelles et les opposants à l'ordre académique institutionnel .J'étais admiratif des poètes subversifs ;je ne voyais pas en lisant Ginsberg les poètes béats s'enculer dans des soirées poétiques enfumée par la marijuana ;je voyais surtout une communauté de penseurs libres .L'homosexualité des poètes beat ,me  paraissait  purement abstraire; je ne lui accordais pas vraiment d'importance .J'avais été élevé dans un milieu populaire hostile aux homos ;j'avais certainement  une vision déformée d'eux. Mais la révolution Beat venu d'Amérique transcendait tout ça. Pour ce qui concernait l'homosexualité ;je me souvenais lorsque j'étais encore à l'école primaire, qu'un de nos voisins avait été surpris un jour dans une douche avec un autre homme, cela avait provoqué un scandale et de multiples ragots .Suite à ça ,j'avais porté un nouveau regard sur mon voisin, j'avais du mal d' imaginer que derrière sa vie rangée se cachait un individu sulfureux .C'était le même étonnement que j'ai ressenti plus tard ,lorsque j'ai compris en lisant Proust que ses amoureuses étaient des hommes et non pas des femmes ;j'ai eu du mal dés lors à faire la bascule ;mais j'ai oublié au bout d'un certain que ses amoureuses étaient des hommes ,j'admirais surtout l'écrivain. J'ai admiré Genêt qui était un proscrit ;j'admirais le proscrit pas l'homosexuel ;je trouvais Genêt exotique et curieux .Il faisait partie de la culture marginale française que Sartre avait hissé au pinacle et déifié. Après Sade, Rimbaud, Verlaine, Rabelais et tant d'autres, Genêt rentrait dans le moule de la contre culture moderne. Les plaisirs fulgurants qui pouvaient passer à travers la lecture me paraissaient parfois irréels .Lire Sade m'excitais plus que de lire Genêt ;je trouvais fascinant qu'on consacre des pages entière aux vices qui encombraient la vie réelle. Si je me suis attaché à Henry Miller au début; c'est parce qu'il  représentait pour moi une figure nouvelle de la littérature ;il parlait  de choses qui me concernaient directement ;il était comme moi un autodidacte ;il aspirait à vivre de son art ;il   parlais comme jamais on n'avait parlé de la littérature; pour lui la littérature, c'était avant tout une passion; il disait sans détours ce qu'il pensait de la société américaine; c'était un individu libre;il avait réussi à s'affranchir des dictats du qu'en diras t'on.Je me sentais proche de lui;j'aurais aimé affronter la vie avec la même franchise ,c'était difficile j'étais encore prétri d'idéalisme. Mes fantasmes amoureux étaient aux antipodes de ceux de Miller, je ne le savais pas encore car j'avais des vues contrariées sur moi même. Plus tard ,je me suis rendu compte que j'étais plus proche des élancées mystiques des troubadours et de la prose lyrique de Dante,que des écrits des poètes (viriles) post-modernes. Miller, représentait en réalité un de mes fantasme d'émancipation; je rêvais de tout dire de ma vie ,et de le dire avec une sincérité absolue; j'ai compris plus tard que Miller savait mentir ;chose essentielle en littérature ;Miller  était un grand écrivain; car il savait mentir; il mentait comme un arracheur de dents ;montrer la pure vérité n'était pas son véritable objectif; son objectif ,c'était de répandre la vie dans ses bouquins ,et la vie était parfois retors ;il était assez lucide pour comprendre que la littérature  comporte une part de mensonge. Je n'avais pas compris  a l'époque que la vérité de l'écrivain comportait une part de mensonges. Un bon écrivain doit savoir mentir avec sincérité.


 


                                                                  ODYSSEUS




Souvent, je reste debout sur le rivage ;le visage tourné vers la mer ,je regarde l'horizon .Depuis le rivage, je contemple la silhouette de mes héros ;elles s'agitent dans mes rêves ,comme le font des mirages .J'admire l'allure, la désinvolture, la ferveur de ces êtres qui incarnent la beauté héroïque de la vie ;je voudrais leur ressembler ,je voudrais comme eux devenir un être imaginaire quasi surnaturel; je voudrais laisser une trace lumineuse dans la mémoire des hommes ,car je n'imagine la beauté que sous la  forme d'un poème éclatant tombé du ciel. 








  



                                                     ODYSSEUS



SUITE DU GRAND ROMAN DE MES TRIBULATIONS PHYSIQUES ET PSYCHIQUES EN CE MONDE

(1)




Souvenirs tronqués



La vie laborieuse que je menais vers mes quinze ans dans le tissage où je trimais me paraissait une injustice ,j'aurai aimé ,ne rien faire d'autre que peindre. A cette époque je ne cherchais pas ma voie, je savais que c'était dans la peinture qu'elle se trouvait .C'était mon don pour le dessin qui m'avait fortifié dans cette conviction .Après avoir été refusé à l'école des beaux arts vers mes dix sept ans ,je pensais que ma vie de peintre était foutue .Je m'étais mis à écrire des pièces de théâtre .Vers mes vingt ans en rentrant de mon service militaire; j'écrivais toujours des pièces de théâtre ;c'étaient des pièces de théâtre radicales ,je ne concevais la vie que sous une forme radicale. En même temps, j'apprenais l'art de séduire ,j'écrivais des poèmes pour les jeunes filles que je draguais sur les bals ,je relisais des passages de la vie de Miller; et je m'inventais des vies imaginaires.


 


Mémoire suite


Devenir un héros de la société émancipée; n'est pas chose facile ; se libérer des préjugés de classe est plus difficile qu'on croît .J'étais issu des classes populaires ,et j'avais été élevé dans le respect de l'ordre républicain ;ma mère m'avait transmit une morale sans faille ,je devais faire des efforts gigantesque chaque fois que je devais transgresser la loi .J'étais souvent en lutte contre l'ordre social ,je devais de ce fait me faire violence ,lorsque je transgressais ce dernier. Souvent une grosse et mortifiante pompe à merde me tombait sur la tête lorsque je devais affronter ce que j'appelais -la morale sociale- une pensée hostile m'ordonnait de mettre genoux à terre et de m'aplatir sur le sol . Je me battais contre une puissance étrangère qui avait envahit mon cerveau ;j'avais l'impression qu'on avait déposer en moi une morale anxieuse qui m’interdisait de transgresser la loi (la loi républicaine s’entend ),un ange noir me freinait ,il prenait parfois le visage de ma mère qui était la dépositaire de mon éducation ;j'étais sujet à des tremblements . C'était un dur combat que de lutter contre cet être effrayé qui était pris au piège dans un filet cela m'épuisais. Je devais lutter ,ardemment pour me libérer .Dans les pires moments ;j'étais sujet à des sueurs, à des tremblements à des ralentissements ;je tombais dans un marasme intérieur incompréhensible .Heureusement ,je ne désirais qu'une chose ,c'était de m'affranchir du giron de ma mère qui me tenais toujours à sa merci ;par un effet de nature qui m'échappait .J'avais surtout pour objectif ,d'être un héros de l'émancipation je luttais pour un idéal égalitaire ;j'étais convaincu que je devais en passer par là pour rétablir une justice sociale déficiente ;je devais balayer mes scrupules ;travailler à ma révolution intérieur ;et même si une main invisible me freinait ,je devais l'ignorer ;j'étais vulnérable ,je le savais ;mais j'étais aussi obstiné et persistant ;j'avais érigé en moi pour me protéger de mes propres faiblesses ,un idéal de vie sans concession.



                                         Autres troubles réminiscences


A mes vingt-sept ans, j'étais devenu un aventurier imaginaire ;j'errais dans une ville aux allure de jungle. Je luttais pour garder mon équilibre psychique , mais il était devenu instable .Je me prenais pour un écrivain ,mais je ne parvenais pas à écrire ;j'avais des visions , je voyais une œuvre intemporelle qui s'écrivait dans mes cahiers intimes .J'avais mis à jour une théorie des récits qui contenait les prémices d'une vision poétique destinée à régénérée l'esprit de l'homme occidental qui était tombé dans les abîmes. Mon amour pour les forêts vosgiennes de mon enfance; les souvenirs heureux de mes marches sur les sommets, tous cela me semblait avoir disparu ;c'était un rêve ancien .Mes repères temporels s’étaient effondrés .J'étais en proie à des hallucinations; je vivais dans un songe .Un jour j'ai vu apparaître devant moi au milieu de mes errances une Déesse ;elle m’entraîna sur sa couche ,sa chambre était un squat ;bien qu'elle fût plus jeune que moi ,elle m'initia à l'amour sacré et surtout à un nouvel art de vivre en liaison avec les lois de la nature profonde ;elle se faisait appelé «Désir», elle ne sortait pas seulement d' un songe .Sur ma table le manuscrit -DE LA FOLLE LEGENDE – en témoignait .Ce manuscrit qui était l'équivalent d'un conte initiatique moderne ,je l'avais mis a jour après m'être souvenu que j'avais été le héros de cette rêverie .Bel Astre, mon double imaginaire qui rêvais en caressant le corps de Désir (la déesse) d'ouvrir l'œil pinéal des humains ,avait bien existé ;je me souvenais de lui comme d'un être réel; si sa vie ressemblait à l'équivalent d'un songe ;c'est que j'avais souvent vécu ma vie comme un songe.





 


 



ODYSSEUS



J'ai la sensation que la mémoire me fuit; pour tenter de me rappeler celui que j'étais hier, je m'efforce de relire régulièrement mes Écrits.



Je suis tombé par hasardeuse sur un brouillon (datée de 2001)je tentais de me rappeler celui que j'étais au tout  début de ma rentrée dans la vie active.


Lorsque je me suis révolté contre l'ordre social vers mes quinze-seize ans, j'ai immédiatement compris que le monde était surtout partagé entre le monde des riches et celui des pauvres .Je me rebellais pour accéder à une idée supérieure de l'homme .C'était la morale des lumières qui m'animait .Si mes premières révoltes se sont faites surtout contre l'autorité de ma mère ;c'est surtout grâce à Voltaire qu'elles se sont affirmées ,il incarnait pour moi l'esprit des lumières encore plus que Jean Jacques que je n'avais pas encore lu en entier .J'avais décidé de prendre mon sort en main. Il n'y avait pas d'autre ennemi à combattre que l'injustice .Je devais me consacrer à cette tâche sans défaillir.


 


ODYSSEUS





Mes souvenirs recouvraient  des espaces affectifs. J'apercevais dans mes écrits (mes brouillons) des vérités contestables et je m'étonnais pour certaines de les avoir soutenues ,et pour d'autres de les avoir combattues J'apercevais  mes limites et mes capacités à me juger moi même; et surtout mes limites à engendrer un récit qui puisse représenter dignement l'histoire de ma vie.




 


Un autre morceau de mémoire. 





Un brouillon de 2001:



Lorsque je suis devenu étudiant en théâtre à Paris , c'était grâce à l'intelligentsia de gauche qui avait réussi à créer une université accessible à tous. J'avais trouvé ce prétexte pour m'enfuir de l'usine ou d'après une loi d'éternel remplacement ,j'aurais du devenir dans cette même usine contremaître à la suite de mon père. Je voulais goûter à la vie d'étudiant .J'avais idéalisé cette vie qui m'avait été interdire jusque là .J'avais écris plusieurs pièces de théâtre ;mais je commençais par fléchir ;mon rêve de dramaturge s'affaissait .Je voulais aller me perdre ailleurs .J'étais parti pour Paris ,j'étais devenu étudiant à la fac de Paris VIII; cette fac qui faisait rêver les partisans d'un monde meilleur ne tardait pas à les décourager d'atteindre une émancipation qui ressemblait de plus en plus à une fiction. Après avoir vécu des instants magiques dans ce lieu d'utopie sociale ;j'ai commencé par déchanter .J'étais toujours envahit par des rêves pharaoniques de création ;mais je commençais ,par comprendre que la voie universitaire était un cul de sac. La fac était un lieu d'enfermement ;j'aurais voulu me jeter dans de grands utopies créatrices ,mais une déflagration s'était produit dans ma tête ;née d'une collision avec un astre solaire instable et mes rêves , cette collision avait anéantit les entités divines qui hantaient le cosmos universitaire, ces entités me paraissaient à présent de plus en plus suspectes .Je croyais m'être affranchis de mes limitations en accédant au statut universitaire ;en réalité ,j'étais pris au piège d'un système de reproduction social qui se perpétuait ici comme partout  ailleurs.J'étais désorienté;je marchais en suspension dans le vide ,hier je pensais que j''étais un aventurier,que j'ouvrais une voie; je traînais derrière moi un sillage de lumière;je pensais n'être entravé par rien; j'étais comme envoûte, pris dans un rêve de mutation génial; je m'étais réveillé au centre d'un cyclone .Une nuit j'ai été happé par un monstre. Je me suis  devenu instable psychiquement. Je voyais le ciel qui rayonnait au dessus de moi comme un charbon ardent. Je traversais une faille ;j'ai réalisé que j'étais tombé en dépression; ce qui ne m'étais jamais arrivé auparavant; J'avais oublié que le monde était remplis de péril et que je devais lutter pour m'en protéger.



                                                                   ODYSSEUS

J'avais trop dérivé;;j'allais sur mes trente ; ma muse m'avait abandonné .j'étais aux abois .Une éclaircie se dessina ; lorsque mon propriétaire me proposa de quitter la rue Rochechouart dans le neuvième ,pour habiter dans un appartement situé rue Sauval dans le centre de Paris Pour me sauver de la dépression ,j'écrivais ;je tenais des cahiers qui  décrivaient ma vie pris au milieu des flots.





 

                      LES ARCHIVES D'ODYSSEUS

                         Une relecture de mes cahiers INTIMES écrits dans ces années là.

                                             Ces textes sont extraits de deux cahiers (un cahier orange ,un cahier bariolé) .Tous deux datés de 1981.





                       48 TEXTES PEINTS



J'avais appelé ça des textes peints .-Je voulais me peindre de l'intérieur!-.Les textes peints comportent 48 textes répartis sur deux cahiers; j'en  montre les trente premiers.ici et je place les autre à la fin du livre. J'avais rédigé en 2001,une  introduction à ces  textes.



Celle là.


Il m'est venu plus d'une fois à l'esprit de supprimer ces journaux ,je les trouvaient illisibles ;surtout je les regardaient avec un certain effroi ,car c'était de ma vie qu'ils parlaient ;et j'avais l'impression qu'ils n'en montraient que les côtés sombres .Je peignais ma vie au jour le jour dans ces journaux; c'étaient des textes qui décrivaient la saga de ma vie intérieure ;c'étaient des textes tatoués, par mes états d'âmes .Ces divers écrits qui s'empilaient dans mes archives ,me rappelaient que qu'à une certaine époque ;je continuais à vouloir percer les mystères de ma vie .En la racontant à travers mes journaux je m'exerçais à écrire ;mais surtout je tentais de m'extraire du puit où j'étais tombé. J'avais à la même époque écris tout une suite de poèmes  (Instant, Destins,Tremblements)qui décrivaient mes errances dans cette vie.

12 Décembre 2000 Shanghai 2001.







 



LE PREMIER CAHIER CONTENAIT  TRENTE TEXTES PEINTS


 

-1-Texte peint aux couleurs de l'attente P.3

-2-Texte peint aux couleurs de la dissolution

-3-Texte peint aux couleurs de la résolution

-4-Texte peint avec la matière noire de mes chimères

-5-Suite des chimères

-6-Texte peint dans la couleur du ressassement

-7-Texte peint dans la couleur de mes nuits passées aux messageries

-8-Texte peint avec des couleurs claires

-9-Texte peint avec la couleur de mes rêves d'écriture

-10-Texte peint aux couleurs de mes racines

-11-Texte peint dans la couleur de mes nouvelles résolutions

-12-Texte peint dans la couleur de mes attentes

-13-Texte peint dans la couleur de mes rêves adolescents

-14-Texte peint dans la couleur des Mac.DO

-15-Texte peint à travers ma fatigue

-16-Texte peint dans la couleur du …

-17-Texte peint de mes incertitudes

-18-Texte peint avec la couleur de nouvelles résolutions

-19-Texte peint dans la couleur de mes imprécations

-20-Texte peint dans la couleur de mes délires

-21-Texte peint au réveil avec du plomb ( texte peint à la verticale de moi - même, texte

peint sans grâce)

-22-Texte peint avec les eaux d'une fontaine ou se baignaient quelquefois mes nuits pleines

de Tristesse

-23-Texte peint avec des riens

-24-Suite du texte peint avec des riens

-25-Texte peint dans le feu de ma vindicte

-26-Peint avec mes défauts

-27-Texte peint comme on peint un tableau

-28-Texte peint avec la couleur de la désespérance

-29-Texte peint contre moi

-30-Texte peint comme on dit…avec une très légère emphase



LE DEUXIEME CAHIER EN CONTENAIT DIX HUIT (Que je ne montrerai pas ici).



 























 










 




(1)PREMIER TEXTE  PEINT (Sans date).AUX COULEURS DE L'ATTENTE



Je désirais réajuster ce lieu à mes passions, et lui redonner la possibilité d'être plus autonome, car je pensais y attirer des femmes pour les subjuguer. Je dis cela, avec un peu d'ironie, car je ne suis pas certain d'arriver à mes fins avec la dose de légèreté que requiert ce genre d'opération. J'ai décidé aussi d'abandonner certaines rigidités de conduites liées à mes fantasmes de création., j'ai envie de changement .Il me semble avoir perdu les semaines passées beaucoup trop de temps dans des opérations " De survie économique ". J'ai de nouveau envie de vivre selon un rythme impulsé par mes désirs profonds, (théâtre peinture ,écriture)leur donner plus d'envergure ,ne plus être à l'aguet ; j'envisage même de me débarrasser de ce fil encombrant qu'est devenu ma thèse.





(2) TEXTE PEINT AUX COULEUR DE LA DISSOLUTION

Point mort.

Lacune,(Impression que le relief du monde disparaît ).Mon cœur gît là.

Solitude, tristesse .Il n'y a rien à montrer.

Pas de public pas de lecteur, juste un homme aux abois.

Il se lève, s'active inutilement ,il s'escrime avec ses pinceaux,(car il se dit peintre) et pour finir il se retrouve devant des mondes hostiles et inquiets .




TEXTE PEINT AUX COULEURS DE MA RESOLUTION

Mardi…



Je me lève à 19H

J'ai dormis deux heures cet après midi. J'hésite à attaquer ou liquider ma thèse  sur Brech.Artaud (Au titre encore provisoire) qui me pose des problèmes .

MA PEINTURE

Je continue une petite série de peintures sur journaux, je les enduis de vernis à vieillir ( opération dangereuse ) pour le papier. De toute manière cela donne des choses moyennes .Si l'acte de peindre ne se rattache pas à un mouvement intérieur, il devient fragile.

MA VIE

J'ai trop de projections, trop d'images dans la tête .Je me dit pour me rassurer -Il faut aimer les hommes c'est la seule chose qui compte!-; je ne les aiment pas encore assez !.Je veux avoir des vues plus claires sur mon destin. Pour l'instant je n'ai rien à offrir ; je panique sur l'avenir, je cherche à entreprendre des chose utopiques .J'aimerais capter l'harmonie des choses. M'accorder avec moi même se serais bien !. c'est ça ma résolution du jour, m'accorder avec moi même!.




(4) TEXTE PEINT AVEC LA  MATIERE NOIRE DES CHIMERES

Les orages sont dans ma tête; absurde cette guerre des mondes intérieurs? Je n'ai pas réussi à régler mes vieux conflits, ils demeurent en moi à l'état brut; ils étaient demeurés tapis dans un recoin d'espace; ils n'attendaient que l'instant favorable pour resurgir propulsés par je ne sais quoi!?Ils ressortent .ils reviennent me défier. Leur donner du champs serait nécessaire pour qu'ils puissent me lâcher ,mais ils prolifèrent ,forment à présent des ilots de misère.





 (5)SUITE DES CHIMERES

Je dois opérer des choix silencieux; me défaire de mes folies .La vie est si tranquille ce matin que je m'étonnes.



 

(6)

TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DU RESSASSEMENT

20.2.81.

J'ai dressé ,de multiples projets ( théâtre, peinture, et écriture) , j'ai engagé des coureurs pour courir après mes chimères .Ce sont des coureurs fous avides d'en découdre ,certains rêvent de consécration ;je les entends discuter entre eux ;ils s'énervent et critiquent les standards de la compétion .Ais je bien fait d'engager ces monstres?





(7) TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DE MES NUITS PASSEES AUX MESSAGERIES

Lundi 14H10.



Réveil embrumé, cela me rappelle l'époque ou je trimais en usine dans les Vosges ; même impression au réveil. J'aimais le travail de nuit (il me rendait heureux à cause que j'avais l'impression de vivre dans un monde parallèle) .Même lourdeur des membres et fatigue ce matin ;j'avais à ma sortie du travail des impressions anciennes qui me revenaient en mémoire. ;c'était normal ,j'avais côtoyé durant la nuit ;la faune laborieuse qui travaille aux messageries;

J'avais en tête au réveil l'image de A…ce grand Tunisien à la veste à carreaux rouges et noirs,(il a toujours son éternel bonnet sur le crâne),C'est lui qui ma guidé la première fois pour aller à Bobigny lors de ma première tournée. Il y a une eu connivence entre nous A...me rappelle un ami H…. qui bossait dans mon ancienne usine ;il ma mis en garde ,contre ,les fayots les lèches cul, les petits chefs . A…est un être sensible ,il est gentils ,mais il peut péter les plombs ;il n'en fait qu'à sa tête…c'est pour ça que je l'apprécie.




(8) TEXTE PEINT AVEC DES COULEURS CLAIRES



J'aimerais pouvoir mieux raconter les histoires . Mais pour écrire en romancier ,je ne suis pas encore au point;j'aimerais écrire comme Aragon dans le paysan de Paris ;mais je n'y arriverai pas .J'aime les romans populaires.de K... surtout son roman Memed le mince. J'aime des romans qui décrivent la peine la dureté la révolte la solidarité les bassesses des hommes ;j'aime les romans populaires très crus ;cela m'émeut de contempler la vie de l'homme qui aime et qui souffre en milieu hostile .Après avoir été trop longtemps idéaliste, je commence par m'intéresser à la vraie nature de l'homme ;je m'intéresse à sa nature brute...souvent ,je complique trop les choses.


 


(9) TEXTE PEINT AVEC LA COULEUR DE MES REVES D'ECRITURE



J'aimerais accorder plus d'importance à tous ces personnages qui courent à travers mes nuits aux messageries .Je dois - m'exercer à écrire sur le vif- .Ambiguïté sociale; culturelle, ambiguïté temporelle et spatiale, ambiguïté spirituelle de ma vie ,je suis peintre sans l'être ,écrivain sans l'être,(je n'écris que des journaux).Je ne me sent presque plus dramaturge ;j'écris une thèse qui m'ennuie.





(10) TEXTE PEINT AUX COULEURS DE MES RACINES

Mercredi 26 Discothèque Beaubourg.

Ambiance éclectique des gens déplacent des postes vidéo ( un collier musical autour du cou).*

Je viens à l'instant de contempler un reportage sur la fête dans le Languedoc, cela donne envie d'y être, de faire la fête avec eux; . Nous vivons en des temps ou la mémoire se perd. Quand les racines culturelles d'un peuple s'épuisent, c'est qu'il est devenu temps pour lui de renouer avec son histoire, et retrouver de nouveaux motifs d'affirmation. Je ne suis pas pour le nationalisme, je considère seulement que la survie d'un individu comme celle d'un peuple passe par la reconnaissance d'une identité culturelle collective ( ce qui est à la base des racines de chacun)  et que sans elle ( à moins de s'affirmer à travers une identité culturelle de substitut) chacun peuple et individu est en passe de "périr". Dans ce périssement, il se fera peut être une renaissance ( mais rarement) le plus souvent l'assimilation se fera au profit d'autres types de valeurs culturelles parfois si éloignées de celles qu'on trouvait à l'origine, que celui qui se fera assimiler risquera fort de perdre " sa véritable identité" son identité propre; cela se fera au profit d'un double culturel qui créera en lui une -identité double ,mais artificielle-; artificielle si cette derrière est trop éloignée du vécu véritable. L’identité doit se construire aux sources du vécu, sinon l’homme chute.




( 11) TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DE MES NOUVELLES RESOLUTIONS

Dimanche 29.

Soleil sur Paris.

Je me lève à 13heure.

J'ai fais hier soir la tournée "des amis ",je suis passé chez M.. qui s'apprêtait à fêter ses trente ans, il y avait X… et C….*nous avons bu du champagne et plaisanté, je suis remonté ensuite jusque chez C.. qui n'est pas rentrée d'Italie; seule OL.. se trouvait la . Je suis allé plus loin, chez So... et A.; j'ai passé la soirée la bas, avec A.. et sa sœur, puis avec des amis qui sont passé ;nous avons discuté..

JE ME TROUVE A UN POINT DE STATIONNEMENT , LE TRAVAIL NOCTURNE AU VOLANT DE MES J 7 SUCCESSIFS ABSORBE DE PLUS EN PLUS MON TEMPS , JE CONSACRE DE MOINS EN MOINS D'ENERGIE A MES PROJETS ARTISTIQUES DIVERS.

Je suis retourné pour la première fois aux séminaires de V.. sur les DEA et Doctorats; je n'avais dormi que trois heures; tout cela s'est passé comme dans un rêve. Je me suis contenté de m'apercevoir que mon travail sur la thèse en était resté" A un stade primaire"( comparé au travail de certains) . Je suis venu chercher ici les points d'appuis pour me relancer ;je vais devoir fournir beaucoup d'efforts si je veux m'aligner et présenter un travail correct en temps voulu!. Je vais repenser à une ligne de travail. Je dois combler certaines déficiences, et certains retards; je peu tenter ( pour m'aider) d'utiliser comme support analytique pour mon étude sur les dérive théâtrales le travail de M… P ... sur ce qu'il appelle " La Transculture" .Adopter un rythme de travail régulier, méthodique. Ce serais dommage d'arrêter si prés de la ligne d'arrivée. Mais je suis aussi conscient de mes failles .J'aimerais me relancer dans l'écriture; mais pour cela je dois consolider ma base " littéraire" qui est déficiente .



(12)  TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DE MES ATTENTES

Lundi 1er mars



Après " une étreinte" provoquée par la lecture de très beaux contes arabes, je donne ( pour me justifier) quelques lignes dans ce cahier ( pour justifier mes journées) ou il ne se passe rien ( façon naturellement de parler, car si on y regarde de plus prés il se passe toujours quelque chose). Après cette éclaboussure de sommeil que les nuits provoquent je cherche à m'éveiller ,je suis perdu dans ces nuits blanches trouées de travail- ( j'ai écris cette phrase  comme dans un rêve , comme si c'était de l'écriture automatique).J'ai fais une nouvelle escapade à Beaubourg cet après midi, je voulais me replonger dans l'étude sur B…et A…..*je m'aperçois que c'est plus difficile que prévu; je dois me fouetter, ranimer mon intérêt pour ce travail ( efforcer d'éveiller mon esprit) en vue d'une approche critique ( qui me fait défaut).J'ai acheté en sortant du resto .U. rue Mazet … trois bouquins , entre autre un sur Gauguin, car Gauguin m'attire à présent , sa vie, ses voyages, ses toiles. Écrire une histoire de Gauguin pour le théâtre me tenterais, mais comme j'ai déjà engagé de multiples projets sans les poursuivrent résolument et  le plus souvent sans asseoir leurs bases, je me demande si ce coup de foudre pour Gauguin n'est pas qu'une passade. Projet aussi d'une pièce à l'aide d'un titre ( pour stimuler son envol) …J'irai pleurer autour du Gange…contenu encore imprécis, mais il porte mon désir de renouer avec l'écriture théâtrale ;j'aimerais ,qu'une inspiration radicale me pousse à écrire…d'une façon surnaturelle.




(13) TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DE MES RËVES  ADOLESCENT

Mercredi



Il y a un temps ou je découvrais " le plaisir et la réjouissance qu'il y a à être seul"; je découvrais en même temps ,la réjouissance d'écrire (c'était beaucoup en imagination) .Une écriture de rêve m'envahissait ;elle était accolée à certains états intérieurs .Les mots qui servent à d'écrire les émotions ,ne me fuyaient pas comme aujourd'hui .Le temps pur de l'écriture ,n'était pas entravé ; ce temps imaginaire; c'était un temps d'innocence; un temps béni; il me rendait heureux ;une sorte de mystique intérieure me saisissait ;cela provenait de l'illusion (littéraire) que mon regard ,posait sur les choses ;j'étais reconnaissant à la vie de m'offrir ces joies. Dans mon adolescence ;mes écritures imaginaires ,devenaient ,avec d'autres écritures (Celle de Rousseau, ou de Chateaubriand par exemple ) des moments de bonheur authentiques ;j'étais transporté dans un siècle idéal .Je me laissais bercée par mes étreintes ;heureux d'être en harmonie avec moi . Mes marches sur le flanc de la montagne ,faisaient partie de ma vie romantisme ;ces promenades chargées de grandes espérances me portaient à croire à une forme d'éternité .C'est grâce à ces souvenirs anciens que j'ai voulu devenir écrivain .Aujourd'hui ,j'étais un peu perdu ; l'écriture royale intérieur ;que j'avais capté dans mon adolescence ;ne retrouvait plus sa place en moi ;j'aurais aimé la retrouver (malgré la différence d'âge).A présent j'avais trente ans (hier, j'en avais dix sept); je m'efforçais de croire que j'avais des courses importantes à réaliser. Mes passions, mes étreintes, me poussaient vers ailleurs; des chimères me portaient ; J'étais le guerrier des songes parti à la conquête de la vie ,j'avais des rêves fumeux ;des rêves incompréhensibles - Des rêves de dépassement et de gloire – Ces rêves me saoulaient -.



(14)  TEXTE PEINT DE LA COULEUR DES MAC DO.



Je suis allé mangé dans un Mac Donald ; cela m'arrive rarement, puisque j'ai rarement du fric. J'éprouve une sensation de dépaysement lorsque j'y mange. C'est comme si j'avais l'impression d'être un autre ;au Mac Do j'existe comme un être abstrait ; les femmes peuvent me regarder à travers les glaces ;je peu , les contempler sans qu'elles me voit .Il n'y a pas comme dans le métro ce rétrécissement de l'espace ; qui m'invite à regarder l'autre " de biais" à la dérobée. Dans le Mac Do, je suis un autre, je fais partie de cette culture d'avant garde que nous as envoyée l'Amérique pour donner l'impression à l'homme de la rue qu'il est comme tout le monde et qu'il appartient à tout le monde.





( 15)  TEXTE PEINT A TRAVERS MA FATIGUE



Je suis sous le coup d'une fatigue qui me double en permanence ;j'aimerais savoir d'où vient cette sensation de glissement qui s'opère en moi ;c'est depuis que je travail "en nocturne aux messageries" que cette sensation me poursuit . J'aimerais m'abstraire de cette fatigue ,je n'y arrive pas. Sans doute ,que j'accordes trop d'importance à mes ( sublimes) états intérieurs.




( 16)TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DU...

Dimanche 15 .3.81.

Le printemps s'éveille, je le sens au remue ménage que commencent par faire les oiseaux sous mes  fenêtres . Le printemps est toujours une renaissance; une nouvelle sève monte dans l'arbre, et c'est à nouveau le bourgeonnement. Des odeurs de campagne viennent me chatouiller les narines .c'est tant mieux, car j'en avais mare de cet hiver froid et pourri.




( 17)  TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DE MES INCERTITUDES


Mes rêves d'écriture m'obsèdent et me fuient. Je suis attiré par la fable l'épopée et le conte . Si l'épopée la fable les types de narration populaire me captivent; c'est que je sens qu'il est possible à travers la fable et l'épopée de renouer avec une tradition de parole vraie .J'ai beaucoup de chemin à faire avant d'être en état de pouvoir écrire vrai. Quelle fable? Quel roman inventer ?Ou à réinventer ?Je pourrai puiser dans mes journaux pour écrire demain une œuvre hypothétique ;c'est ma seule consolation..





( 18)  TEXTE PEINT AVEC LA COULEUR DE NOUVELLES RESOLUTIONS

1 Avril 81

Au moins 7 à 8 cahiers, à côté de moi; l'UN sur INSTANTS L'AUTRE SUR DESTINS, un autre sur MES PEINTURES .

Je veux trop saisir à la fois;je me dis ( que ce n'est pas possible d'être aussi touche à tout),il  doit (il devrait )sortir quelque chose de tout ça un jour ou l'autre il parait.Je suis libre pour quelques mois, ( deux ou trois). J'aimerais consacrer mon temps à cette étude sur B..A...mais à côté la peinture me talonne…ce que je produis en peinture est trop fugitif .Ces signes japonais pendus dans mon espace ( le début sans doute de quelque chose) sont trop fugitifs et rapides . Je dois me donner le temps de sentir davantage ;sinon je ne fais rien de bon. J'ai vu une expo cet après midi A… et C…* deux peintres de référence. J'aimerais me recentrer au niveau pictural .

  • Pour peindre, je dois me placer davantage en dehors du temps-.





( 19)  TEXTE PEINT AVEC LA COULEUR DE MES IMPRECATIONS

Mars le 4

 

A travers l'écriture, est ce bien moi qui parle? Ou bien simplement c'est l'écriture qui parle ? Le centre de gravité de mon être est "d'une solitude totale " ;l'écriture me tire ,elle me prend ,elle m'emporte dans un espace immense. Cette écriture ne veut pas m'affranchir ;elle me jette dans un mouvement perpétuel. Je cherche un corps d'écriture nouveau ou je puisse me réfugier ,sans tomber dans l'angoisse ;un corps d'écriture - ou l'esprit et les sens se marient avec résolution ,sans jamais faillir ni fléchir. J'aimerais sortir de l'homme que j'aurais voulu être et devenir - celui que je suis réellement-.







(20)  TEXTE PEINT DANS LA COULEUR DE MES DELIRES


Un livre de possession m'est apparu , Lis moi s'il te plait! .Un homme me tendit quelques feuillets Dis moi ,si tu te reconnais dans cette vision de monde ;elle est celle que j'ai aperçu lors de tes enchantements et déroutes en ce monde .J'ai pris; le manuscrit ;sur la première page on pouvait lire.





 HOMMAGE A DANTE

LE MANUSCRIT DE LA DIVINE COMEDIE DES MONDES PRESENTS.SPECTACLE PERMANENT.


Le lieu qui accueillera le spectacle aura la forme d’une sphère lumineuse .Il reproduira l'excitation mentale vécue  par Dante  au milieu de son époque devenue la nôtre.


On voit apparaitre  sur scène un  immense écran





SUR L'ECRAN DES VISIONS DEFILENT.


 

Buildings, avions ,trains, volcans , arbres immenses, animaux , foules gros plans de visages et de ruines, gros plans de ciels et de lumières extraordinaires , gros plans de tempêtes et de terres sans fin, gros plan de ciels et d’horizons sans fin gros plan d’eau aux horizons sans fin. Gros plans de volcans,etc...

Sur un un deuxième écran on voit apparaitre le double virtuel du poète. Symbolisé par des signes de couleur abstraits.



Sur le premier écran on voit le poète qui descend dans les enfers de la société présente.ON LE VOIR  MARCHER LA TETE CEINT D'UNE COURONNE  DE LAURIER .(Les images  qui défilent sur l'écran représentent les états psychique du poète au moments de sa descente dans les gouffres intérieurs de la société).



Sur un troisième écran immense.



MELANGE DE TEXTES POETIQUES MODERNES ET ARCHAIQUES.(Sur fond sonore )UNE VISION DES MONDES INTERIEURS DU POETE MATERIALISEE PAR DES IMAGES FRACTALES DE MANUSCRITS ET PAR DES VISIONS COSMIQUES DE LA TERRE ET DES ASTRES.(Traversée de précipices de plages de paysages de neige et de déserts).Images de mars.



Sur le deuxième écran 

Apparaît: Le corps nu et tatoué du poète. Avec une suite d'images de lui sous forme démultipliées ,hommes ,femmes ,déesses et des êtres travestis accompagnés par   une faune extraterrestre à la fois animale et végétale; vues   avec des vues de volcans en éruption et d'océans ,remplis d'espèces mutantes. SUR TOUS LES ECRANS  S’INSCRIVENT ( en clignotant)  DE GRANDES LETTRES LUMINEUSES.



- LA DIVINE COMEDIE DES MONDES PRESENTS EST DEVANT VOUS APPRETEZ VOUS A L’EXTASE.-

Des danseurs et danseuses surgissent sous la sphère lumineuse ;il exécutent des danses   inconnues .

Sur un autre écran lumineux on voit défiler ces lettres:

POETE SURGISSANT AUX PIEDS DE LA VISION DU MONDE



Le poète apparait sur la scène principale sous la forme d'un être minuscule perdu dans l'espace cosmique , il est entouré par des lumières  laser.



SUR D'IMMENSES LETTRE SCINTILLANTES ON PEU LIRE CETTE AUTRE INSCRIPTION

DANTE RESSUSCITE

Des poèmes écrits dans une langue inconnue apparaissent simultanément sur plusieurs écrans  

Chants Grégoriens.



Sur un nouvel  écran lumineux on voit défiler ces lettres:

CECI EST UNE  FRESQUE NOUVELLE POUR UN MONDE NOUVEAU



CHANTS GREGORIENS

NUIT

(Plongeons dans les abîmes)



                                    FIN


 



( 21)  TEXTE PEINT AU REVEIL avec du plomb

 (TEXTE PEINT A LA VERTICALE DE MOI MEME TEXTE  PEINT PRESQUE SANS GRÂCE).

 

Le 9.4.81.

 

Réveil tardif, je m'étais promis de me lever tôt . Je tente de retravailler sur cette étude; je me contente pour ainsi dire de prendre des notes ;mes capacités de concentration sont limitées .J'ai relu ma pièce sur Dante. JE ME FAIS L'EFFET D'ETRE AVEUGLE Ma vie est encore trop ordinaire, trop empreinte de  banalités.



( 22)  TEXTE PEINT AVEC LES EAUX D'UNE FONTAINE OU SE BAIGNAIENT QUELQUEFOIS MES NUITS  PLEINES DE TRISTESSE.


 

UN RECIT INACHEVE.



Mes nuits sont jalonnées de rencontres Il y a eut cette rencontre avec Aurélie, Aurélie est une femme aux mille visages; je l'ai rencontrée la première fois alors que je déambulais en compagnie de cet acteur perdu qui avait pris les traits et le corps de Balzac. Aurélie était perdue (tout comme je l'étais à cet instant );une élégance profonde s'échappait de son être ;elle avait une beauté intrigante qui semblait provenir d'une époque ancienne. Elle était perdue dans les fossés noirs de son être ;elle était tourmenté ;elle était à la recherche d'une sorte de lumière c'est pourquoi elle fut happé par le regard de Balzac. Balzac était à l'affût d'une proie .Aurélie était la proie providentielle. Aurélie cherchait une main qui puisse la tirer du trou ou elle se sentais glisser elle était à la recherche d'une main qui puisse tirer son âme ailleurs ;en voyant Balzac elle vit qu'il portait une auréole de mystère ,ou dansaient des lumières Aurélie qui avait le sens du sublime ;cru voir en Balzac la réincarnation d'une beauté qu'elle avait connue jadis ,dans une vie antérieure .Si elle céda si vite aux charme de Balzac ;c'est qu'elle ne vit pas en lui l'être dégénéré que j'avais vu quelques instants auparavant .Aurélie était atteinte de cécité encore plus moi. J'avais senti instinctivement en me promenant avec lui dans le forum des halles que Balzac n'était rien qu'un " cave". L'acteur qui s'agitait en lui ne servait qu'à dissimuler un être faible; il était comme un enfant qui désirait assouvir un désir; il était près à se livrer à toutes sortes de manigances pour asseoir son pouvoir sur tous ceux qui tombaient sous son charme ;il voulait s'emparer d'Aurélie ,il avait décidé qu'elle deviendrait son jouet. J'avais été séduit par Balzac par sa prestance ;son allure souveraine m'intriguait ; j'avais vu en lui un artiste de talent ;je ne m'attendais pas à trouver derrière ce superbe acteur un si grand tas de misère humaine.

A suivre




( 23)  TEXTES PEINTS AVEC DES RIENS



Je peu écrire certains passages qui me satisferont momentanément, mais le plus difficile c'est de tenir sur la longueur. Je manque d'entraînement sur les longues distances; l'écriture liée au journal ne se prête pas à de grandes narrations .Je vois circuler des images en moi, je les laissent partir trop vite .C'est que cherche surtout à capter mes "états intérieurs" et l'écriture qui s'associe à ces état ,n'a pas pour objet de montrer mes capacités à écrire ;montrer un "Etat intérieur"; c'est surtout faire voir une couleur. PEINDRE AVEC DES MOTS C'EST MONTRER DES COULEURS . Écrire c'est un COMBAT; c'est celui d'un lutteur qui donne des coups et en reçois ;dans tout cela ,il est toujours question de l'existence ,"l'écriture est un combat pour l'existence".




Lendemain 12H

(24)  SUITE DU TEXTE PEINT AVEC DES RIENS

Parfois j'ai l'envie psychique de peindre; mais c'est une envie impulsive; impulsive comme les jaillissements D'UN CORPS COMPRIME EN LUI MËME QUI A BESOIN DE JAILLIR A L'EXTERIEUR COMME UN JEYSER; mon corps comprimé dans une coque translucide cherche la lumière; mon corps est un laboratoire de rêves.je voudrais " naître homme". Cette opération ne m'apparaît pas encore clairement; je sais seulement que ,c'est dans cette direction que je me dirige."Naître homme".



LA PREMIERE NAVETTE SPATIALE VIENT DE DECOLLER SUR  LES PLAGES DE LA FLORIDE.

UN NOUVEL ETRE HUMAINE A JAILLI DANS L'UNIVERS.




( 25)  TEXTE PEINT DANS LE FEU DE MA VINDICTE




EXORCISME


Je viens de me faire voler 1000F. J'ai de grandes idées sur le coupable. J'ai forcément dû l'héberger ,car il n'y a aucune effraction.




( 26)PEINT AVEC MES DEFAUTS.


Je viens de rencontrer mes voisins dans l'escalier; Mes voisins ont l'âge de mes parents; ils me renvoient à l'image de ce que je suis (un fils prodige). En m'identifiant à un artiste créateur je suis devenu un être imaginaire ;mes fantasmes de création ont laissés tombé en moi de grandes ambitions ;c'est pourquoi il m'arrive de temps en temps ne plus savoir distinguer ce qui est le plus précieux ;l'amour de mes parents ou celui de mes chimères.




( 27)  TEXTES PEINTS COMME ON PEINT UN TABLEAU


Le 13.4.81

J'ai aperçu deux expos en passant prés du forum des halles. L'une ma surprise, à cause de l'univers qu'elle dégage; c'était plein de petits bonhommes blanc qui semblaient sorti d'un album pour enfants tristes. Ces personnages n'ont pas de vie propre, c'est la couleur qu'ils portent sur eux,qui les fait vivre .Tous les personnages sont construits de la même manière ;à la manière d'un jeu de construction pour aveugles ( masques blanc, mains blanches).Chaque scène est la préfiguration d'une autre scène qui peut la suivre ou bien la précéder; pas de roman dans ces scènes ;ce qui retient mon attention c'est le côté" stéréotypé de la vision" comme si le peintre ne peignait pas la vie, mais son absence; il montre les contours de la vie;il montre une chose sans doute paradoxale ( à notre époque qui fait semblant d'admirer l'inverse) c'est que le décor à plus d'importance que l'homme . L'homme ici est devenu un objet singulier aux dimensions d'une toile, de tout petit format. 

La seconde exposition qui avait lieu dans la même galerie ( une galerie - marginale- ) ma beaucoup attirée, car elle participe de ma propre sensibilité. Ces sont des dessins à l'encre de chine ( technique bout de bois je crois) très graphiques, comme des instantanés photographiques , des éléments de la vie pris sur le vif et isolés dans un espace qui les met en relief.Il y a cette voiture qui passe ( la vitesse et le mouvement sont saisis par le peintre qui en saisit l'instantané) devant cette voiture un homme pousse une charrette. La juxtaposition de ces deux mouvements renvoie immédiatement à l'espace environnant, il fait sentir l'âge ou nous vivons mieux que n'importe qu'elle photographie ne le ferait; car il nous suggère le mouvement et nous oblige à prendre conscience ( pour un temps très bref mais suffisant ) de cette simultanéité des espaces qui s'affrontent et qui sont présents  autour de nous. Il y a l'automobiliste et l'homme à la charrette ( Il y a aussi le rapport à l'espace que nous ne voyons pas, il y a encore quelque part en Afrique en Asie ou en Amérique du sud un homme qui marche  avec une charrette). De même, il y a le balayeur, et l'espace vierge qui demeure devant lui ( espace qui ma induit en confusion, il ma fait prendre ( un instant)le balayeur pour un colleur d'affiche.) il y a ces espaces plein, brisés par des lignes verticales ( qui sont en fait des portières de voiture laissées ouvertes) prés des piétons. Le peintre ici nous fait sentir cette simultanéité d'espace et rend compte du mouvement qui en est à l'origine; c'est sans doute ce qui constitue l'originalité de sa vision qui est d'ordre perceptive et non illustrative, comme celle du peintre précédent. Il y a le joueur de basket ou un éclat de lavis sur la feuille crée la perception du mouvement, ou une simple ombre celle du ballon projeté dans les airs crée la sensation d'un " présence". Il y a aussi cette ultime petite chose qui représente  un homme tirant une charrette, un homme en train de traverser un pont; c'est à celle ci que vont mes préférences, malgré l'attirance que j'ai pour les autres; car cet homme  m'a semblé représenter " le voyageur qui traverse le temps" il m'a fait penser à un des personnage de cent ans de solitude ( le fondateur du village) ce personnage extraordinaire (qui vit en dehors du temps) qui ne suit que son idéal, et qui le poursuit en dehors de ce qui se passe autour de lui. Il ma semblé sortir de l'Amérique latine et traverser un pont en Europe, en tirant sa charrette comme si tout ce mouvement autour de lui n'existait pas, comme si la sagesse qu'il portait en lui, suffisait à son propre univers cette sagesse ( qui provenait d'ailleurs) il l'avait  peut être transporté avec lui sur une simple charrette comme celle là ( n'est ce pas le comble pour la sagesse ( cette reine fière )  d'être transporté sur une vulgaire charrette).




 

( 28)  TEXTE PEINT AVEC LA COULEUR DE LA DESESPERANCE



Lassitude, lassitude avec deux T ou un seul T, avec un seul je crois !.Une grande fatigue du corps et de l'esprit me saisi parfois. J'éprouve d'étranges sensations de vertige .Mon corps se dérobe .Survient le doute sur mes capacité réelles " à être artiste" ( Je ne produit rien!) .La fatigue du corps déteint sur mon psychisme ,je ne fais rien qui vaille ,je deviens comme du coton ou de la fumée. Qui suis je ,au delà ,de toutes ces pensées qui m'affolent ?






( 29)  TEXTE PEINT CONTRE MOI (Mardi 28.4.81).


Je suis rentré des Vosges depuis Dimanche soir, avec une crève pas possible. Et la voici qui continue. Je suis resté couché toute la journée d'hier à lire la descente aux enfers de Dante ( fortes sensations contradictoires). Je suis encore fragile sur le plan physique. Mon séjour dans les Vosges sans doute a été bénéfique, mais un écart se creuse entre ma vie à Paris et la vie là bas. J'ai pu m'en apercevoir , car je décelais en moi des troubles de comportement lorsque que je me retrouvais en présence d'amis. C'est comme si la distance jouant, je m'étais enfermé dans une nouvelle manière d'être et de vivre ( ma façon de vivre à Paris, est différente).Mes préoccupations trop "Intellectuelles "mon goût ( pour l'aventure existentielle qu'est la vie ) ,se heurtent à la façon de voir " Des gens simple aux idées terre à terre ;dont certains sont mes amis ". Je m'oblige à reconsidérer mes façons de voir et de penser grâce à eux .Il faut revoir l'existence humaine d'un autre point de vue .chaque fois qu'on remonte une pente ancienne.







( 30)  TEXTE PEINT AVEC  COMME ON DIT… UNE TRES LEGERE EMPHASE

 

Mercredi.

Notes incessantes, notes répétées, moins comme  une litanie que comme un désir forcené de clarté. Je voudrais sortir de l'errance, (et me mettre au travail). Ma table est pleine ;il me faut lester ce qui m'empêche d'avancer. Mes territoires sont pleins de champs en friche .Il règne sur ceux ci ,une grande anarchie; Je dois faire un grand effort pour mieux administrer mes domaines. Il est légitime de vouloir exercer le pouvoir sur sont propre territoire ; encore faut il savoir ou il se trouve.! .Le mien est très vaste ;parfois je m'y perd! .User de mes pouvoirs ,c'est bien ;mais je dois surtout cohabiter avec ses habitants ;anges démons ,canailles et forçats, se disputent le miens ;le lâche, l'intrépide, l'incontinent , et l'amoureux se le dispute ;toute l'humanité s'affaire dans mon domaine.je suis un roi borgnes ,qui règne sur un empire abstrait ;mon roi et aveugles ;il confond souvent l'ombre et la lumière ;le vrai et le faux ;l'ami et l'ennemi, le précipice avec les étendues radieuses .Ce roi malheureux  se  jette souvent dans le noir ,d'où je voudrais m'extraire.



                                    FIN DU CAHIER ORANGE







LA DEUXIEME PARTIE DES TEXTES PEINT EST  VISIBLE EN FIN DE LIVRE. 








ODYSSEUS




Ma vie d’avant était un roman mirobolant.



À la sortie de l'armée lorsque je trimais encore dans mon tissage, j'avais déjà commencé à m'injecter dans les veines des poèmes radicaux tirés de mes lectures du moment. J'accédais à des figures sublimes que j'allais pêcher dans les livres de l'industrie culturelle contestataire, qui était en pleine expansion après soixante-huit. Je voulais ma part de butin. Je rêvais secrètement d'horizons plus vastes, de mers immenses. Je rêvais d'être emporté par des vents tumultueux , je voulais muter. J'étais pari à la recherche d'une nouvelle liberté; j'aspirais à une nouvelle conscience . Je voulais devenir comme les héros que j'admirais ,écrivains ,peintres ,cinéastes et poètes. Je voulais devenir un grand voyageur, un être déjanté, un être fou ;un être beau , un être métaphysique ;un être inspiré par l'esprit de dépassement; je rêvais d'être un athlète spirituel, l’antithèse d'une être normal. Je suivais un être imaginaire à la trace ;il s'appelait Odysseus ; mais c'était trop tôt ;je ne pouvais encore  pas savoir que c'était lui.

 


                LES ARCHIVES D'ODYSSEUS (suite)


Après avoir mis à jour les textes peints ,j'avais mis à jour une poétique .Dix années environ s'étaient écoulées ,depuis que j'étais parti de mon pays natal. J'avais vécu une vie un peu où presque  irréelle d'étudiant en théâtre à Paname ;puis j'étais tombé dans un gouffre ;de ce gouffre (d'où je cherchais à m'extraire) ,j'avais tiré parti .Je voulais sublimer mes défaites ,rendre mon âme plus brillante ,j'avais plongé dans les arcanes de la langue ,je voulais renaître ,et me racheter à travers la poésie.



                                             ODYSSEUS



                              EXTRAITS POETIQUES



                                       INSTANTS

                                 ECRITS EPIPHANIQUES DES ANNEES 80

                                 ECRITS DANS UNE LANGUE INCERTAINE

ELEGIES - STANCES SUIVI DE DESTINS TEXTES DES ANNEES 80 REORDONNES DANS LES ANNEES 2000.

EXTRAITS RECOMPOSES . Un cahier bleu à la couverture déchirée









PREFACE (Réactualisée dans les années 2000)

Tous les éléments de la quête poétique ( que j'ai entrepris dans les années 80) sont des échecs, les textes sont la plupart inaboutis, fragmentaires  parfois maladroits, du peu qu'il en reste j'ai extrais ce que  j'en donne à lire. On peu toutefois voyager ( dans une limite restreinte) en s'abandonnant à  la lecture de ces textes, et peut être même pourra t'on y trouver un léger intérêt si  on parvient à s'imaginer que celui qui les a écrit se considérait comme un infirme de l'écriture. Les infirmités qu'il se prêtent ne sont pas toutes visibles, car j'ai fais disparaître beaucoup d'entre elles. Celui qui écrivait à cette époque avait de la peine à écrire; dire pour autant que c'était un mauvais poète ( pire un poète raté, cela à bien peu de sens ( pour lui) car celui qui écrivait à cette époque était bien (pire) (pire que tout ce qu'on imagine "dans l'ordre (où le désordre) caché du monde "qui puisse donner raison à ceux qui pensent que c'est perdre son temps de toute façon que de courir après des profondeurs cachées à l'intérieur de nous, qu'elles nous échapperons toujours)- Cet homme était encore bien pire; "c'était un homme  en lutte acharné contre lui même "( il n'en existe pas de plus fragiles) il écrivait le plus souvent uniquement pour survivre ( intérieurement) même s'il avait toutes les peines du monde à  dire les choses) L'écriture  (sa damnation ) se jouait de lui comme il se jouait d'elle; ce qu'il recherchait  était probablement au delà de toute poésie; il s'imaginait que son sort était scellé à l'écriture et qu'il n'en sortirait jamais, car l'écriture ,l'avait abandonnée ,elle lui échappait, (en dépits des efforts qu'il faisait pour la conquérir ). Certains de ses textes portent toujours la marque de ces ratures ( malgré toutes les tentatives que j'ai fais pour en lisser la forme) .Il faut lire  ces textes, plutôt comme des TENTATIVES DE CONQUËTE DE SOI A TRAVERS LA POËSIE plutôt que des textes destinés à plaire à la sensibilité des esthètes.


SHANGHAI  3 Décembre 2000









 








                                      INSTANTS I



"La seule chose qui apaise ceux qui voyagent dans l'inconnu est l'oubli" Castaneda. Le feu du dedans. P.264.



- PREMIER -FRAGMENT  D'ECRITURE  INCERTAIN

Le désir

Paris le 11.2.81

Cette journée pourrait s'ouvrir sur un événement inattendu, sur une sorte de découverte. On serait  un jour de semaine parmi d'autres, il ferait un peu de soleil sur Paris, il ferait néanmoins  plutôt froid . Je me serais réveillé à 14heure; il y avait une grève des métros ; et j'aurais du me coucher à 8 heure au lieu de 7 au retour des messageries ou je trimais en nocturne. Après avoir déjeuné , je  me serais dirigé presto vers le centre Beaubourg qui est à deux pas de chez moi . Je ne résistais plus aux lames de couteau que le froid avait  suspendu dans ma chambre. J’avais décidé de partir errer, de n'aller nul part, à l’inverse de mes résolutions des  jours passés, ou la résolution de "peindre  " semblait me prendre tout entier. Mais ce jour là il faisait trop froid; aller nul part, ce n’était pas possible, je devais gagner un abri, un abri assez vaste pour accueillir mon désir de me laisser aller. Je voulais m’accorder le temps de n’être rien, rien d’autre qu’un promeneur parmi d’autres.





 

 

LE CENTRE POMPIDOU



Arrivé dans le grand temple en aluminium qui reflétait l’art et la manière de penser de notre époque ; je me mis à déambuler dans ses immenses  salles lumineuses .Et dans le vaste embuement de ma pensée ,un événement singulier vint soudain me heurter sous la forme d'un livre écrit par un ami . Il s’étalait solitaire sur le verre d’une étagère .En voyant son nom écrit sur la page du livre ,je cru revoir en chair et en os cet ami. Sa démarche bancale et son allure nerveuse m'est revenu en mémoire .Je feuilletais le livre, de tout son long ,je cherchais des traces de lui ; du moins celles que ma mémoire avait gardé de lui .Je cherchais à travers les pages  d’écriture ,les traces intérieures de son être, celui que j’avais connu .Je me suis assis pour lire .

VERTIGE


Bientôt je fus saisit ,transporté, par une flamme . J'étais plongé dans la réjouissance ; je sentais que la main d'un ami venait de me sorti de mon îlot perdu au fond des océans , j'étais lasse de ma misère quotidienne qui était faite de lambeaux .Je venais de plonger dans une sorte de Graal ;mon ami parlait comme un poète ; je sentais s'élever un chant à travers ses mots qui formaient un vaste territoire de sensations nouvelles qui m'agrippaient et m'envoutaient ;je regardais comment la sensibilité et la mémoire imprimaient en moi les traces fulgurantes du passé ;je voyais des sons ,des atmosphères, des images empreintes de lumière qui me plongeaient dans les souvenirs d'hier; je suis resté debout pendant quelques instants au milieu du temple d'aluminium .Je levais la tête au ciel ,il n'y avait plus cet abîme de nuit que j'avais l'habitude de croiser ;il n'y avait plus que des flammes rêveuses qui m'envoutaient.



 

UN GRAND TROUBLE

INSTANT II



Plus tard je suis rentré chez moi dans la chambre sous les toits; là allongé sur mon lit ,j'aperçois un être qui se plaint. Est ce moi? .Il crie il se plaint .Il se plains de quoi ?Je lui demande .Il me dit : Ne t'étonnes pas ;je crie ,c'est ma façon d'aimer! Je suis victime d'une hallucination .Je voyais dans mes rêves tout à l'heure , le livre écrit par un ami ; sa présence remplissait ma chambre .J'entendais mon cœur qui résonnait à travers une coquille d’argile. Je voulais écrire comme lui .Mais lorsque j'ai tenté d'écrire ,j'ai vu deux  ventricules qui battaient à un rythme  effréné. ..J'ai pris peur car j'avais cru voir  battre mon coeur .J'ai crié!

 


IMAGE ENTREVUE DE MA DEFAITE



INSTANTS III

CAUCHEMAR

 

Ce matin ,je retrouve les manies stupides de ma vie inconsciente ;j'aperçois mes cicatrices. J'allume une première cigarette…je l'allume et  j'absorbe la fumée. Je fume ;car je sens s’agiter en moi un manque sidéral .Ce manque creuse en moi une détresse ;il creuse sa caverne ;il y déverse une obscure langueur qui ne me laisse pas de répit .Ce mal me harcèle; il a besoin pour exister de se perpétrer en moi. A chaque bouffée, , je me maintient dans l'obscurité aimante de son ventre ;je suis l'enfant, le pas encore née ,celui qui suce le cordon nourricier. Ma dépendance est irréversible. Pour m'échapper de mon cauchemar et renaître ,je sais qu'il n'y a pas d'autre choix je dois tuer ma bien aimée...ma mère!.



INSTANTS IV



DANS L' ACIDE OU DORT MA PROSE

.Je chasse des paysages grandioses ;des machines somptueuses traversent le ciel et foncent dans l'azur ;des singes arpentent mes cahiers d'écriture. Des déesses se jettent sur moi ;je suis pris de  panique ,je serre mon cahier contre mon cœur. Un faune m'interpelle .:Arrête de pleurer arrête de te plaindre ;arrête de gémir!.





MOI:

 Je suis asse de cette vie!.

LUI:

Arrête de gémir!



INSTANT IV





POEME NOIRS EN FORME DE PROSE.

La vierge

renversée en arrière

ouvre, et

ferme

son ventre

Coulisses d'extase

Aux poings noirs

Je vois briller dans son ventre une mer lointaine



Des doigts éparpillés

S'agitent dans l'aurore

Un révolver de corail à la main

J'appuie Sur les veines roses

de mon âme

Et je chante



Ouille

Ouille !

Bang!

Bang!

Je m'appelle GROSEILLE

Nom ridicule

Je ne suis pas un fruit

Je suis poète.



___________________________________________________________________________________________









INSTANTS V





O TOI Déesse

Visiteuse blême surgît du désert

Aveugle prophétesse au regard de cristal

Tu tiens mon vit dans ta main

Tu le tiens

En l''air

Pour bien le faire voir

QUE DOIS JE FAIRE POUR TE PLAIRE!







INSTANTS VI


 

DANS LE MIROIR DE MES CAHIERS JE CONTEMPLE MES ERREMENTS

J'achemine mes pas dans la nuit verticale. Fidèle à mes exhortations, une déesse amoureuse me tend ses bras ;je m'élève dans l'azur avec elle .Ma vie de poète n'est qu'un rêve .Un voile de cristal recouvre mon visage .Une voix féminine m'interpelle .



Viens à moi Poète

Aime moi

Baise moi!

Fait jaillir la lumière

dans ma bouche

Ton vit m'impressionne

Dresse le encore une fois!


  

INSTANTS VII





Depuis mon frêle esquif  d'écriture noir somptueux je regarde le ciel qui jette des pluies de boue et de cendre sur le monde .Un volcan s'agite dans le tréfond de ma mémoire.

 

O DEEESSE

Dans ma bouche tes seins ont un goût d'amande

O ma nuit toute en détresse

Je baise tes doigts

De pucelle blanche

Aux lobes de ton ventre

Sont suspendus

Des fruits défendus.





Pine de télégraphiste à sucer.

Jus merveilleux -

baisers du volcan.

JE T'AIME MA DEEESSE!

 

 


INSTANTS VIII


 


DANS MON DERNIER JOURNAL J'AI ECRIS



Il faut chercher le grain  de lumière non pas dans l'azur ni dans l'être suprême ,mais dans la frappe  régulière des phrases ;qui forment le monde ordinaire . Poète ,ces phrases banales qui s'agitent devant toi sont le vrai Graal .




La venue de l'automne

Les feuilles  rousses

Le village de montagne

Ou je suis né

Les nuages que j'apercevais

A travers les sapins

Les beaux bras d'une amantes

Qui se repose au bords de la voix lactée

Sont le Graal.



 


INSTANTS IX



Poéte ,je vois luire dans les pages que tu écris le long corps de mes tourments. Pour me distraire de mes tourments j'appuie ma tête sur celle d' Isidore mon frère de lait.

 



POEME A ISIDORE

 

 

Je me roule dans le tapis qui me servait de barque dans ma vie ancienne Dans le temps ,je naviguais avec toi dans ma chambre comme dans un rôtissoire .Je te donnais des coups de pieds ,comme si tu étais mon cheval de bois ;tu attendais sagement dans le salon que papa et maman fassent l'amour .Tu disais ,il faut faire voir tout en beau et tout en noir .

Je fais de même Isidore..



INSTANTS X

 


ISIDORE (SUITE)

LA POESIE ET LA GEOMETRIE PAR EXCELLENCE .

Depuis Racine, la poésie n'a pas progressée d'un millimètre. Elle a reculé grâce à qui? Aux grandes têtes molles de notre époque. ,Grâce aux femmelettes Châteaubriand, le mohican mélancolique; Senancour, l'Homme en Jupon; Jean Jacques Rousseau, le Socialiste- Grincheux; Anne Radcliffe le Spectre -Toqué; Edgar Poe, le Mameluck des -Rêves- d'Alcool; Mathurin ,le compère des Ténèbres; Georges Sand, l'Hermaphrodite- Circoncis; Théophile Gauthier, l'incomparable - Epicier; Leconte, le Captif-du-Diable; Goethe, le suicidé pour Pleurer; Sainte Beuve, le Suicidé pour -Rire, Lamartine, la Cigogne Larmoyante, Lermontov, le Tigre qui- Rugit; Victor Hugo, le Funèbre - Echalas- Vert; Mickiewicz , l'imitateur de Satan; Musset le Gandin- Sans -Chemise-Intellectuelle; et Bryon, l'Hippopotame - des jungles- Infernales.



Ainsi ,le poète exécute les anciennes formules d'une façon carabinée.

Dans son jus je dois puiser force et bravoure.

 


INSTANTS XI



Extase

J'ai vu Dante en rêve.

J'ai aperçu sa grammaire poétique ,elle est droite et calme

Dante mon idole m'interpella :

-Où vas -tu en Pensée?

Vers quelle terre ;dis moi!-



 


INSTANTS XII



Qui a franchi la Grande Porte

Jusqu'à un point situé

Au dessus du Triangle de base

Perçoit l'Immuable


(Je relis mes classiques)

La méditation parfaite (DHYANABINDU UPANISAD)




INSTANTS XIII



PROPHETIE

Ma naissance se fera dans l'instant où surgira une intelligence poétique nouvelle ;l'être de soie et de lumière  surgira des profondeurs.





Je conduirai mes chants dans la plaine

Sur le sommet des montagnes

Jusqu'aux vallées ou repose le lotus blanc

Dans des lieux ou celui qui meure ,ne renaît point

Puisqu'il à atteint le Graal.





                                             FIN DES ECRITS











                                                    ODYSSEUS  




                                      (Suite de mes pérégrinations)






                   AUTRES SOUVENIRS DE MA VIE LOINTAINE



Une ancienne moulure des Écrits (2001) :


À mes vingt ans, je voulais sortir de mon monde contrarié . J'avais le sentiment que le monde de mon adolescence, était en passe de finir; c'était un monde de rébellion primitives et de défis idéalistes, un monde trop statique qui devait évoluer. Je commençais par regarder mon passé différemment. Je croyais au rôle de la pensée émancipatrice et de l'intellect .J'ai entrepris l'écriture du -Journal d'un fou en campagne-, pour faire le point ;c'était une illusion. Je ne parvenais jamais à finir mes écrits ;je ne pouvais pas m'expliquer ce mécanisme ;ça m'échappait .Je repoussais le moment de voir naître ma création, c'était plus fort que moi. J'étais poursuivi par une indescriptible angoisse ;je savais que si je terminais mon ouvrage ,je n'existerais plus ;je ne voulais pas disparaître ;j'étais égoïste ;mais ce n'était pas volontaire ;personne ne m'avait appris à conclure ;je ne savais pas comment faire pour couper le fil du cordon qui me liait à ma création .Cela s'apprenait ,je ne le savait pas .Je ne tenais qu'à l'extase singulière; - de la création en train de se faire -,elle me maintenait en vie . Tant que la chose n'était pas finie, j'avais espoir de vivre une forme d'éternité ;c'est pourquoi ,je me refusais de finir mes ouvrages.



 


                                                    ECRIRE POUR NUL PART



C'était une défaite de voir mourir quelque chose de moi. Les sentiments qui me liaient aux œuvres que j'étais en train de générer étaient troubles. Une fois rentré au pays ,je m'étais mis à écrire d'autres pièces de théâtre .J'étais en proie à une énergie sidérale ;je me sentais pousser des ailes, je m'étais lancé dans la construction d'une œuvre dramaturgique gigantesque ;elle me portait au delà. Ma pièce -Le journal d'un fou -avait déclenché en moi un processus de création Dantesque .Dans Le journal d'un fou ,je parcourais le monde avec les yeux critiques d'un voyageur en révolte contre les us et coutumes d'une société inégalitaire .Cette pièce de théâtre même inachevée m'avait amené à regarder le monde avec l'œil critique de Brecht ,je m'étais intéressé à la distanciation Brechtienne de plus très. Hormis le fait que le processus d'élaboration d'une pièce me paraissait extrêmement jouissif ;c'était surtout la déconstruction du mensonge social sur la scène de théâtre qui m'intéressait .Plus tard ,j'ai écrits, -La vie fantasmagorico -fantastique d'Artur Plank-.;cette pièce  décrivait la vie d'un ouvrier de production coincé à l'intérieur de la société du spectacle ;j'avais fait lire ma pièce à un ami qui ma proposé de la monter. Cette pièce comportait de nombreux personnages et faisait appel à des techniques sophistiquée de mise en scène ;mon ami et moi ,nous étions des novices ,nous ne sommes pas parvenu à monter la pièce ,juste à mettre au propre le manuscrit . Entretemps la révolution de mai 68 avait tout chamboulée; je m'étais abandonné à mes désirs de vivre ;  ;j'avais envie de prendre ma part de bonheur.





 

ODYSSEUS

Création et Utopie





Aujourd'hui encore ,je dois lutter avec acharnement contre mes tendances nihilistes. C'est comme si une langueur négative m'emportait. Une sensation de lenteur me projette dans un ralenti qui me fait oublier l'existence du temps. Il y a quelques années, conscient de mes lacunes, j'avais décidé de faire de cette difficulté (de cette faille) l'objet même de mon travail . Je me disais que c'était en observant mes failles, en les chevauchant que je devais écrire. La littérature, devait mettre à jour la dimension objectivement transcendante et positive de mes faiblesses. Je devais mettre en relief celles ci ,les approfondir. Et de cela, de cette immense introspection, devait sortir une vérité. Je devais écrire sur ma vie réelle; Odysseus ,ce héros sublime ne m'avait pas encore enveloppé dans ses bras. J'étais un nouveau né qui cherchait à naître .Je cherchais à écrire sans détours ,je voulais écrire sur ma vraie vie .


 

                                               ODYSSEUS



SOUVENIRS D'UN DRAMATURGE EN HERBE

 

Souvenirs des quelques Pièces de théâtre que j'écrivais à mes vingt ans.

Chant d'amour chant de haine pour un spectacle défunt

Profs aux balcons

Le discours sur une planche

Le radeau de la Méduse

Gool

Etc.


Des jets d'écriture sortaient de ma tête devenue un peu folle .C'était un peu irréel de revoir mes écrits.



Une pièce : -Chant d'amour chant de haine pour un spectacle défunt-



Dans cette pièce j'avais l'ambition de montrer le spectacle gigantesque de notre époque. Notre époque ( celle des années soixante-dix) étalée sur une grande scène, c'était un délire intrépide et fabuleux qui m'avait mis au défit .J'avais durant plusieurs semaines compulsé des documents d'actualité capables d'illustrer cette fresque .Je voulais mettre en scène les folies et l'aliénation du monde qui m'entourait ;j'accumulais les notes ,car j'avais en tête les représentation issues du théâtre objectif; j'avais lu et vu assez de pièces de théâtre qui traitaient de la réalité ,pour m'en inspirer .Je recevais chaque mois une revue -Travail théâtrale – qui me donnait des information sur la scène artistique avant-gardiste -.Je composais mes partitions en marchant dans ma chambre ,ou dans les prés quand je marchais ;je les composaient aussi au milieu du vacarme de l'usine ; je m’arrêtais parfois grisé par mes visions :je m’arrêtais pour respirer à fond et essayer de revenir dans la réalité. Ce que j'appelais «écrire» à cette époque , c'était essentiellement rêver ,et de ces rêveries il en résultait des notes -Prendre des notes- ; c'était ma façon d'écrire perpétuelle .

 

J'ai retrouvé  un brouillon  qui parlait de cette période:




Ma vie secrète.



Je m'allonge sur mon lit, je ferme mes volets. J'aime l'ambiance claire obscure qui favorise mes rêveries. J'ai dit à ma maman ma mère qui s'inquiétait de me voir si souvent allongé dans le noir sur le lit que je faisais une sieste. Elle hoche la tête, car elle me trouve la mine inquiète. Je la rassure et lui dis de ne pas s'en faire, que je vais bien. Plusieurs fois, j'ai vu son regard se poser sur moi avec un air anxieux. Je ne voulais pas lui dire que j'étais un metteur en scène héroïque qui réfléchissait à des scènes de théâtre. C'était déjà compliqué de réfléchir au contenu de ma pièce. Je tentais d'écrire cette pièce uniquement dans ma tête. Elle ne m'aurait pas compris si je lui avais dit que j'étais un futur dramaturge ,un espèce de génie . Elle aurait certainement pu croire que j'étais devenu fou. C'était pour moi plus commode de lui mentir ; ça paraissait normal d'être allongé pour faire la sieste ;assez anormal d'être allongé pour écrire une pièce de théâtre ;Cocteau faisait fréquemment la même chose, mais elle ne s'intéressait pas à Cocteau . Un poète à le droit d'imaginer des pages d'écriture plongé sur son lit, lorsqu'il s'appelle Jean Cocteau ,mais pas quand il s'appelait simplement Jean. Je ne voulais pas expliquer à maman ce que c'était d'écrire des pièces de théâtre, ça aurait été trop compliqué. Maman ,accompagnait depuis de nombreuses années mes délires introspectifs. Je crois qu'elle devait imaginer le pire lorsqu'elle s'interrogeait sur mes activités ;qui lui semblaient, dans son for intérieur plutôt totalement déraisonnables. Cette chose que j'appelle «ma vie secrète d'écrivain et de dramaturge» qu'était elle pour maman ?.Que valait-elle pour elle? .Si elle l'avait découvert ;il s'en serait fait je crois une idée affreuse .J'avais essentiellement noirci jusqu'à maintenant des centaines et des centaines de pages sans jamais réussir à m'imposer comme écrivain et encore moins comme dramaturge ;tout cela toute cette vie fabuleuse se passait dans ma tête .Comme maman n'avait jamais lu la moindre ligne de ce que j'écrivais; comment aurait elle pu ,m'imaginer en être exceptionnel ou en génie? .Comme elle ne voyait rien de ce que j'écrivais; elle imaginait forcément, le pire pas le meilleur . Je sais qu'elle surveillait en secret ma vie de scripteur ; Pour elle j'étais un être incompréhensible. Je brouillais volontairement les pistes pour qu'elle n'arrive jamais à me déchiffrer; j'avais à cause de ça, du mal à me relire .Maman pensait heureusement probablement que mes activités d'écriture, c'était un moindre mal par rapport aux activités subversives que j'entretenais avec le syndicat; cette activités d'agitation lui faisait peur ; écrire c'était certainement une perte de temps; mais elle n'embêtait personne; alors que mes activités avec le syndicat étaient dangereuses; ma révolte contre l'ordre établit ,ça lui suscitait des angoisses irrépressibles .A-t-elle jamais lu la moindre parcelle de mes écrits secrets; ceux que je laissais traîner derrière moi?. J'en doute; je sais qu'elle les épiaient en cachette lorsqu'elle venait faire le ménage dans la chambre. Pour ma part je pensais que j'étais un génie (comme Marcel);j'étais plongé dans une chambre  sacrée dont maman était la gardienne ,c'est pourquoi dans mes rêves elle avait de grandes ailes d'or, dans le dos; les mêmes que les fameux scarabées de Kafka .Je la voyais aussi comme une souris qui tournait rapide et silencieuse autour de moi. Je n'avais plus dix ans,; ;mais pour elle j'étais toujours un garçon de dix ans ,je n'avais jamais pondu la moindre chose qui vaille; j'avais la conviction d'être un génie potentiel. Maman m'observait ,en silence en hochant la tête dans l'espoir qu'un jour je devienne un fils normal selon ses espérances.



 


ODYSSEUS

Écrire

 


J'aurais voulu retrouver le jeune homme héroïque que j'étais hier ;mais dans le journal de bords que je tenais dans la main ,j'étais déçu; je ne retrouvais pas en le lisant l’être héroïque que je croyais être .Ce journal ,décrivait pourtant ma vie réelle .Je décrivais dans mon  journal ma vie au jour le jour ;mais ma vie me paraissait différente de celle que je m'étais imaginé .J'étais peu être à la recherche d'un être qui n'existait pas. Dans mon journal je détaillais beaucoup mes états d'âmes; mais  j'avais l'impression qui celui qui écrivait ce n'était pas moi; c'était un être poursuivi par des désirs et des obsessions qui me rappelaient   vaguement les miennes; mais j'avais du mal à m'identifier à lui .


Dans mes mémoires commencées en 2001, je voulais créer un être romanesque original ;pour ce faire je devais réinventer l'histoire de ma vie .J'avais besoin de recueillir des souvenirs originaux .Mes journaux intimes écrits vers l'âge de vingt ans me paraissaient tout à coup complétement décalés ;ils me montraient un être hypersensible ,intelligent mais trop souvent contrarié ,et sans doute assez éloigné de celui que je pensais être ;j'aurais voulu montrer un être différent dans mon roman .Je pris conscience que je devais  mentir ,si je voulais  donner à ma vie une apparence plus héroïque . Pourtant, je voulais  montrer la vérité toute nue  ,comme je ne savais pas mentir j'étais démuni.




 


ODYSSEUS


 

MON JOURNAL INTIME (Fin 1972 - Début 1973)


J'étais étonné de découvrir en lisant mon journal , que j'étais différent de celui que j'avais cru apercevoir de moi en songe .

 


Extraits de mon journal  

(Cahier orange)




Mercredi 3 octobre 1972 :



Autopsie amoureuse


Matin.

Boulot, mal en point par rapport au mental ; la veille, état de névrose, contradictions internes, mal de peau.

Vis à vis de L..., je suis passé par des états d'esprit plus ou moins incontrôlés ; à présent, il subsiste de moi à elle, par rapport à l'idée que je m'en fais, une ambiguïté certaine.

À l'époque où je sortais avec B..., M..., J..., je recevais sur elle des impressions moins vives,

Mon désir de baiser L…m’apparaît à présent évident

Je désir la posséder, comme on désire posséder une chose inaccessible . Je pense que l'état amoureux dans lequel je suis tombé ,ne proviens que de ça ; j'avais simplement envie de faire l'amour avec elle, j'avais simplement envie de la baiser.



J'ai craché pendant ces quelques jour (ce que j'appelle des poèmes d'ombre ),poèmes qui montraient ce que je ressentais pour L... Une sorte d'attraction purement physique.

J'en suis venu à réclamer la dissolution de cette poésie juvénile . Il faut que je m'arrête d'écrire, comme un adolescent . Ce jour-là seulement, je deviendrai poète.

(Non daté) :



Ce matin ,trou noir


Je pratique le jeu raffiné du repli sur moi-même.

Je suis au cœur d'une grande débauche contemplative.

J'ai le sentiment qu'une rupture radicale s’impose, je dois changer de vie.



 ODYSSEUS



Je ne pensais pas que ma vie amoureuse m'accaparait autant En relisant mon journal, je voyais surtout un être tourné vers ses obsessions amoureuses; je  m'étonnais d'avoir été la proie de tant grande frustrations; ma vie me semblait plus glorieuse dans mes songes.






Journal en miettes 1972 (Extrait suite)


sans date :

Nous sommes en octobre, j'ai décidé de me remettre à écrire sur divers projets de pièces de théâtre surtout et des romans Je pense que mes écrits sont de mauvaise qualité.

 

Mon programme :

 

Étude des techniques romanesques.

Poursuivre mes projets en théâtre .

Étudier la peinture japonaise.

Mon projet poétique. -Donner une vision transparente de la réalité!-.


Sans date 


J'ai besoin d’éliminer en moi toutes les tensions, les crispations,

Mourir à l'extérieur, pour m'absorber à l'intérieur.



Dépenses :

Dentiste : 330 F

Impôts : 330 F

Assurance : 300 F



Le cahier se termine sur un brouillon de lettre destinée à C…



C…


Je voudrais serrer tes seins magnifiques !


Je t'embrasse.

À samedi

JEAN



ODYSSEUS




Je devais admettre (malgré mes résistances) que l'être qui parlait dans mon journal avait de sérieuses affinités avec moi ;il prenait du temps à décrire ses états d'âme .Il habitait bien dans mes songes ,mais il les habitaient d'une façon différente .Dans mon journal aucune note ,sur les pièces de théâtre que j'écrivais ,et qui s'entassaient sur ma table ;elles formaient l'essentiel du décor de ma vie ,(dans mes songes) .Dans mon journal ;je disais que j'aspirais à percer l'essence des choses ;et cela m'étonnais car je ne pensais pas que j'avais déjà cette obsession;je décrivais ma vie à mes vingt ans (dans mon journal);de la même manière peut être que je continue à écrire dans le mien aujourd’hui. Lorsque j'avais vu ma vie en songe ;je l'avais vu différente ;je l'avais sans doute vu plus glorieuse qu'elle n'était .Dans mon songe ,j'idéalisais le rôle qu'avait joué ma vie de dramaturge (en herbe) .Dans mon songe , j'étais poursuivi par de fougueuses et brillantes obsessions .Les pièces que j'écrivais à mes vingt ans me semblaient géniale ,et même si je les abandonnais sans les terminer ;j'étais persuadé qu'elle étaient géniales . je pouvais même penser parfois que j'avais atteint les cimes de l'art théâtral .Aujourd'hui que j'ai abandonné en partie ,les visions lénifiantes de mes songes ;je m'interroge ;ma mémoire a telle failli ?.En réalité ma passion pour l'écriture théâtrale était réelle ;je n'avais pas rêvé ;c'est pourquoi j'étais étonné de n'en voir subsister que peu de traces dans mon journal de l'époque .Il y avait un décalage entre ma vie réelle, (celle de mon journal) et ma vie en songe .Mon journal ne reflétait pas toute la beauté de mes songes .La beauté de mes songes je l'ai retrouvé lorsque l'idée d'écrire pour le théâtre m'a repris, c'était (récemment) en 2020 .Je devenais le même être inspiré et instable qu'hier .Je pouvais tout à coup faire exister des êtres imaginaires qui reflétaient mes passions mon désarroi ,mes angoisses ,et quantité de folies qui m’encombraient la tête .J'étais redevenu le dramaturge de mes vingt ans.


 



                                      ODYSSEUS 2020


MA DERNIERE PIECE:

LE SONGE FAIT PAR UN POETE QUI VIVAIT AILLEURS


J'ai commence à écrire cette pièce en 2020


PROLOGUE.

Le poète:

-Je vois surgir beaucoup d'êtres irréels ,mon imaginaire qui flamboie me torture ;je vois défiler sur la scène du monde des êtres fantaisistes dans certains sont fait de carton. Lorsque j'écris ,une sorte de lyrisme me harcèle-.


 

SCENE I préliminaire.


Dispositif scénique. Une grande scène et quatre petites scènes de chaque côté à gauche et à droite.



La grande scène est dans le noir ,seul une des petites scènes de droite est éclairée .Dans la nuit au loin on aperçois une planète qui ressemble à la terre.


Sur une des petites scènes le poète.


Le poète:


A propos de la terre ,je vous dirai qu'elle ne me manque plus.

Celle que j'aperçois d'où je suis ,n'est pas celle que vous croyez.

Notez bien qu'entre temps trois terres au moins sont passées sous mes pieds

Je vis dans l'éternité

Pour moi le temps est relatif

J'ai été conçu par un rêve.

Grâce au rêve je continue à vivre.

Le temps est relatif.





Nuit.




SCENE II.

La scène principale est éclairée .Un personnage en carton siège sur un trône au centre de la scéne. Une musique étrange sort de derrière scène.

UNE FEMME AUX CHEVEUX BLANC-CENDRES ENTRE EN SCENE. Elle porte sur le visage un masque taché de couleurs .

Elle s'adresse au personnage en carton:



Sir, j'ai quitté la terre d'Ostrasie pour rejoindre votre palais .

Je voulais vous direque j'ai eu un fils dans un temps ancien ;

Un fils qui vous ressemblait.

Il était coléreux et faisait des rêves étranges.

Il disait que le ciel ,s'obscurcirait le jour ou ils disparaitrait.

L'enfant naquit sous une si fatale étoile

    Que le soleil comme tache de sang

    Semblait provoquer la lune en un combat furieux

    Les deux flambeaux du ciel luttaient avec toute leur lumière

    Sinon avec toutes leurs forces.



Lorsqu'il vint au monde cet enfant qui n'était pas de ma chaire

Mais d'une chaire qui m'était étrangère ,cet enfant m'apparut

comme un don du ciel.

Pourtant à son arrivée une éclipse se produisit et j'ai pris peur.

Si il revenait ici je sais qu'il n'hésiterait pas à fouler comme un tapis

Mes cheveux blanc ,car il est d'une nature impitoyable

Comme le sont d'ailleurs tous ceux de la race dont il est issu.

Cette race n'est pas heureuse ;c'est celle des humains.



Ce fils j'en ai hérité après un songe que j'ai fais un jour d'été

Sur la joyeuse terre d'Ostrasie

Je m'étais baigné dans un lac,

Je vis qu'un homme m'observait depuis la berge

Il ne ressemblait pas aux hommes d'Ostrasie

Il avait un corps de lumière

Et un sourire d'ange.

Je suis tombé immédiatement sous son charme

Je ne peu pas dire pourquoi.




Ce charme est propre aux humains

Il était semblable aussi accueillant  et gracieux

que le surgissement de la rosée matinale

sur l'herbe bleu d'Ostracie.




Nous avons fait connaissance.

Nous avons marché sur le sol d'Ostrasie

En nous tenant la main

Comme si nous étions de la même chaire.

J'ai écouter ses paroles

Puis j'ai voulu connaître son pays la terre .

Il ma amené dans un vaisseaux blanc

Sur une planète aux reflets bleus d'extase

J'ai vécu dix années durant,

Une vie de douleur d'effroi

et de bonheur total en sa compagnie.





Puis un jour je me suis réveillé, dans le noir .

Que s'était il donc passé?.

Un geste de sa part avait suffit à obscurcir ma vue.

Un jour je l'ai vu s'emparer du livre de la sagesse antique

Que j'avais emmené avec moi d'Ostrasie

Il la déchiré sous mes yeux en riant.

Ce jour là j'ai découvert son vrai visage.



 

Nuit.




 

 

Sur une scène vaguement éclairée .Apparaît un premier spectre.



Sire! N'écoutez pas râler cette curieuse créature

Elle est une résurgence des temps anciens

J'ai cru comprendre qu'elle avait vécu

à l'époque où les humains régnaient encore sur terre



Elle a conservé l'usage de la parole

Car les puissances surnaturelles

lui ont donné le pouvoir de durer

Mais elle a perdu la raison




Nuit


 

Sur une autre scène vaguement éclairée .Apparaît un second spectre.

Il parle sentencieusement:




Même les planètes élémentaires

Sont traversées par des séismes violents

Avant d'en arriver à parler des horoscopes

Parlons plutôt de cette étrange planète bleu qu'est la terre



Une voix off venues des profondeurs

Les créature en provenance de la terre

ne sont pas immortelles



Le spectre:




Dans ton royaume Sire la mort ne compte pas

Sur la terre elle est omniprésente


Voix off:


Dans ton royaume roi

La maladie n'existe pas

Ni la souffrance

Ni hélas le bonheur

Tous les êtres sont comme toi

Fait du carton impérissable

Que les Dieux d'Ostrasie

Ont su pétrir

Pour lui donner le même aspect

Que les sublimes trous noirs

Qui dorment silencieux

Au cœur des étoiles




Le spectre:


Sire ,O maître vénérable

Regarde cette femme

Comme le souvenir lointain

D'une époque ou le monde

Était différent du nôtre!



Nuit





Sur la scène principale qui demeure éclairée le roi carton demeure toujours

assis sur son siège.




Sur une autre scène apparaît le poète:



Le poète:


 

C'était une époque agitée par les tremblements de la nature

humaine.

C'est à moi Sir de répondre maintenant à tes questions. car je

suis celui qui a engendré ce cataclysme qui a rendu possible

leur venue sur notre planète étroite .

Ces images cataclysmiques de la terre sont parvenues ici

par l'entremise de mes songes .Avant la venue des humains

le monde n'existait pas .C'était un monde assurément étrange.




Noir.







Sur la scène principale passe un cortège fait de neige artificielle et

d'êtres en carton.



Le premier :

Je m'appelle Thalès!

Le deuxième :

Moi je m'appelle Euclide!

Le troisième  :

-Qui dans l'univers gouverne aux étoiles!

Premier carton:

-Qui resplendit supérieur aux étoiles!

Deuxième carton:

-Qui nomme l'univers!

Troisième carton:

-Qui lui donne son nom!

Premier carton:

-Qui sinon toi !Toi sérénissime et très noble créature!

Entité magistrale d'extraction supérieure!

Etre d'essence sublime qui a pris l'apparence du carton.

Deuxième carton!

- Qui gouverne!

Troisième carton:

-Qui administre!

Premier carton:

-Qui légifère!




Noir



FIN DE LA SCENE

_________________________________________________________________________



 



                                                    ODYSSEUS




Écrire des pièces de théâtre ,est une activité futile et déraisonnable ,surtout lorsqu'on sait qu'elles ne verront jamais le jour .Je comprend mieux pourquoi j'ai passé hier une partie de ma jeunesse à en construire des tas .Je croyais en la beauté de la création .Aujourd'hui ,je continue à m'accrocher à ce rêve .Je n'écris que pour jouir des rêves qui s'échappent de moi .Que personne ne me lise importe peu .J'écris pour la bravoure ,pour le panache pour la beauté du geste ,pour l’héroïsme de la posture .Si je parviens à faire éditer mon Odysseus ;je suis persuadé que mon génie n’apparaîtra pas ;il n'apparaîtra pas en tout cas aussi resplendissant et éclatant que je le vois dans mon fort intérieur ;je suis le seul à en saisir toute la flagrance .Suis je fou ?.De mon ego chimérique ,oui je crois!. Mais qui ne l'est ?.Je crois que la plupart des hommes sont moitié fous ,de leur précieuse personne ;enfermés comme moi dans la folie de leur ego et de leurs rêves ;ils ne peuvent pas voir le monde tel qu'il est ; ils l'inventent .Si je continue à écrire ,c'est que la peinture ne suffit plus à expurger mes troubles ,j'ai besoin d'ajouter la force magique illusoire du langage pour évacuer mon stress. Les années passant à un rythme effréné ,mon esprit s’obscurcit.je suis régulièrement emporté par des élans de fureur égotistes .Que puis je espérer ,en m'élançant dans les chapitres de cette épopée héroïque que j'appelle Odysseus ?.La vérité éclatante m'échappe ;je ne vois souvent que la laideur ;les exploits d'Odysseus deviennent des chimères ,dont je voudrais m'échapper pourtant je vois à travers Odysseus le spectacle d'une vie supérieure qui à son siège dans mon âme ;elle voudrais -l'éveiller-.







                                                       ODYSSEUS


Cogito (Penser)





Aujourd'hui ,je peu toujours me reprendre ;mes mémoires ne sont pas bouclées ,je peu les modifier ;mais en réalité je le sais bien ;personne ne viendra à mon secours. Je dois me débrouiller tout seul avec - mon cogito-.je suis un individu inquiet ,un penseur moderne tourmenté .Les traces de mes cogito capricieux dérivent à la surface d'un lac qui reflète la complexité de mon moi originel. Mon moi originel n'est pas plus grand qu'un verre d'eau .Alors moi Odysseus je soupire .Que fais tu là ,me dit une voix venue des grands espaces .Moi je réponds – Tu le sais bien!. Je cherche à recouvrer mon intégrité ,mon âme originelle!-.


 

A chaque fois ,que je change de vie , je vois apparaître un monde nouveau. Aujourd’hui dans mes pensées ,je m’efforce de détailler les formes successives de mes apparitions. Lorsque j'étais adolescent ;je cherchais à faire apparaître le monde idéal dans lequel j'aurais aimé vivre ;c'était un monde baigné par des images contemplatives nées de mon imagination .Arrivé vers l'âge de trente ans ,mes rêves avaient pris une forme nouvelle car j'avais changé d'existence ;vers l'âge de quarante ans ;j'avais l'impression d'avoir retrouvé le monde idéal de mon adolescence; j'avais accédé aux délices temporaires d'une vie à Cythére; ce rêve n'allait pas durer ,car l'existence est changeante .J'avais cru pouvoir accéder à une nouvelle vie, mais celle à laquelle j'aspirais m'échappait ;j'étais conscient que mes pérégrinations destinées à me faire accéder à une vie heureuse étaient illusoires ;les idées du bonheur qui m'habitaient changeaient ;je mobilisais pourtant toutes mes ressources pour les rendent plus vivaces .Cette destinée que j'apercevais de très loin à présent .Que me voulait elle ?.



Nous étions en 2020, j'allais moi Odysseus sur mes soixante-douze ans. Une bagatelle ! Je m'affairais sur mes mémoires (Mon Odyssée). En tant que peintre, ma survie économique était à son zénith. Je peignais toujours avec plaisir, mais les efforts que je devais fournir pour surnager me ralentissaient. J'avais le sentiment que je coulerais bientôt. Si ce n'étais pas de mon fait, ce serait à cause de la pandémie qui sévissait. Je poursuivais à travers mes mémoires une aventure intemporelle qui me procurait, certes de la joie, mais cette aventure risquait de ne jamais atteindre son but. Mon autofiction Odysseus, risquait de ne jamais voir le jour. Même en tentant de réduire mon aventure à un seul jet ,je craignais de ne pas arriver à la faire connaître .Car mon but c'était de la faire connaître et pas seulement d'aimer ,et de comprendre le monde avant de mourir.


 


ODYSSEUS




J'avais passé une partie de mon temps par le passé ,à m'inventer des vies extraordinaires .Tout ce que mon esprit avait engendré pouvais continuer à exister après moi ;il suffisait d'écrire .Je croyais sérieusement à l'éternité de l'écriture. J'écrivais sans sourciller même si c'était pour un public invisible ,ce public existait . Ce public était assis au milieu du vide sidéral Il était entouré d'étoiles comme celles qui peuplent la voûte céleste. Derrière chaque étoile se tenait un être sensible pourvu d'une âme noble et lumineuse .Une âme supérieure veillait sur la totalité des sphères ,elle veillait aussi sur la terre bleue cristalline qui brillait comme un diamant dans l'univers .Je voyais dans mes rêves de poète incertain un astre de lumière ,il chevauchait la matrice du temps ; je voyais briller ses écrits sur un vaste fond d'éternité (là où demeurent cachées les forces mystérieuses de l'univers). D'où j'étais ,je voyais ce poète qui chevauchait de grands coursiers; il était suivi par une myriade de déesses qui chantaient ses exploits; ce poète céleste savait parler aux hommes dans la langue des dieux ( celle des oiseaux);je voulais devenir comme lui; je voulais savoir parler aux hommes dans la langue des oiseaux.




ODYSSEUS


UN SURPLOMB DE MEMOIRE



Retour rapide à ma vie d’hier





La plupart de mes notes  théâtrales avaient été brûlées. Il ne restait presque plus rien de mes anciens délires dramaturgiques. J'avais tout de même sauvé quelques papiers. J'ai retrouvé une note sur un être étrange qui s'appelait Gool .Je ne comprenais pas pourquoi j'avais écrit sur être aussi peu vraisemblablement réel.



GOOL



Gool gommait d'un seul trait la mesquinerie et les critiques, car il était pourvu d'une puissante gaieté qui lui faisait voir le monde différemment de la plupart des gens. Il était handicapé, sérieusement handicapé. Dans la gaieté de Gool, certains voyaient de la provocation. Gool, quant à lui, pensait que son handicap était un effet de la bonté du ciel qui était sans limite car Dieu l'avait pourvu d'une joie de vivre détonante. Ce que les gens normaux considéraient comme le plus important dans la vie ,leur apparence physique cela lui paraissait à lui sans intérêt .Il disait en parlant dans son langage désarticulé des choses étranges. -Le prix ! Le prix de la vie !Le prix de la vie n'a pas de prix !-.les gens croyaient qu'il se plaignait. Gool riait à chaque nouvelle parole qu'il prononçait -  Réflé...chi.ssez! La vie n'a… pas de prix !-, J'admirais, effrayé, la splendeur de la simplicité d'être de Gool. Il contemplait le monde à travers son bonheur d'exister qui semblait sans limite. Il voulait communiquer à tous sa joie d'exister qui semblait irrationnelle. Il se mouvait, je crois, dans une dimension infiniment supérieure à celle qui était celle du commun. Son corps, était déformé depuis le premier jour de sa naissance ,il était pourtant rempli d'une joie intense ;une clarté étonnante se communiquait à tous lorsqu'il paraissait. Gool vivait chaque seconde de sa vie comme une extase. Il m’a fallu quelques temps avant que je réalise que Gool était l’équivalent d'un saint ;il possédait en lui un amour absolu de la vie. Chaque seconde qui passait était pour lui la preuve que l'existence était d'ordre surnaturelle; c'était un ange noir insupportable pour ceux qui regardaient le monde avec l’œil implacablement réducteur de Darwing.




 



ODYSSEUS



Je ne fais pas référence à mon enfance en pensant à Gool. J'avais eu une enfance relativement heureuse. En écrivant mon synopsis, j'avais eu une inspiration subite ,et sans doute j'exerçais mon besoin d'écrire.. Un jour, j'ai assisté au spectacle de Bob Wilson L'enfant sourd. C'était dans une grande ville de l'est de la France. Bob Wilson m’a dessillé le regard. J'ai compris qu'on pouvait écrire des pièces uniquement en rêvant. J'ai écrit (car j'avais le don d'imitation) une pièce inspirée de l'enfant sourd de Bob Wilson. La pièce a été écrite ;mais passer de l'état de rêveur à celui de metteur en scène me paraissait un trop dur labeur ; une fois mon rêve couché sur le papier, je l'ai abandonné. Comme toujours, j'étais une énigme pour moi-même. Je me demandais pourquoi mon travail, une fois bouclé, ne m'intéressait plus. Pour écrire Je m'allongeais sur le divan de la salle à manger familiale et j'observais le lustre paré de perles en verre scintillantes qui dansait au plafond. À travers les éclats de verre qui dansaient en lançant des myriades d'étincelles, j'apercevais des passages de mes pièces ;elles s'écrivaient toutes seules .




Un écrivain imaginaire


 


Toute ma vie ,j'avais été un écrivain imaginaire .Cela m'avait prit très tôt .Je voyais des pages d'écriture qui défilaient devant moi. Elles suivaient tantôt le rythme de mes pas tantôt le rythme et de ma respiration ;je prenais plaisir à marcher ,mes marches m'aidaient à les faire défiler mes visions .Dans les pages d'écriture que je voyais défiler ; il y avait de grand roman et belles pièces de théâtre ;le tout scintillait au dessus de ma tête Parfois, j'étais tellement bluffé par mes visions ,que je ne savait plus ou j'étais. J'étais transporté dans une monde surnaturel .Je devenais un immense récitateur un écrivain flamboyant. Aujourd'hui, je m'étonnes que mon génie ait disparu ;heureusement j'ai encore sous la main quelques brouillons qui me renvoient à ma vie d'auteur imaginaire.



 



UNE PAGE D'ECRITURE IMAGINAIRE TIREE DE MES ANCIENS ECRITS.


En escaladant la montagne qui était situé face à la fenêtre de ma chambre ,je me rappelais que durant mon enfance je jouais à l'explorateur sur cette même montagne .En l'arpentant j'oubliais instantanément mes soucis, mes tracas, s'envolaient .J''aurais aimé n'être qu’un oisif comme les artistes que j'admirais; peindre, écrire, dessiner, cela était ma seule raison d'être. Ma vie à l'usine ressemblait à une expiation. Seuls les moments merveilleux que je passais à rêver  me guérissaient de ma mélancolie .Je passais d'un état d'âme à un autre avec une rapidité surprenante .C'était comme si Un mal mystérieux me poursuivait; j'étais heureux et je devenais triste l'instant d'après .De même ,je plongeais dans un état de ravissement extrême lorsque j'entendais le chant de l'oiseau .Ce chant me réveillait ;il me propulsait dans une divine rêverie .En l'écoutant ,je plongeais instantanément dans une sorte d'extase et je me m'étais à écrire des pages merveilleuses qui flamboyaient dans ma tête comme des Iris éclatantes ;le chant de l'oiseau exerçait sur moi un chantage merveilleux ;il me relançait dans mes chimères .A chaque fois que je l'entendais je me m'étais à parler sa langue.






Suite



Aujourd'hui ,en replongeant dans cette partie de ma vie, je revois instantanément le front de Chateaubriand et surtout ses cheveux fous qui flottaient dans l'azur ;le revois le regard bleu de Raymond Rolland ;je revois la stature de Montaigne .Je revois un livre imaginaire que j'écrivais dans le silence de ma chambre ;ce livre faisait baigner ma vie dans un songe. Je disposais dans ce livre des épisodes variés de ma vie. Je voyageais en compagnie d'êtres admirables qui m'initiaient à l'art de penser ,à l'art d'écrire et à l'art de sentir et de penser .Je rencontrais des êtres inspirés qui m'invitaient à écrire des poèmes vigoureux ;je m'envolais vers des mondes inconnus .Dans mes moments d'exaltation intenses; livré aux délices de l'abandon ;j'imaginais des théories littéraires .Je dissertais de longues heures sur les origines de l'art ,sur celles de l'humanité et sur les mystères de ma propre origine .J'étais sans ordre ,et cela me convenait.


 


                                                               ROMANTISME




Je prenais plaisir à marcher dans le chemin que je voyais depuis ma fenêtre ;il grimpait vers la montagne. J'y avais accès en traversant une route et un trottoir et ensuite m'engageant dans une petite ruelle ,je grimpais .Je connaissais ces lieux par cœur .J'étais ravis en marchant de penser à mes inventions littéraires; j'avais grandi au milieu des livres ;les livres me sauvaient de la laideur et de la tristesse du monde .Aujourd'hui, lorsque je repense à ces années d'ivresse, le temps s'arrête ; je revois les émotions qui m'emportaient l'âme au temps de mon adolescence .Je renoue nostalgique avec mes vies de rêveur .L'espace intérieur de ma vie romantique reprend forme , je retrouve les scènes magiques engendré par mes chimères. .Je redeviens le génial poète que j'étais ;lorsque des textes ardents soulevaient mon âme ,pour la faire rentrer dans le monde de mes gloires littéraires imaginaires.





 

Résurgences, ressouvenirs… Autres réminiscences





ODYSSEUS



Les textes que j'ai rédigés dans les premières versions de mes écrits me semblaient éblouissants; à présent, je le trouvent maladroits. Je m'étais rebellé contre la charge littéraire imposé par les classes riches aux classes pauvres ;ma révolte contre la langue était devenue une révolte intellectuelle .J'avais survolé en courant ,le travail critique de Meschonnic  - Sur le rythme et sur la théorie générale du langage et du problème poétique. J'avais cru retrouver chez Meschonnic les mêmes maux qui me poursuivaient dans ma vie d'écrivain à l'essai. J'admirais ces écrivains juifs qui s'attaquaient comme moi à l'ordre du monde ;je les admirais ;j'étais sous leur charme ;je m'attaquais comme eux à la langue française ;je luttais contre la société des nantis ,contre la société de classe ;eux luttaient pour une certaine idée de la langue que leur culture originaire leur avait transmit .Moi ,sans sans culture originaire ,je luttais simplement pour essayer de comprendre qui j'étais.




 


REMINISCENCES



Une autre manière de me souvenir.



UN BROUILLON.



Aujourd'hui, je revois en silence, les près immenses, les arbres amis, les insectes minuscules, les petits animaux cachés qui accompagnaient ma vie d'écrivain en herbe ,vers mes quinze ans. Je retrouve les premiers grands émois de ma vie d'écrivain imaginaire. Ma vocation d'écrivain était fait de fantasmes nées de ma sensibilité excessive .J'avais à cette époque un avantage; je pouvais instantanément transformer le monde réel en monde merveilleux ;grâce à ma faculté à travestir tout ;je transformais toutes choses vues en choses surnaturelles. Cela ne se passais pas sans confusion ,car mon imagination se dessaisissait de la réalité et parfois j'avais des illuminations ;elles me jouaient des tours .Je revoyais les grands sapins qui me servaient de point de repère quand je jouais ici avec mes petits camarades .Je voyais les genêts jaunes qui entouraient nos anciens campements ,je croyais que c'étaient des phares placés sur ma route ;ils étaient destinés à me faire remonter le temps .Je croyais me souvenir d'avoir enterré ici des trésors ,car à une certaine époque j'avais déposé dans la terre des messages codés destinés à des explorateurs futurs .J'enterrais des bouts de papier sur lesquels j'avais inscrit des mots magiques. J'enterais aussi des mots glorieux qui louaient mes exploits et je raillais mes ennemis ;j'accompagnais d'objets divers ces messages destinées à une civilisation future qui n'existait que dans ma tête .Toute une armée d'objets singuliers dormait ici ;je jouissais en imagination de ces trésors que j'avais déposé ici ;je savais que je ne parviendrai jamais à en retrouver un seul .Je me revois assis sur une pierre en train de méditer ;les lieux magiques de mon enfance échappaient à toute logique ;la civilisation rationnelle n’y exerçait pas ses droits. Seul un être pourvu de pouvoirs surnaturels aurait pu retrouver ,ces vestiges du passé;(mes trésors) .


ODYSSEUS



Mémoire (suite)



Hier les genêts de mon enfance portaient des fleurs d'un jaune éclatant, elles me servaient de points de repère pour m'orienter dans mes territoires. Je me racontais, assis sur une pierre, des histoires fantastiques. Je remerciais le ciel d'être en vie, je vivais un bonheur sans faille. Ma vie était un rêve qui m'envoûtait en permanence. Je n'espérais rien d'autre qu'à jouir de l'instant. Je ne pensais pas qu'un jour un fou furieux m'obligerait à écrire ,je n’aimais que l'ivresse d'être libre ,j'avais l'impression de vivre comme un bienheureux ,car j'étais sans attaches! .Les herbes folles qui me fouettaient les jambes me rendaient joyeux ,je marchais dans les prés sans penser à autre chose. J'attendais avec impatience le jour radieux ou le maître à l'école nous demandait d'ouvrir notre cahier de récitation; car en l'ouvrant je plongerais immédiatement dans l'univers fabuleux de mes rêves ,d'égaré en pleine nature ;la poésie m'ouvrait l'âme..Javais une sorte de vénération pour mes cahiers de récitation.On m'obligeait à apprendre par coeur des pages poésie ,comme j'y prenais plaisir,je ne me rebellais pas ; je découvrais dedans les mots de mes amis ,Verlaine Lamartine J.du Bellay Eluard ou Ruteboeuf ,étaient mes amis ,ils me distrayaient de mes affreux problémes de robinet .A l'époque mon cerveau n'était pas encore encombré de défis pseudo littéraires ;le fou obsédé d'écriture qui allait me harceler plus tard n'étaits pas encore né .



ODYSSEUS


 

Mes perversions vinrent plus tard. J'avais décidé de composer des écrits savants ;c'était vers mes quinze ans et demi. Je procédais à des essais ,je réalisais des découpages. Je composais mes récits avec des passages volés aux auteurs que j'aimais ,Rousseau, Chateaubriand, Elie Faure, Baudelaire etc ...Cette manie ma poursuivie jusqu'à l'époque de ma vie à Paris ;à art-cloche ,je bidouillais des textes ,je trafiquais ,je pillais des passages de mes auteurs favoris, pour réaliser des textes que je trouvais géniaux et originaux ;je pillais et détournais sans scrupules les écrivains statufiés .

 



ODYSSEUS


COMMENT ENTRETENIR EN SOI UNE VIE HEROIQUE



Dans mes souvenirs pré adolescents les pages que j’écrivais étaient éternelles puisqu'elles étaient extraites pour nombre d'entre elles de la prose insubmersible des grands auteurs. Je réalisais des textes travestis et embellis par la prose de mes auteurs fétiches. Je découpais quelques morceaux de leur merveilleuse prose; je les collais dans mes propres écrits. Je trouvais mes textes ainsi parés incroyablement plus beaux. Lorsque je relisais mes textes, je ne savais plus qui les avait écrits, car j'avais omis de préciser la place occupée par mes plagias. Je retrouvais uniquement le sentiment glorieux qui m'avait fait écrire ces textes, Ces belles phrases alignées sur la page me semblaient écrites de ma main .J'en étais fier .Cette prose vacilla sous l'effet de la distance ;lorsque je m’aperçus plus tard que je n'étais pas le seul et véritable auteur de ces écrits, je me suis mis à les regarder différemment Au lieu d'admirer mon talent ;j'y voyais du plagiat ;je ne voyais plus le mouvement gracieux des phrases je voyais des tentatives grossières pour faire valoir mon génie. De toute façon, écrire est une entreprise glorieuse mais elle était harassante ! Aujourd'hui, je retape mes tapuscrits, en ayant l'impression de m'enfoncer dans  un labyrinthe remplit de sables mouvants ;il me semble que je suis devenu presque sans génie. Les sensations exaltantes que m'avaient procurés mes premiers plagias réalisés en toute innocence au début de ma vie d'écrivain imaginaire ,font place à des tourments sans noms ;lorsque je contemple mes écrits ,je ne suis pas loin de penser que je suis un écrivain raté ;mes rêves de gloire et mes rêves d'éternité se sont effondrés ;j'ai l'impression de m'être égaré dans la forêt de mes chimères





ODYSSEUS



 

Plus tard je suis devenu fou  ,je recherchais « une forme d'écriture pure »,. Lorsque je ne la voyais pas surgir ,j''étais déprimé, j'avais l'impression d'avoir trahi mon idéal de vie supérieure. Je voulais devenir, un écrivain du sublime, et de l'au-delà, un écrivain de la beauté pure éternelle de la beauté éthérée. Comme je n'arrivais que rarement au degré de perfection que j'aurais aimé atteindre ,je m'effondrais . Il y avait toujours en moi quelque chose qui faisait obstacle au dernier moment à ce que j'atteigne cet idéal. Chaque fois que j'espérais atteindre « une forme d'écriture  pure »;une fatigue me prenait ;elle me prenait à revers. Je ne parvenais jamais  à atteindre -une forme  d’écriture pure. D’où m'étais venu cette idée folle que je devais atteindre la perfection?;De mon signe astrologique peut être; J'étais du signe de la vierge, on disait que les vierges étaient ralenties du faite de leur cérébralité éthérée excessive ?..Ou d'une tendance propre à ma géographie mentale qui était instable ;idéaliste et prétentieuse ?. Ou bien ,j'étais poursuivi par une malédiction j'avais été malmené peut être dans le ventre de maman ,pendant qu'elle me portait et je ne m'en étais pas remis. Les premiers récits que j'avais engendrés à mes vingt ceux de Okapoulkofou, racontaient peut être à leur façon l'histoire d'un traumatisme qui m'avait échappé; dedans il y avait déjà peut être l'histoire d'une chute et d'un exil ?.Ma soif de perfection jamais atteinte, ressemblait à un exil. Okapoulkofou la fiction poétique que j'avais tenté de mettre à jour; était peut être une tentative pour replonger dans le fil d'une langue poétique perdue qui gisait endormie au fond de ma psyché.


 

ODYSSEUS


 

A l'âge de trente ans je poursuivrai une quête d'écriture qui était comme une quête d'errance .Je venais d'écrire ,un texte complètement déjanté sur la théorie des récits . J'étais étudiant en théâtre j'avais aussi une activité sociale ,j'étais enquêteur pour le compte d'une société informatique ;je vivais en compagnie de ma muse qui était comme moi étudiante théâtre ;je squattais avec des amis une maison violette. J'ai retrouvé dans mes archives avec un certain étonnement , un  portrait de moi réalisé à la va vite dans une cabine de photomaton ,il faisait ce jour là une journée radieuse .Ce portrait m'étonnait ,je le trouvais beau. Un texte l'accompagnait.


 

Un brouillon 2001.




J'étais un écrivain façonné par une altérité inexplicable. Mon manque de mémoire n'était pas le seul en cause, il me semblait que les remous de la langue y avaient leur part. C'était pourquoi j'étais depuis plusieurs années le plus souvent plongé dans l'incertitude pour ce qui concernait l'élaboration de mes écrits. Ne pouvant ni freiner ni arrêter la sensation de disparition qui imprégnait ma vie, je devais me résigner à ne voir apparaître que l'empreinte éphémère de son mouvement. Je prenais des notes ;je tentais de photographier l'empreinte de ma conscience qui vacillait .C'est cette façon d'écrire qui m'allait le mieux. C'est cette façon d'écrire éphémère qui me livrerait demain le fameux roman dont j'espérais un jour accoucher. Les écrivains amnésiques comme moi qui théorisaient à tout bout de champ sur leurs états d'âme provoquaient sans doute de la lassitude et même du désarroi chez le lecteur .Pourtant si on voulait les lire, pour comprendre leur désarroi ;il fallait accepter de se plier pour un temps à leurs lubies.


 

SUITE DE MON ROMAN EXISTENCIEL




Les Écrits (suite)

Le soliloque de la mémoire à l’époque post-moderne

Suite magistrale du roman de ma vie




Un texte tiré de la première version des Écrits, datée de 2001.


Les souvenirs des époques mélangées que j'essaye de faire réapparaître ici resteront toujours imprécis ;les choses de ma vie se brouillent et s'emmêlent . Pour tenter de retrouver quelques bribes de mon passé je dois faire beaucoup d'efforts, ma mémoire est capricieuse. C'est pourquoi il m'est difficile de tracer le vrai portrait de celui que j'étais hier sans m'égarer un peu. Il y a pourtant des fils qui mènent à ma vie ancienne. J'ai retrouvé dans mes archives mes essais d'écritures située dans des temps très éloignés ,dans un temps où j'étais, il me semble, encore vierge de toutes souillures. En me relisant, j'ai cru entendre subrepticement le chant d'un oiseau ; j'ai cru un instant revivre des émotions que je croyais avoir perdues. Presque simultanément, la lecture des rêveries de Rousseau que j'avais fait récemment avaient ravivé ma passion pour un certain type de littérature romantique. Je me suis dit que je devrais me mettre à relire plus fréquemment des passages des promenades solitaire de Jean Jacques. En me plongeant dans la lecture des rêveries je pouvais retrouver en moi un goût pour le vagabondage que j'avais presque oublié. Je me souviens qu'à une certaine époque , j'aimais m'allonger sur mon lit et me remémorer des moments de ma vie ;je revoyais le visage de maman ,celui de mon père, le visage de mon frère, celui de ma sœur ,je revoyais la statue de la vierge aux belles élancées installée au sommet de la colline qui surplombait ma chambre ;puis je me revoyais parcourir les allées de l'usine éclatante et éreintante où je travaillais ,je revoyais le visage des amis qui trimaient avec moi .Je me disais dans ces moments que si je pouvais écrire un roman qui retracerait les années joyeuses et malheureuses du passé; je serais satisfait .En m'enfilant dans mes rêveries je me disais que je  parviendrais peut-être à retrouver quelques lambeaux authentiques de ma vie  ancienne. J'étais surtout curieux d'observer comment j'allais pouvoir organiser mes souvenirs .J'étais sans expérience ;je n'avais pour dessein, que d'écrire au fil de mon inspiration. C'est pourquoi j'avais donné un nom à ce projet littéraire, je voulais l'appeler - Les mémoires improvisées -.

 


ODYSSEUS




Texte qui figure dans la première version des Écrits (2001) :




J'avais gribouillé sur une feuille une liste de souvenirs qui m'étaient venus spontanément en tête concernant mon passé. Les parties en gras sont celles sur lesquelles j'ai déjà commencé par écrire ;les autres sont celles sur lesquelles j'espérais me mettre à écrire.



Les trois scouts - La promenade à motocyclette - Un rêve étrange - Le rouge gazon - L'abbé contestataire - La crèche révolutionnaire - J'admirais plus Voltaire que Jean-Jacques La grève - Un premier grand amour que je n'ai pas su garder - À propos de Jean-Jacques et de ses enfants - - Le sourire d'une jeune fille que j'avais dessinée- Œcuménisme - Teilhard de Chardin - Dieu .-Mes lectures difficiles - La vie paisible - Marches sur la haute montagne - Un PDG bien sympathique -- Robespierre - Paysages de neige - Hermétisme ou érémitisme (voir dictionnaire) de mes dix-sept ans - J'étais un révolté - Le maillot rouge - Les beaux lacs vosgiens - Paysages montagnards - Je m'enfermais dans une tour d'ivoire plus haute que les montagnes qui m'entouraient pour me protéger sans doute. J'avais oublié qu'à cette époque, je consacrais la plupart de mon temps à l'étude de la peinture et du dessin - J'avais conçu une architecture extraordinaire - Des amis non conformes -Yoga - Mes universités - Hegel - Spinoza - Un vieil étudiant qui s'appelait Duval - Un ami de la CGT - Colleur d'affiche et syndicaliste - PSU - La chorale - Ma promenade préférée - Etienne - Je me méfiais des étudiants - Promenade derrière le château - Mes lectures de Karl Marx - La télévision en noir et blanc - Le théâtre communal - Le bel abbé - Alain Robin, Pierrot etc. - Permis de conduire.Cette liste que j'avais établie en 2001 était décousue. J'avais dressé mes souvenirs ,sans tenir compte de la chronologie. Ces souvenirs se rapportaient à des parties de ma vie qui se situaient vers mes quatorze et dix-sept ans, et pour d'autres lorsque j'avais vingt ans et que j'effectuais mon service militaire .J'avais aussi écris cette mise en garde :


-Lecteur mon ami si tu veux remonter plus en avant dans l'imbroglio de ma foutue existence, il faudra te taper les récits qui vont suivre. Ces récits sont des histoires banales que j'ai essayé de rendre captivantes ,mais comme je suis un auteur sans expérience ,j'ai peu être pondu à mon insu des récits mal alambiqués -Excuse moi d'avance (si tu peu)pour ces désagréments.



ODYSSEUS




LES ECRITS 2001



Première version de mes mémoires improvisés .





Les trois scouts

(Comment un récit peut naître de la mémoire photographique):

C'est grâce à une photo que mes souvenirs ont pu se déployer. Il a fallu cette photo pour que me revienne ma mémoire la vision des trois scouts .Leur image semblaient appartenir à un rêve que j'avais fait il y avait fort longtemps. J'avais à peine quinze  ans à cette époque. J'avais pris en photo les trois scouts, un jour où nous nous promenions sur les chaumes. Ils étaient debout sur un rocher. Aujourd'hui mes amis ont disparus .Lorsque je repense à eux ,je revois ma vie d'ouvrier et surtout je revois le local ou se tenaient nos réunions du samedi ,avec Pascal un prêtre ami qui nous réunissaient pour parler de notre expérience de la vie ouvrière .J'appartenais comme les trois scouts au mouvement la Jeunesse ouvrière chrétienne .Nous nous réunissions dans un local qui faisait partie d'anciens locaux industriels .Je tentais de me souvenir de cet espace ,mais curieusement j'avais du mal; j'apercevais surtout un grand supermarché à la place de notre salle de réunion. ; on avait construit un super marché sur les ruines du local ou se tenaient nos réunions.



 


ODYSSEUS



Des souvenirs me revenaient en mémoire ,et s'étalaient devant moi comme un songe.


Je voyais le visage d'un homme

qui avait frappé mon imagination

On l'appelait Pascal

Il dispensait tous les dimanches matin

Du haut d'une tour en bois sculpté

Des sermons

Qui effrayaient les gens bien pensants

Ses coups de gueule

Étaient aussi vivaces que ceux d'un loup.

Emporté par une ardeur peu commune

Il transmettait à ses ouailles sa foi en Dieu,

Nous écoutions parler Pascal le samedi

Assis en rond dans un local éclairé par la lumière du jour

Les discussions étaient vives

Je n'osais pas intervenir

Un samedi après midi un camarade, me désigna du doigt et me dit agressif

Pourquoi tu ne parle jamais Jean !

Je n'avais rien à dire étais ce un délit?

Un de mes camarade a pris ma défense

C''était un des trois scouts!

Cette scène m’est revenue en mémoire

Elle semblait tirée d'un songe




 


ODYSSEUS


Sur ma mémoire somnambulesque



J'avais un peu l'impression d'être affecté par un trouble de la perception . je me souvenais des scènes de mon enfance ,mais souvent des plus dramatiques ,comme celle qui m'est revenu en mémoire à cause qu'on m'accusais de garder le silence .Les souvenirs qui balisaient ma mémoire ,étaient confus . Le local ou se tenaient nos réunions avait disparu ;un espace vide hantait ma mémoire.






ODYSSEUS (2019)


 



J'avais décidé d'entreprendre la rédaction d'un roman ,dont j'étais le héros . Comme je ne savais pas bien par ou commencer mes récits ;c'était la photo des trois scouts qui m'avait mis sur la voie du passé.





Un roman imaginaire


J'avais reçu un coup une dague de ce garçon, un certain Brutus

Qui m’avait déstabilisé.

Brutus m'avait enfoncé une dague en plein cœur sans crier gare,

J'avais béni celui des trois scouts

Qui était venu à son secours.

Je m'étais dit: «Je dois garder en mémoire cette scène et la graver dans mon esprit»

Je devrai ne pas commettre la même erreur plus tard ,

Attaquer un innocent je détesterais faire ça.






ODYSSEUS



(Saint jean)




Celui que j'appellerai Saint Jean (mon héros) était dans la première version de mes  écrits un être un peu trop sensible qui détestait l'injustice .Le souvenir que j'ai gardé de lui ,cette attaque qu'il avait trouvé injustifié (on lui demandais de dire quelque chose alors qu'il n'avait rien à dire) lui était resté en mémoire .C'est  à travers un songe qu'il faut contempler mes récits .Saint Jean était à ses seize ans (dans mon songe) un être solitaire à la sensibilité excessive ;un être un peu idéaliste ,qui avait sans doute une haute idée de lui même .Pour lui un véritable héros ne devait pas s'attaquer aux plus faibles ;une intuition généreuse devait présider à la destinée humaine; ,il croyait qu'il existait une force morale surnaturelle ;elle ordonnait la vie. Une intelligence supérieure  régnait sur le monde des espèces ;elle pouvait donner une forme poétique aux choses ,mais aussi les faire s’effondrer ,il y avait dans  les choses de ce monde une grande part de mystère . 



La forme poétique du monde



Saint jean croyait en son fort intérieur qu'une langue secrète (issue du ciel) pouvait réconcilier des parties de nous en apparence opposées. Malgré le chaos qu'il voyait parfois régner en lui et un peu partout entre les hommes, il avait le sentiment qu'une harmonie céleste régissait le monde C'est pourquoi en observant Saint Jean ,de plus près je pouvais lui trouver des similitudes avec ce nouvel héros Odysseus qui hantait à présent mes écrits. Odysseus était comme Saint Jean ;il était convaincu qu'une sorte de plastique spirituelle   transcendante régissait le monde et qu'elle lui conférait une  gravité et une splendeur ,qu'on pouvais voir en action à travers les formes tantôt  régulières et tantôt irrégulières de l'univers; si toutefois on été un peu  attentif à son rayonnement.



 

UN AUTRE BROUILLON DE MES  ECRITS SUR SAINT JEAN



L'abbé que j'avais pris comme modèle à mes seize ans dénonçait toutes les formes d'humiliation, il enseignait des modèles de vertu qui étaient issus d'une vieille école de pensée que je vénérais. Je retrouvais dans sa pensée une partie de Montaigne, une partie d'Elie Faure ,que je lisais avec assiduité ;une partie de Chateaubriand .Je doutais souvent de tout. J'admirais l'abbé, car lui, ne semblait pas douter, il avait une foi puissante ;il serrait dans les replis souvent froissés de sa soutane noire un vieux missel dans lequel il plongeait de temps en temps pour méditer .Il pratiquait l'examen de conscience ;c'était disait il une manière de maintenir son esprit en éveil. Je voyais en l'abbé un être humain qui émergeait du lot, c'était un être humain capable d'exprimer ses sentiments et de décrire ses convictions et ses faiblesses sans rougir. Pour moi qui l'admirais ,c'était un homme exceptionnel .Même si la rudesse avec laquelle il défendait ses convictions me faisait parfois un peu peur ,je ne pouvais pas m'empêcher de l'admirer. .Je me disais qu'au final, si un tel homme existait, c'est que le monde n'était pas entièrement mauvais. Moi Saint Jean j'étais devenu un peu sans m'en rendre compte  son disciple.

 


ODYSSEUS


Suite de mes souvenirs et mémoires




Le Rouge Gazon




Le Rouge Gazon, c'est le nom d'un lieu-dit situé sur les crêtes (sur la ligne de montagnes qui fait séparation entre l'Alsace et les Vosges). Une colonie de vacances était située à cet endroit. Relativement à cette histoire (mes mémoires) ,je peu dire que dans sa vie d'hier Saint Jean (mon alter ego)n'étais pas seulement un jeune homme emporté par des passions littéraires flamboyantes ,un être parfois en proie à des révoltes violentes ;ou un admirateur des êtres charismatique comme l’abbé .Il était aussi un être sentimental ,un être un troublé par des affects profonds ,un être d'une sensibilité à fleur de peau ;son univers intérieur contenait des joyaux qu'il tenait en réserve ;sa vie sentimentale par exemple n'avait de sens ,qu'à cause de certains souvenirs qu'il aimait se remémorer en secrets .Si le gazon rouge avait gravé un tel sillon dans sa mémoire c'est qu'il était imprégné du souvenir obsédant et impérissable d'une jeune fille dont il était tombé amoureux lorsqu'il était encore un enfant .Si le gazon était si rouge ,ce jour là ;c'est qu'il l'avait revu à l'occasion de ce voyage qu'il faisait sur les chaumes, avec une partie de ses amis de la joc. Elle ,sa bien aimée était allongée sur les berges de sa mémoire .Il ne l'avait pas oubliée .Son cœur s'était emporté pour elle, alors qu'il avait à peine une dizaine d'années ;elle avait éclairé sa vie d'une lumière si vive qu'elle le poursuivait encore jusqu’ici. A l'époque ou il l'admirait ;il  suivait ses allées ,depuis la fenêtre du troisième étage de la maison des commis là où il habitait ;il guettais son apparition chaque jeudi lorsqu'elle revenait du catéchisme ; il adorait son allure ,il adorait son pull et ses nattes blondes ,;il était tombé fou d'elle . Son  visage animait ses pensées nuit et jour. Lorsqu'il pensait à elle ,son cœur  devenait semblable à un flocon de neige tombé du ciel sur sa main ;il le regardait fondre avec délectation et  stupeur ; cet amour d'enfance le hantait toujours .Son feu ne s'était pas éteint  il le rongeait toujours. 


 


Passage des Écrits 2001, rewrité en 2018:




SAINT JEAN




Il observait par la fenêtre les contours dorés de la vaste montagne. Il regardait le flanc de la montagne et les nuages roses qui s'allongeaient à l'horizon. Il regardait le ciel qui jaillissait au-dessus des sommets. Les reflets d'or d'une chevelure lui apparurent . C'était le visage adoré d'une déesse. C'était elle !.Elle qui illuminait ses pensées! .Il apercevait son visage à travers un songe ;c'était l'image d'un paradis ancien qui lui revenait en mémoire.


Ô déesse, toi, qui éclaire mes rêves

J'ai aperçu ton image perchée sur une dune lointaine

Tes nattes blondes flottaient dans l'azur


Pourquoi suis-je si vulnérable demanda-t-il ?.


Ma bouche lampe éteinte rivière bleue ne baisera jamais tes lèvres de jade!

C'est un autre qui t'amènera dans sa maison

C'est un autre qui soulèvera ton voile de vierge

Un autre qui t’enlèvera!

Car aujourd'hui ,jai renoncé à t'enlacer !





 



ODYSSEUS


Un poète égaré





C'était la même (la même déesse blonde) qui vient pour me hanter ,ce matin ,alors que j'écris  .C'est la même dont j'ai parlé plus haut. Je la dessinais sur la même table où j'écris présentement mes mémoires .Je la dessinais avec une frénésie qui me surprenait. J'avais installé mes crayons de couleur sur la belle table  ;elle me servait déjà de bureau ;mon cœur était troublé ,je sentais monter en moi une fièvre ; cela me perturbais .Je dessinais pour me délivrer.




ODYSSEUS


Mon rêve d'hier

à ressurgit

La fée que je vénérais est réapparue

Elle tient dans sa main une ramure d'or.

Elle est comme le soleil.

Je m'avance pour poser un baiser sur sa bouche

Un baiser somptueux

Mais j'embrasse un mirage!





ODYSSEUS



Hier je la dessinais ;j'étais envahit par des sensations troublantes ,(ce sont ces images troubles qui me reviennent en mémoire ).C'était la deuxième déesse que j'aimais d'amour fou ;la première je l'avais aperçu un jour de carnaval ;elle était déguisée en indienne ;elle habitait un restaurant prés de chez nous .Elle était d'une beauté supérieure .Ma deuxième déesse m'avait séduit elle ,à cause des deux nattes qui tombaient de chaque côté de son visage ;elle portait une jupe et un pull bleu marine, des socquettes blanches et des sandales, comme en portaient les jeunes filles qui faisaient partie de l'association des guides locales .Je l'aimais (sans m'expliquer pourquoi) son apparition m'enflammait .Pour la garder en vie jusqu'à son prochain passage je la dessinais .J'étais victime d'une passion .J'étais la proie d'une maladie, plusieurs fois dans ma vie j'étais en proie à ces troubles .J'avais les mêmes symptômes à chaque fois ,tremblements ;excitation ,perte de conscience de la réalité, demi évanouissement.





COME BACK


Je me souviens de ma déesse blonde un peu mieux à présent .Elle était franche et même un peu saillante, c'était la fille d'un commerçant. Le jour où j'ai enfin pu lui parler ,je suis ressorti déçu de mon contact avec; elle ironisait sur le monde ouvrier ,j'avais l’impression qu'elle me parlait de haut. Elle lança au détours de la conversation ,cette phrase qui me blessa ,car je l'ai pris pour moi : « Les ouvriers sont tous bêtes ils ne tiennent même pas une comptabilité de leurs dépenses ! ». Sa beauté que je vénérais toujours ,s'estompa d'un seul coup . Ma déesse se transforma en fille d'apothicaire ,j'étais déçu .Je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à l'amour violent qu'elle m'avait inspiré Mais j'étais obstiné, je me demandais si, faisant fît de tous mes préjugés, je ne pourrais pas la conquérir bien qu'elle soit si complètement différente de moi .Une voix   murmurait une Comptine dans mon oreille .



Am stram gram pic et pic et colégrampic et pic   oui la pluie mouille, Carabouille!.

Va l’eau!

Va en l’air!

Va t'en l'air toi aussi!

Soit pas nouille

T'épuise pas à aimer une fille d'apothicaire

C'est perdu d'avance !






ODYSSEUS, 2018



MES ECRITS S'ENLISENT


Les pages qui surgissent ici ,ne sont que de piètres écrits ; je me demande si je dois jeter à la poubelle les pages que j'ai écris .Mes visions sont instables et capricieuses .J'ai retrouvé un brouillons  ;il parlait  encore de ma déesse .



MA DEESSE AUX TRESSES BLONDES.


Elle était l'enfant d'un couple d'épiciers qui tenait un bazar dans une partie basse du village. Dans un premier temps, comme je l'aimais toujours, je lui trouvais du bon sens et je me disais qu'elle n'avait pas entièrement tord dans ses réflexions, mais comme j'étais ouvrier, je savais que ce qu'elle disait avec un léger mépris en parlant d'eux ne s'appliquait qu'à certains d'entre eux. Maman ma mère, qui était fileuse, tenait parfaitement ses comptes à jour et beaucoup d'autres femmes d'ouvriers en faisait autant. Un fossé me séparait de ma déesse . Je l'aimais toujours, car j'étais resté attaché à son ancienne image, mais une barrière se dressait à présent entre nous. Nous n'appartenions plus tout à coup au même monde .Je me disait qu'il était inutile d'adopter le point de vue d'un épicier pour la conquérir, et même si je savais que c'était la seule façon de pouvoir la séduire ,je refusais cette option. L'amour que j'avais conçu pour elle s'effrita dès l'instant où je pris cette résolution et petit à petit, sans que j'y prenne garde  l'amour que je portais à ma déesse m'apparut moins sublime.



 


                                                                    ODYSSEUS




Son visage rieur, ses tresses blondes et sa tenue bleu marine à col blanc appartiennent toujours à un grand rêve solaire lié à mon enfance. C'était un beau rêve. Lorsque je repense à lui ;un poème de Lorca surgit des vagues, une prose ravissante illumine ma mémoire .


Elle met un étrange turban

De nacre à l'écume

Et rime avec la mer

Autant que la voile.


Lorca. Poésie IV


  



ODYSSEUS, 2018



-Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes-.

Lautréamont. Poésie.



C'est  une entreprise vaine que de vouloir relire  ma vie à travers mes mémoires . Mes récits m'échappent; ils dévalent une pente invisible .



LA REPRISE D'UN ROMAN LAISSE A L'ABANDON

ODYSSEUS

Suite du roman de ma vie


Les écarts narratifs de mes écrits sont comme des écarts de mémoire: ils déposent des ratures sur ces pages sans que je puisse les éliminer ou les gommer. J'ai retrouvé un brouillons dans lequel je tentais de dessiner le portrait de l'abbé (Pascal) qui avait mon admiration à l'époque de mon adolescence .Revoir l'abbé ,c'était rendre hommage à un être que j'avais admiré ,mais c'est aussi poser la même question; pourquoi écrire? ;À une certaine époque, je rêvais d'enfanter des choses sublimes .Je voulais m'abandonner en écrivant à un songe littéraire ;ce songe à t'il un sens ;est il réel?.


 


Le brouillon que j’ai retrouvé sur l'abbé:

  


Je me dis à présent que ma tentative d’écrire sur l’abbé n’est peut-être qu’un simple moyen d’écrire sur ma mélancolie. J'ai appris par expérience que les hommes (dont je fais partie) ne peuvent s'empêcher de juger à tort et à travers leurs semblables. C'est pourquoi aussi je dois bien réfléchir avant de balancer devant leurs yeux n'importe quoi. C'est pourquoi, lorsque je revois Pascal, ce curé rouge au charisme chavirant ;je me dis que je dois serrer les freins et prendre garde de ne pas balancer n'importe quoi à son sujet. Je l'avais vu assis juste un peu avant qu'on se quitte dans la position d'un bouddha prêt à accéder à l'illumination .C'était devenu pour moi un modèle de transcendance, j'étais persuadé qu'il avait depuis que je l'avais quitté accédé aux plus hauts degrés de l’en-stase, qui est le stade suprême de la libération pour les bouddhistes. Je le voyais fréquemment dans mes rêves assis en pleine méditation sous un arbre sacré, j'avais de lui une idée lumineuse, fantastique, presque irréelle. Contre toute attente, j'ai reçu de lui de très mauvaises nouvelles. On me disait qu'il avait sombré ;il s'était mis à boire. Pour moi, c'était presque impossible qu'une telle chose lui arrive, car je le voyais toujours comme un titan. Il m'avait impressionné par son énergie et par sa volonté. Sa foi me paraissait invincible. Il donnait l'impression de sauter les obstacles et de les faire disparaître. J'avais du mal à admettre qu'il ait pu chuter si radicalement, d'une manière si terrifiante, car la chute dans l'alcool ressemblait dans mon imaginaire à une déchéance absolue . Son visage se superpose à présent dans mon esprit à cause de sa chute galvanique dans les enfers de l’alcool à celle de Pasolini, peut-être à cause de la mort ténébreuse du poète assassiné c'était sur une plage ,on lui avais écrasé le visage avec un pierre. Les deux être n'avaient à priori rien en commun ,à part leur visage qui semblait taillé dans un cep de vigne, et le fait qu'ils soient Italiens tous les deux. C'est moi qui cédais à un sentiment de beauté tragique .Je revoyais une partie de mon passé rempli de sincérité amicale à l'égard de Pascal ,avec un lyrisme auréolé par une imagination qui était débridée . Hier, je voyais Pascal comme un stylite perché sur une colonne. Il était un prêcheur du désert. Il s'agitait devant mes yeux, et mes yeux qui déformaient tout l’embellissaient .A présent je ne le voyais plus comme un saint mon imagination qui l'avait illuminé le défigurait .Ma lecture trop intense des chefs-d’œuvre littéraires ,infectait mes songes ;elle fabriquait dans ma tête des êtres irréels ;ces êtres chimériques ressemblaient parfois à des monstres . Un conteur idéaliste me harcelait ,il avait le visage frêle exalté ,obstiné, et buté du jeune homme que j'étais à mes seize ans ;à ses côtés je revoyais Pascal le seul être héroïque qui avait assez d'éclat pour me faire aimer l'humanité .Il faisait vibrer d’une beauté singulière l'espace mélancolique de ma vie ;il était comme un archange dans l'azur. Je racontais mes histoires envahit par le charme de son être précieux.




ODYSSEUS



UNE VIE HEROIQUE IMAGINAIRE



Dans la même époque, que j'ai décris je m'étais découvert une grande ambition : je rêvais de devenir Michel-Ange. C'était une de mes folies. J'en avais plusieurs, mais celle-là dominait. Je connaissais la vie de Michel-Ange par cœur, j'avais acheté un livre sur lui, je rêvais de l'égaler. Comme je passais mes journées en dehors de l'usine à dessiner et à peindre ,mes amis voyaient en moi un artiste .C'est pourquoi ils m'avait désigné pour intervenir sur la construction de la crèche de Noël ,un projet Dantesque .La crèche devait être installée dans l'église paroissiale aux piliers de grès roses et gris.. Emballé par la tâche que m'avait confié mes amis et Pascal Je me voyais comme un nouveau Michel Ange ;très vite je m'étais mis à l'ouvrage ;je voulait frapper les esprits en construisant une œuvre éblouissante ;mais je voulais rester modeste .J'avais proposé à mes camarades et à l'abbé de réaliser une crèche découpée dans du carton .J'avais fait une maquette ;sur ma maquette j'avais fait apparaître en fond une église détruite et devant trois personnages de grandes dimensions ,un noir un blanc et un jaune ;comme je voulais montrer la dimension philosophique de l'existence ;j'avais placé dans leur main de gros dés on pouvait lire ,en grosses lettres sur ceux ci foi, amour ,haine ,jalousie etc...Ma chapelle Sixtine- à moi, c'était l'équivalent d'une métaphore existentielle ;je voulais représenter les doutes qui me traversaient l'esprit. Pour moi  en but à toutes sortes de question l'église était devenu un sujet d'interrogation ; je la contestait ,et sans doute  je voulais m'affranchit d'elle .


J'ai retrouvé ce brouillon :(J'ai placé une variation du même texte en annexe à la fin du livre I).


J'avais découpé dans du carton une grande église que j'avais peint, j'avais peint l'église à moitié détruite. Je voulais que l'image frappe, c'est pourquoi l'église était grande. Même à moitié détruite, elle occupait un vaste espace au centre de ma crèche. J'avais disposé au milieu du décor trois hommes grandeur nature eux-mêmes découpés dans du carton. Peints de couleurs vives, ils représentaient l'humanité. Il y avait un noir, un blanc et un jaune ; ils tenaient tous dans leurs mains des dés à jouer de grandes dimensions. À la place des points qu'on trouve généralement écrits sur les dés, j'avais écrit des mots « Amour, Foi, Passion, Haine, Justice » etc. On m'avait donné carte blanche, j'en avais profité pour représenter dans ma crèche les symboles du défi lancé à l'homme dans sa course pour l'existence. Si l'église était en ruine, c'était la marque d'une faillite plus que la contestation de l'ordre traditionnel. Si le petit Jésus figurait bien ma crèche, il n'en était pas le héros principal. Le héros principal, c'était l'homme mis en face de ses contradictions. Cette crèche, c'était mon chef-d'œuvre ; elle marquait une rupture symbolique avec le cycle biblique de mon enfance .La rédemption passait pour moi par la remise en cause de ma foi ,j'effectuais comme me l'avait appris l'abbé un examen de conscience public .Je montrais ouvertement sur scène mes doutes sur la souveraineté et la grandeur de l'église .Dans mon esprit seul l'art et la création demeuraient vital ,je ne le disais pas, mais c'était je crois là mon vrai message.






ODYSSEUS


 


Ce ne fût pas la crèche qui fît scandale. C'était un texte qui s'égrenait sur une bande magnétique .On m'avait demandé d'en écrire un comme mes autres camarades ,les textes devaient être diffusés à la messe de minuit. Certains textes étaient apaisés et restaient polis, le mien était  polémique .Emporté par une fougue littéraire juvénile; j'avais jeté le mien  sur le magnétophone ,sans mesurer l'impact qu'il pouvait produire .  



Je rejette ton monde église,

Car je n'y vois plus Dieu.

Je rejette ton monde église,

Car sur la face éblouissante de tes saints,

Je ne lis plus la compassion

Je rejette ton monde église,

Car tes fidèles à présent errent avec des yeux absents (Dans les demeurent du ciel ).1




Je n'ai pas retrouvé le fragment original du texte ,c'est pourquoi je l'ai réinventer J'avais seulement gardé en mémoire la forme lyrique de la scansion qui m'avait saisit en l'écrivant . Ce texte avait jaillit d'une seule traire de mon cerveau .Ce qui m'inquiétais ,ce n'étais pas les réactions du public ;mais les réactions de maman ma mère. J'étais en guerre contre elle à cette époque ;son autorité et son amour de l'église m'étaient devenu insupportable .Elle n'a pas assisté à l'office ,(où je n'en ai rien su) car elle na ma jamais parlé de cette messe de minuit; je crois que pour elle ,c'était une honte d'avoir un fils qui critiquait ouvertement l'autorité religieuse ;surtout en publique .J'avais décidé d'afficher ma révolte J'étais en guerre contre tout ce qui symbolisait de près ou de loin l'autorité . Je n'étais pas forcément  un fanatique; à la même époque, je lisais Montaigne qui me ralentissait dans mes emportements; je détestais   simplement l'hypocrisie du monde.

 




ODYSSEUS



Autres  fragments de brouillons.






Passage des Écrits (2001), repris et transformé en 2018 :



 


J'étais devenu, presque s'en m'en rendre compte, le disciple le plus radical de l'abbé. Avec mes camarades, nous étions rentrés dans un combat pour exiger notre part de vérité, nous le faisions avec l'extrême ardeur de la jeunesse. Pour Pascal, la jeunesse était le fer de lance d'un Christ émancipateur et révolutionnaire. Son pari, il nous le disait ouvertement, c'était de croire que l'homme était capable de s'élever au-dessus de sa condition et de s'élever, grâce à la foi, vers cette part de lumière qui transfigurait tout. Il rêvait d'un monde transfiguré par la parole de Jésus... Moi, Saint Jean, son disciple, j'étais surtout un jeune homme en révolte. Je voulais trouver ma voie, j'étais né pour créer, le reste m'importait peu. Mes transports et mon exaltation allaient être freinés par la dure réalité, mais j'aimais cet affrontement. Si je voyais en rêve ma destinée, je la voyais belle, insolente .Mais certains jours, je me rétractais ;je ne voyais plus que le sort malheureux qui m'était fait. Je me sentais comme Kafka prisonnier d'une citadelle. Mes rêves de création s'effondraient, j'étais emporté par des visions catastrophiques .Je me voyais bientôt renaître en révolutionnaire intransigeant ,dans mes pires moments de délire je m'identifias à Robespierre . J'abritais en mon sein un être inflexible aux mœurs indomptés .Au visage impitoyable de Robespierre vint s'ajouter bientôt celui de Lénine. Maman ma mère s'effraya car elle assistait à mes transformations .J'avais épinglé le visage de Marx sur mon bureau ,cela lui faisait peur Je voulais changer le destin de l'humanité. Je me voyais surtout en insurgé existentiel  .Quelques temps plus tard, devenu un autre  dans mes rêves , j'avais décidé de rompre avec le cycle de mes révoltes adolescentes ,j'avais décidé que je serais un grand dramaturge. Je m'exerçais à écrire des pièces de théâtre solaires .J'observais ravis ,le monde depuis mon génie naissant. J'étais à la fois peintre écrivain et poète .J'avais une mission artistique à accomplir !.




UNE NOTE


Mars 2018



Ma mission artistique a échouée ;j'ai l'impression d'où je suis à présent d'avoir rêvé ma vie . Je suis assis au pied d'un grand mur de sable qui a la forme d'une mer éternelle .Je vénère la mer, et ses mirages ;je suis sujet aux mêmes visions exaltées et contradictions que lorsque j'étais adolescent (je crois toujours à la dimension surnaturelle du monde);mais je suis devenu aussi un adepte de la pensée positive; je crois à la science ,à la rigueur des enseignements humanistes, je crois toujours au génie humain ;mais je suis un peu sur la réserve ;car j'ai vieilli et le monde  aussi. Cette nuit j'ai fait un rêve.je me voyais mort  des enfants jouaient autour de mon cercueil recouvert de feuilles d'or ,la vie  pour moi  avait pris une autre  dimension.

 




ODYSSEUS




Le roman du monde

Aujourd’hui, en l’an 2019 :


Moi, Odysseus, si je n'avais pas directement fait l'effort pour lire dans mon passé, je ne me serais pas aperçu que ma vie avait changée. Je restais souvent prisonnier des images du passé. J'étais  agité en permanence par des dérèglements. Je devais lutter  contre de nombreux ennemis imaginaires, ils étaient installés en moi. Certaines nuits, enflammé par mes pensées, j'étais effrayé ,je me disais que je vivais dans une autre existence que la mienne c'était autre une part de moi qui  était là ;c'était Odysseus, qui était là devant moi ;il m'interpellait ;il voulait  plonger dans le Graal; -    Une force mystérieuse  m'agitait-.


 

ODYSSEUS



« Cette force  me hante  »




Aujourd'hui, mon sacre d'écrivain jamais réalisé est plein de récits autobiographiques abandonnés. Ce n'était pas des récits construits ;c'est juste des esquisses de contemplation  des calques sans fin de mes déambulations. Je ne suis pas  le barde intemporel que je voulais être .Le livre de ma vie aventureuse ne me livre que des brouillons .Le chant surnaturel que j'aimerais voir jaillir  ,ce chant  est freiné par des pesanteurs .Je suis un être extraterrestre  habillé de plomb mes chants sont freinés par des chaînes .





ODYSSEUS

Les Écrits (suite)

 

Un brouillon d'hier  que j’ai remis sur pieds :






UN FRAGMENT DE MON PORTRAIT TERRESTRE




Saint jean, mon alter ego, découvrait à l'âge de raison que le monde n'appartenait pas seulement à Dieu et qu'il n'était pas fait d'êtres emplis de pure bonté et de générosité, comme on avait essayé de lui faire croire dans son enfance. Dans la réalité, les hommes étaient emplis de férocité. Les plus riches, les plus féroces, les plus retors et les plus aguerris se réservaient les plus belles parts du butin, souvent sur le dos des plus faibles. La vie n'était qu'un combat sans fin où les plus forts et les plus malins se distribuaient les biens de ce monde avec un total sans-gêne. Au fur et à mesure qu'il croissait en maturité, Saint Jean voyait s'agrandir la face sombre du monde. Sans doute, sa sensibilité, qui était extrême, s'employait-elle à tout rendre encore plus sombre. Mais il n'y pouvait rien, il avait vu le monde à découvert depuis qu'il avait ouvert les yeux et les tremblements hypocrites de son spectacle l'avaient profondément déprimé. Si l'homme nouveau, que Saint Jean appelait parfois de ses vœux lorsqu’il se remémorait les passages fougueux que l'abbé lui jetait au visage (pour lui rappeler qu'il était un être voué à la lumière), il voyait bien qu'il était plus difficile d'accéder à la beauté, à la vérité, à la bonté ,à la lumière ;que d'accéder à la médiocrité d'un monde sans grâce .Il devait s'exercer avec application à rentrer dans une pensée éclairée pour affronter le monde ténébreux. Il devait, exercer son âme à pénétrer dans le monde de la lumière .Il devait  sortir hors de l'agitation qui imprégnait le monde matériel   -le monde de Darwing -.




 



ODYSSEUS


  

 

À travers mes diverses tribulations, j'ai appris à saisir la vie au rebond, car j'ai souvent observé que le mouvement de la vie (surtout celui de ma vie) était d'une constance naturelle imprévisible. Il suffisait  qu'une porte s'ouvre pour que l'espace qui était trouble l'instant d'avant devienne plus clair l'instant d'après. J'apercevais des êtres somptueux sur ma route,  J'aurais voulu   leur ressembler . Quand je les voyais, je retrouvais le souffle de l'innocence ,ils marchaient à mes côtés comme des créatures célestes. Ces êtres extraordinaire  peuplaient au quotidien l'héroïque fragilité de la vie. Même si personne ne semblaient les voir, je savais qu'ils existaient.





                                                                                                                                                                                                                                       ODYSSEUS



    JE ME SOUVIENS DEPUIS TOUJOURS J'AVAIS VECU DANS UN MONDE DOUBLE



Pour me distraire ,durant mon adolescence ,je lisais Tintin au Congo ou la vie d'Astérix. Je feuilletais des Spirou. Ces livres d'images me rassuraient .Dans mon enfance tous mes illustrés étalés en vrac près du siège des toilettes familiales, me rappelaient mon addiction à la BD. Quelques années plus tard, je contemplais dans le sommeil de mes certitudes philosophique les abysses fantastiques du génie humain ;de grands penseurs à l'écriture éclatante et parfois austère remplaçaient mes Bandes dessinées .Ma vision du monde s'était élargie .j'avais un sentiment de fierté ,en contemplant des œuvres qui représentaient le sommet de la pensée . Lorsque j'ai découvert en livre de poche l'œuvre magistrale de Spinoza (que je lisais part fragments) je suis arrivé d'une certaine façon au comble de la félicité ;les écrits de Spinoza me rendaient serein et heureux .Je n'avais que dix-sept ans ,mais je  sentais bien que j'avais atteint ici une île extraordinaire. J'avais compris en le lisant que la vie était un long voyage . Je voyais se dérouler devant mes yeux les paysages splendides de la vie  .Je marchais avec Spinoza au milieu d'espaces immenses avec un esprit léger, rien ne m'effrayais. Spinoza me transportait dans un monde  merveilleux intemporel . Avec lui, je marchais sur les eaux ; pas une vague pour me faire chavirer ,pas une pensée négative pour me faire chuter ,tout me semblait en équilibre et harmonieux ;je comprenais  que j'avais fait la rencontre d'un esprit supérieur .Après l'avoir lu ,j'avais la certitude d'avoir hébergé un être céleste dans ma poitrine .Le génie de Spinoza me faisait toucher du doigt une façon de penser surnaturelle ;libéré de la pesanteur ,plongé dans sa douceur, j'avais l'impression d'avoir atteint une forme d'éternité .J'étais heureux d'exister. Les grands fauves imaginaires qui s’avançaient auparavant vers moi pour m'effrayer ,je les regardais à présent droit dans les yeux ;ils appuyaient parfois leur tête contre la mienne .Une clarté spirituelle issue du monde de Spinoza me faisait voir le monde différent ;le monde obscur, devenait lumineux et d'une beauté sans équivalent .Je compris qu'il existait  -cachés  derrière l'univers apparent -des univers subtils .En lisant Spinoza ,j'avais eu la conviction qu'un être épris d'un amour absolu gouvernait l'espace et le temps . je retrouvais tout à coup la simplicité et l'éblouissement des mondes supérieurs que j'avais aperçus dans mes rêves lorsque que j'étais encore blottit dans le ventre amical de maman ,ma mère .



 



ODYSSEUS


Suite de mon épopée



Un Brouillon :

Passage des Écrits (2001):



Le lendemain, ou les jours suivants après  ces moments d'extase qui m'avaient pris, en lisant Spinoza ;sorti de mes rêveries solitaires, je retrouvais l'affreuse usine blanche. Je devais affronter mon désarroi .Mon entrée à l'usine était l'équivalent d'une épreuve ,une épreuve terrestre. J'arpentais la jungle de mes métiers à tisser  comme un damné  qu'on aurait   jeté au pieds d'un colosse. J'étais ,un esclave  qu'on immolait  pour faire plaisir à des machines ;je luttais (en esprit)  pour m'extraire de la jungle abominable  où la destinée m'avait  jetée. J'effectuais  mon labeur  mécaniquement tout en rêvant que  j'étais un héros pris dans le piège d'une  vie cosmique exaltante .Je me  comparais à Dante en train de composer la Divine Comédie .Je voyais se dresser devant moi  la fresque  hallucinante de ma vie héroïque qui s'écrivait au rythme frénétique que faisaient les machines à tisser. J'étais un poète  sacrifié au Dieu antique  barbare qui  écrivait  la destinée.





ODYSSEUS




JE RECITAIS LES CHANTS DE DANTE EN EPOUSANT LE RYTHME INFERNAL DES MACHINES


Chant I

-Au milieu du chemin de notre vie

Je me retrouvai par une forêt obscure

Car la voie droite était perdue

(Dante Canto I. L'enfer.)

Chant II

 Au dessus de moi

Une force ascensionnelle décrivait

Des cercles d'or.

Chants II

Je voyais des brises blanches

Glisser sur des mers sublimes horizontales

Chant III

Spinoza  marchait devant moi

Ses chants déposaient une lumière  céleste sur les vagues

Sa voix profonde  provoquait un remous

Qui ridait la surface

Des eaux

Chant IV

Je cherchais désespérément  à atteindre le ciel

Un océan de lumière agitait l'air.

C'était dans une autre dimension

  que se tenait la beauté radicale

que j'espérais atteindre.

Chant IV

Je savais qu'il existait un autre univers

J'avais vu son corps de craie et de soie blanche

qui serpentait au milieu du remous des machines qui s'amusaient à tisser ma destinée








ODYSSEUS (suite)




Des êtres immortels nageaient invisibles dans ma tête. Ils lisaient dans le secret des âmes; ils auscultaient en permanence le fond lumineux de l'humanité. J'étais au milieu du ciel ;j'étais  assis sur un buffle  ,j'avais pris l'apparence d'un sage ,j'étais souvent sujet à des extases . Je méditais sous un arbre comme Bouddha; j'étais aussi de temps en temps comme un stylite à genoux sur une colonne de fumée qui brulait dans un désert  aride .J'étais devenu un être impersonnel


Je contemplais les vérités éternelles

J'observais la beauté du monde

Illuminé par la gravité

d'un être grandissime ,

J'étais pas loin d'être  Odysseus





 




ODYSSEUS


Suite de ma saga




Un roman difficile

 

On comprendra par quel côté je peux détester l'homme qui s'est mis en tête de mettre ma vie en songe;. Cet être fait partie des crétins qui encombrent l'humanité avec leurs précieux moi et leurs grandes convictions . C'est ainsi que je voyais, ce matin, au réveil (bien peu triomphal), l'apparition de mon ouvrage Odysseus. J'étais franchement désabusé et certain d'avoir failli avant même d'avoir songé à faire publier mes récits .Ces récits de mes vies réelles et fantasmées m'obligeaient à me lever chaque jour à sept heure pour travailler mes fictions. «  Il vaudrait mieux renoncer maintenant ,au lieu de t'acharner,  tu est nul! ».La voix mystérieuse qui me poursuivait donnait  son avis sur mon entreprise littéraire; comme a chaque fois il était défavorable.

 


ODYSSEUS



 SOLILOQUE




Est-ce l'objet de mon travail de scripteur de mettre en scène mes passions contradictoires? Récit d'initiation ou roman d'aventure, roman épique ou psychologique, roman d'ébranlement existentiel ;dans quel registre placer mes Écrits ? À l'époque de ma petite enfance, j'étais le héros d'un roman fantasmé qui n'avait d'autres ambitions que de m'amuser .Quelques années plus tard ,je rêvais de conquérir des causes grandioses et d'y introduire mes convictions universalistes; je luttais pour conquérir une nouvelle vie glorieuse ;j'avais cessé de me poser ces questions  Qui suis-je ?. Dieu existe t'il? A-t-il un visage? Me voit il?. Je croyais à un idéal de liberté total; c'était à moi de conquérir  ma liberté pas à Dieu. .Hier je croyais déceler dans le ciel et au fin fond des galaxies les signes d'un ordre secret, un équilibre mystérieux réglait l'univers ..Aujourd'hui, le doute me prend ;et si tout cela   n'était qu'un mirage?.



                                                       ODYSSEUS


                                                   ECRIRE




J'ai pensé à une certaine époque conquérir la vérité par le biais de mes écrits,. J'avais couché sur le papier  une théorie qui définissait ma vision magistrale de la vie. je venais à d'avoir vingt sept ans J'avais écris LA THEORIE DES RECITS. Pour moi tous les récits écrits parlaient de l'origine  immatérielle de la vie. C'était par là qu'on devait commencer pour comprendre l'existence ,il fallait tirer sur le fil de l'écriture ; elle détenait les principaux mystères de  l'origine.




                                   LA THEORIE DES RECITS.

                                                  

 

Dans mon cahier à couverture bleue ,je spéculais sur l'existence d'une forme sublime d'écriture .Cette idée que l'écriture contenait un idéal supérieur d'existence me  servait d'appât . C'était un idéal  noble à atteindre .J'espérais que cette écriture mènerait à ma libération  ;je revois les délires qui s’agitaient alors sur  la surface de ma mémoire .Je travaillais d'arrache pied à la mise à jour d'une nouvelle écriture. Lorsque je relis les pages de mon cahier,  que j'ai consacré à cette lubie ,je me revois aussi têtu qu'aujourd'hui dans mon obsession de mettre à jour   un espace de vérité universel à travers mon Odysseus. .Je voulais faire apparaître une  langue sidérale .Mes écritures chevauchaient la page blanche qui  prenait la forme de paysages à plusieurs dimensions  .Mes récits  plongeaient dans  l'espace de la  page blanche  comme dans un cosmos à inventer. Ce que j'appelais la théorie des récits c'était ces visions (des récits) qui devaient provoquer des bouleversements  dans la tête du lecteur . .Je m'exerçais à les écrire ;j'étais toujours à deux doigts d'y arriver :mais au dernier moment  cela m'échappait  ;  les  récits que je tentais de mettre à jour me fuyaient . Même à présent ,j'ai encore des hallucinations ;je crois apercevoir à chaque détour de mon cahier les dérèglements que j'espérais engendrer dans la tête du lecteur .J'étais persuadé de bientôt mettre à jour un nouveau mode de perception du langage. J'étais un chercheur qui écrivait pour le futur. Persuadé de pouvoir mettre à jour une nouvelle manière d'écrire, puisque j'en avais prédit l'apparition, je m'exerçais inlassablement à en monter des exemples .A travers les jets d'écriture que je couchais  sur le papier ;je croyais voir  apparaître « des récits imaginaires ». Ces récits étaient des visions fractale d’une poésie spatiale  imaginaire. J’avais une idée purement  abstraite de l'écriture; je creusais des sillons qui contenaient une forme d'écriture  qui n'existait pas (pas encore) mais qui apparaitrait bientôt à travers mes ratures.Je voyais dans mes brouillons surgir une nouvelle langue; j'écrivais pour les   voyants  d'une civilisations future qui serait capable elle de me déchiffrer .


 

 


ODYSSEUS




Aujourd'hui ,lorsque je parcours en somnambule mes écrits ;j'ai l'impression de voir  un roman imaginaire dissimulé dans ma mémoire-Ce roman -;ce n'est pas Odysseus ;c'est un objet magique  qui m'échappe.

 



                                                              MA  FANTASIA LITTERAIRE



 

C'était écrit en toutes lettres dans mon manifeste. « Tirer des modes d'expositions aléatoires des récits la puissance même d'une découverte ». Trouver un mode d'investigation du réel tiré de l'écriture elle-même ». C’était peu après avoir écris – La théorie des récits- la voie que j'avais décidé de suivre en écrivant  mon Odysseus.. Odysseus,ce fou  a peut être décidé de reprendre  ce rêve fou d'écriture. Ce rêve est ultra -transcendantal. Il veut  plonger  le lecteur dans le cœur d'un roman métaphysique dont l'écriture est  la seule, la principale et l'unique héroïne. Ce rêve qui m'excitait hier et faisait vibrer toutes les cellules intelligentes de mon corps; j'ai un peu  la sensation aujourd'hui qu'il s'efface ;'ce rêve  appartient peut être  à une autre époque de ma vie?.  A mes trente ans, j'étais en proie à des visions démesurées  Okapoulkofou (mon essai raté) représentait le premier volet de cette folie qui s'était emparée de moi (via l'écriture) . C'était dans la nature fantasque de mon caractère de plonger dans des essais douteux ;j'assimilais mes essais d'écriture à du génie .Je voyais le monde à travers avec la flamme ardente qui brûlait dans mon âme . Lorsque quelques années plus tard , j'avais lancé avec mon ami Manuel le groupe « Transmigration » une puissance poétique surnaturelle  m'avait  invité à écrire des choses que je peine à lire sans m'étonner; un autre  sans doute  écrivait à ma place.  





Le manifeste «Transmigration» (1980) :

Un très bref extrait.


CERTAINES FRONTIERES, CERTAINES LIMITES, CERTAINS TERRITOIRES SONT EN TRAIN DE BASCULER. Les Transmigrationistes déclarent qu'une révolution invisible est en train de s'accomplir. Elle est indissociable d'un nouvel état de perception. Cette nouvelle perception obéit à des lois universelles invisibles. ELLE REVENDIQUE POUR TOUS LES ETRE QUI PEUPLENT L'UNIVERS LE DROIT A L'ÉTERNITÉ.




 



ODYSSEUS




Même ,les civilisations les plus solides ont fini par périr ;c'est pourquoi revendiquer une forme d'éternité ,et prôner l'abolition des frontières est sans doute irréaliste et  utopique . J'étais atteint à une époque ,et mon ami avec moi par des rêveries pleines d'innocence et de flagrances poétiques . De ma psyché sortait des feux qui brouillaient mon esprit. Je naviguais sur des mers imaginaires Mon voyage m’entraînait vers des mondes illuminés par le feu de mes visions intérieures .J'avais lu et relu plusieurs fois les ouvrages de Castaneda * Je pensais que l'homme avait été conçu par une intelligence qui conservait l'essence poétique du monde dans ses mains . L'homme des temps modernes devait retrouver cette essence qui était poétique . Les artistes du vingt est unième siècle devaient renouer avec les traditions de pensée des alchimistes ; ils devaient élaborer les nouveaux alphabets solaires des temps futurs avec l'aide de la science moderne et de la technologie. Les Transmigrationistes étaient les rêveurs de cet ordre nouveau que rêvait d'enfanter les  enfants de l'ère post-moderne.



*Carlos Castaneda est devenu mondialement connu après la publication de sa saga  -Les enseignements de Don Juan -.








 


                                                    DES MONDES PARRALELES




La méditation immobile enveloppait le mouvement inaltérable et la vie, la conscience en éveil engendrait des transformation biologique et spirituelle qui pouvaient se transmettent à toutes les espèces. Mes visions  étaient issues de cette culture alternative néo libérale transgressive qu'annonçaient déjà à leur façons les révolutions psychédéliques des années soixante et soixante dix .Nous étions une génération qui vivait en imagination dans un espace hors temps ;nous étions à la recherche d'une poétique subversive .Ces visions spirituelles qui nous tenaillaient; paraissent aujourd'hui complètement utopiques . .Il nous semblait ( à l'époque transmigrationistes) que la véritable révolution était celle qui touchait à la conscience humaine ,aujourd'hui qui pense encore de cette façon?. .Le groupe Transmigration était une associations d'artistes déjantés qui rêvaient du Graal. Nous étions les enfants du baby boom, en lutte contre -La civilisation liquide-  dont parle Zigmun Bauman ;c'était la civilisation meurtrière  que dénonçait Henry Miller dans son cauchemar climatisé; nous vivions dans un songe .J'étais   jeté tout entier dans ce songe. .J'ai tenté d'écrire sur cette période  un texte Transat  ;je voulais  me remettre en mémoire, la puissance somnambulique de ces instants  .Transat, est un récit inachevé comme cinquante pour cent de mes récits autobiographique . 


 

 



ODYSSEUS


Mes Visions prémonitoires



Un jour où je jouais au ping- Pong; j'avais vu surgir, une balle qui tournait sur elle-même au ralenti. Je venais de faire l'expérience ,que la conscience était extensible et que notre notions de l'espace et du temps était juste relative. Les hommes avaient réussi à l'aide de leur intelligence à pénétrer les lois de la physique et de la dynamique qui semblait régenter l'univers, mais ils étaient incapables de percer la dynamique surnaturelle qui régnait derrière. Derrière les lois physiques existaient des lois surnaturelles ; elles étaient difficiles à saisir car elles ne reposaient pas sur des perceptions ordinaires. Il y avait un fossé qui séparait le monde des perceptions ordinaires des perceptions surnaturelles . Pendant longtemps ,j'ai été persuadé que l'homme n'avait qu'une conscience limitée de l'espace et du temps ,car j'avais rencontré des phénomènes surnaturels qui contredisaient mes perceptions ordinaires. En prenant de l'âge je me suis mis à admirer ,le génie humain, car il semblait déchiffrer les énigmes du cosmos avec une incroyable habileté. À cause de mes visions métaphysiques, lorsque j'avais trente ans; je tenais pour peu les hommes de science .Ma passion excessive pour les univers parallèles mes penchant pour les rêveries transcendantes ,me portaient à dévaloriser la part de la volonté humaine. Ma conception du monde reposait sur des visions intuitives. Il y avait un fossé que je ne parvenais jamais à combler entre le monde de mes rêves et le réel .J'ai plongé dans le chaos d'une vie poétique pour échapper à l'ennui d'une vie dominée par les bulldozers de la pensée rationaliste .La poésie me servait de brise glace. Égaré par mes vision intuitives, ,je suis devenu un poète somnambule, j'ai dérivé dans un monde qui ressemblait à une banquise remplie de lumière poétiques sublimes . Éblouis par mes songes , je m'éloignais de plus en plus du monde réel. Je ne voyais plus le monde tel qu'il était, je le voyais avec les yeux de mon égarement qui était d'une beauté total. Aujourd'hui encore, lorsque je ferme les yeux, j'ai l'impression d'errer sur une banquise blanche qui engendre des rêves démesurés et des délires ;mais je sais à présent (grâce à la science),que la banquise bien quelle soit encore d'une grande beauté, va bientôt disparaître .Je suis devenu plus lucide sur la fragilité de l'univers dans lequel nous vivons.





ODYSSEUS



Vision du Graal


J'étais dans ma chambre à Paname assis dans la posture du méditant, je pratiquais depuis quelques semaines des exercices de respiration; je voulais atteindre (après avoir lu un des livres sacré de l'inde -les Upanishads du yoga-) l'énergie supra naturelle cachée dans les espaces lointains océaniques .Un jour ,je me suis retrouvé  hors sol  .J'ai vu stupéfait ma vision s'agrandir d'une façon  magique ;il me semblait qu'une conscience supérieure était entrée  en moi .Une  puissance (que j'identifiais alors avec la puissance du Graal ) me remplissait tout entier; elle était lumineuse d'une beauté  sidérante tellement éblouissant ,que j'avais peine à réaliser où j'étais et qui j'étais. J'étais  happé  par le feu  d'une puissance supérieure que   j'appelais le Graal ; c'était en réalité  la puissance énergétique de la Kundalini .Une force gigantesque m'attirait  ;elle m'enveloppait et me tirait a elle ;alors ,j'ai pris peur ;j'étais pétrifié ;je craignais tout à coup de me perdre dans les abysses  ;je n'avais  personne pour me guider je me sentais  vulnérable .Je me suis propulsé  d'un seul bond hors de ma chaise (de méditant); ;je venais d'éprouver stupéfait la puissance du Graal .Cela se passait en 1985 à Paris .J'avais tenté ensuite  de décrire  dans mon journal de bords le choc de cette apparition. 

 


Un extrait des récits du seuil 

1985-1986, un cahier à couverture coquelicot.




04 mai 1985.Dans ma chambre à Paris.


Depuis deux jours, j'ai l'impression que mon corps se dilate ,il devient léger, il est rempli d'une fabuleuse énergie. Depuis que je pratique les exercice de respiration d'écrits dans les Upanishads ;j'ai l'impression que ma conscience  flotte dans l'air ;ma chambre devient toute blanche.; des molécules iridescentes dansent partout dans l'espace de  ma chambre .




Le 6 mai  dans ma chambre:


Aujourd'hui ,  tout de suite après mes exercices de respiration ,j'ai senti des picotements au bout des doigts, et  une vague d'énergie cataclysmique m’a submergé.  Ma conscience était en train de muter . Je nageais dans un espace aérien  lumineux. Mon corps n'arrêtait pas  de grossir, il devenait immense ,c'était effrayant, inattendu ,d'une beauté irréelle  .Tous mes sens étaient en éveil; ils vibraient d'intensité .Le temps n'existait plus; c'était  d'une beauté totale!  J''étais sans trouble .Je m'appuyais serein sur le va et viens de ma respiration Cet instant dura un temps  impossible à décrire ..J'étais  transporté au sommet d'une montagne ou l'air était pur plus pur qu'à l'ordinaire . Cet état   était d'une beauté sans égale, .J'ai plané un certain temps au milieu d'une galaxie fantastique ,je faisais corps avec l'univers. Lorsque j'ai repris conscience ,j'avais perdu le fil de ma respiration  ,je sentais à présent mon corps qui m'échappait; j'étais aspiré par une force  qui voulait m'avaler .J'ai pris peur .Je me suis arrêté de respirer ; mon corps  à cesser  de flotter dans l'espace .J'étais assis sur une  chaise dans ma chambre sous les toits ;j'étais  étonné, de me retrouvé là ;heureux de retrouver  ma chambre ,rassuré par les bruits les odeurs .


 


Dans mon cahier je tentais de décrire maladroitement (avec beaucoup de superlatifs) l’expérience que j'avais vécu, je ne savais pas encore que c'était celle de la Kundalini .En pratiquant la méditation   j'aspirais à me libérer du monde terrestre, j'avais idée  d'atteindre des mondes surnaturels. Je lisais les auteurs hindous; dans leurs récits les auteurs des Upanishads du Yoga  parlaient d'atteindre l'éveil; je n'avais pas idée de pouvoir l'atteindre moi même ;c'était une chose abstraite .Lorsque j'ai mis a jour le feu céleste de la kundalini ; lorsqu'il ma percuté; j'avais vu se déployer une énergie fabuleuse en moi; elle prenait naissance à la base de la colonne vertébrale, j'ai à peine compris que je  venais de faire  surgir  cette force. Les enseignements des Upanishads décrivaient pourtant les processus scientifiques qui menaient au déploiement de cette force d'essence surnaturelle. Son apparition surnaturelle en moi m'avait ouvert le crâne. J'avais juste à peine compris que cette énergie venu du fin fond de l'univers était présente en nous et qu'on pouvais la faire surgir si on suivais les instructions ancestrales des yogis .Mais cela  n'était pas si simple, car si  j'avais  recueillir en moi le parfum surnaturelle de cette flamme, j'étais démunis pour la suite ;car le feu  de cette énergie céleste impliquait un degré d'élévation que j'étais incapable d'atteindre. Les stades de perception de cette énergie reflétaient les degrés de compréhension  qui nous liait a notre  condition terrestre. Une civilisation ancestrale (celle de l'Inde)  avait codifié les étapes qui pouvaient mener au Graal Moi je vis que mon âme qui espérait s'envoler, était prisonnière de mon corps terrestre; j'ai compris à cet instant que je ne pourrais pas atteindre le Graal dans cette vie. J'étais ébloui par ce que je venais d'entrevoir; mais je devais resté assis sur le seuil, pour contempler ces espaces infinis . Je n'atteindrai peut être jamais l'océan lumineux  du Graal dans cette vie ;il m'en faudra plusieurs pour l'atteindre .A ma vision étroite de l'espace et du temps, devra succéder  une vision surnaturelle. Comme j'arrive à la fin du grand voyage qui  m'aurait permis d'atteindre pour l'éternité le feu du Graal; je  devrai attendre qu'un autre Odysseus renaisse pour arriver à mes fins.




 



ODYSSEUS



Poème que j'avais jetés sur le papier  pour accélérer ma montée au ciel.





KUNDALINI



O Divine Déesse

Je guette ton corps comme on guette la rose et ses parfums

Parée et parfumée

Aussi splendide que les sables du ciel

J’ai vu luire ton âme

elle avait la splendeur du Graal





ODYSSEUS


Et Toi poète irrégulier que fais tu?

Tu attends que dans ton cœur pousse une fleur de ciel

Mais tu hésite ! ,tu trafiques avec les alchimistes

Tu fais semblant d'embrasser les pieds rosés du Bouddha

Mais tu repousse au lendemain l'accession

à ton âme immortelle












 










 


ODYSSEUS








MES RECITS DE TRANSAT


(Suite de ma vie d'artiste déjanté errant dans une jungle mystique)


Je me souvenais du récit qui retraçait mes pérégrinations avec les membres du groupe T°° .Dans ce récit, Transat, je parlais de mes amis poètes qui  rêvaient de la vraie vie; ils croyaient comme moi en l'existence d'une vie supérieure .

Dans mon souvenir les récits de Transat ,forment une pyramide instable ;je peine à trouver du génie  dans ces récits, je suis enveloppé d'incertitude; ces récits errent dans mes cales en attente de correction; il n'y a pas grand chose à en dire; ils sont la résultante d'une folie sublime qui ma atteint à différentes périodes de ma vie Cela continue avec ce récit Odysseus,qui me tire dans une nouvelle folie tout aussi aussi sublime que les autres !. Odysseus ,est le dernier rêve qui m'anime; c'est un rêve de métamorphose et de sublimation, sans doute aussi un rêve de pérennité ;un désir de perpétuation qui est comme  mirage .un songe étonnant que j'aurais fait juste avant de m'endormir devant les abîmes du temps.



 



ODYSSEUS



Sur la destinée.



Toutes ces expériences accumulées, toutes ces vies passées ,me reviennent en mémoire comme dans un songe que j'aurais fait à la suite d'une chute -.C'était vers mes dix ans que j'avais fait la chute; j'étais tombé d'un mur haut de plus de quatre mètres ;j'aurais dû me fracasser le crâne sur les pierres de la rivière en contrebas ;mais une main mystérieuse m'avait emporté dans les airs; elle  m'avait sauvé la vie. .Ce jour là, j'ai vu un ange apparaître face à moi .Il me dit – Je te sauve ,mais demain pour me remercier; tu devra faire l'éloge du ciel !J'ai acquiescé  ;moi Odysseus je suis un messager du ciel. 




   



ODYSSEUS




Un jour dans mon adolescence  j'ai ouvert un livre , ce livre c'était l'histoire de la philosophie ;je puisais dedans toutes sortes de réflexions ;le livre  contenait  l'histoire des hommes ;de mon  livre je recevais des  enseignements de sages venus de tous les continents. Plus tard   vers mes trente ans; je m'étais rendu à la bibliothèque de l'Arsenal pour étudier l'histoire du théâtre; j'étais étudiant ;je tâtonnais dans mes recherches ;un après midi ,j'ai vu sortir d'un livre une lumière si vive qu'elle ma interrogée; c'était comme dans un songe; un homme était assis à demi nu sous une hutte ;une douce lumière ma envahit ;j'ai senti mon âme vibrer ; cet homme un Rishis (un saint  hindou ) venait de déposer en moi; une étrange certitude ;-je devais faire comme lui  -.En revenant dans chambre ;j'ai pris la posture du méditant; j'ai vu immédiatement ma chambre s'illuminer  ;des lumières douces m'enveloppaient de toute part  ; j'avais la certitude que j'allais accéder l'éveil; je n'ai pas atteint l'éveil ;mais j'avais vu le  Graal.











 



ODYSSEUS


PLONGEE DANS MES SONGES

Passage des Écrits (2001):



Lorsque j'avais seize ans, les réunions qu'on avait avec Pascal notre mentor se tenaient en général chez lui, dans sa chambre, à la cure. La cure se trouvait (et se trouve toujours j'imagine) à proximité de l'entrée du cimetière de mon village natal. À l'époque dont je parle (les années soixante), il n'y avait pas de syndicat d'initiative à l'angle de la rue qui mène à la cure, il y avait simplement le garde champêtre qui habitait là. La route pour accéder à la cure était la même que je prenais quand j'allais cueillir des myrtilles et des framboises, ou selon, des champignons. Elle débouchait sur un chemin qui menait sur un sommet qu'on appelait la croix de mission à cause du fait qu'elle était surmontée d'un grand Christ noir en bronze cloué sur une croix blanche en béton. Ensuite, le chemin regagnait la forêt. La croix de mission est située sur l'une des deux montagnes qui surplombaient mon village. Aujourd'hui, rien n'a changé ou presque, sauf une modernisation des habitats. Sur la montagne en face, il y avait une grande Vierge patinée de vert que j'apercevais depuis la fenêtre de ma chambre. J'ai vécu toute mon enfance et toute ma jeunesse jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans au milieu de ce décor. J'étais tellement imprégné des lieux que j'aurais pu les dessiner les yeux fermés.






PLONGEE DANS MES SONGES ( SUITE)


Dixième fragment de mes anciens Écrits.

Passage des Écrits (2001), repris et transformé en 2018.


Le souvenir que j’avais gardé de la chambre de Pascal n'était pas vraiment éblouissant. Pascal avait aménagé sa chambre d'une façon négligée. C'était celle d'un vieux célibataire. Moi, je ne la trouvais pas confortable. Je la trouvais assez triste. Pascal menait une vie à la dure, une vie de prêtre spartiate. Le jeune prêtre (dont j'ai curieusement oublié le prénom) accordait lui plus de place, j'imagine, à l'art de vivre et peut être, pourquoi pas, aux plaisirs solitaires. Sa chambre dégageait un parfum légèrement troublant. Fraîchement débarqué du séminaire, il n'était pas disposé à offrir son corps en martyr à la religion, il était l'opposé de Pascal qui n'aurait sans doute pas hésité devant le sacrifice. Mais les comparer avait probablement peu de sens, car l'un et l'autre incarnaient deux époques différentes. Deux époques qui se reflètent dans le miroir de mon esprit comme deux mirages opposés. La vie les manières et les attitudes décontractées du jeune prêtre traduisaient la mutation qu'avait dû accomplir la très Sainte église catholique pour s'adapter à la nouvelle époque, celle des années soixante-dix ; années qui était liées à l'accélération de la consommation des produits de série, les produits manufacturés. Saint Jean (mon héros) vouait une admiration presque sans borne à Pascal, mais il savait que Pascal était le représentant d'une époque en voie de disparition ;c'était l’enseignement décontracté et beaucoup moins conventionnel du jeune prêtre qui incarnait la nouvelle mutation entreprise par l'église. Avec le jeune prêtre à figure d'Apollon, ses rapports étaient beaucoup plus amicaux, presque parsemés d'intimité. Quand il était venu pour la première fois s'installer à la cure, il avait établi d'emblée avec ses interlocuteurs une sorte de lien amical et intime qui le rendait plus accessible ; d'ailleurs, il ne portait plus la soutane noire à l'ancienne, il portait un costume gris avec des chemises et des pulls élégants, ce qui lui donnait une allure plus décontractée, plus moderne qui tranchait avec le côté plus rude et plus frustre de ses collègues, prêtres à l'ancienne qui caracolaient autour de lui en soutane noire austère. Ils appartenaient à l'ancienne école. Lui avait un visage tout neuf.. Il avait un beau visage; il ressemblait à un Apollon, il relookait le visage du Christ qui prenait à son contact des allures d'insolent séducteur.



SUITE DE MES SONGES






Autre fragment de mes anciens Écrits

Passage des Écrits (2001) :


La cure (le bâtiment) ne serait pas si mal si elle n'était associée dans l'esprit de mon héros Saint jean à l'image austère du célibat et à la vie spartiate des prêtres successifs qui se sont succédé dans ce lieu. Ce lieu destiné à héberger les hommes d'église m'était toujours apparu profondément énigmatique. J'avais du mal à concevoir qu'on puisse vivre à longueur de vie dans un lieu aussi austère ; il est vrai que mon sentiment à ce sujet a évolué au fil du temps. Mon sentiment s'est transformé avec l'apparition du jeune prêtre qui a surgi, fort sympathique, fort beau, comme un David marchant au milieu d'un gué. Il transformait la vision ascétique qu'incarnait Pascal, il était un prête en chair un homme traversé par des désirs confus. J'étais tombé sous son charme. Sa décontraction et sa légèreté faisaient contraste avec l'austérité virile de Pascal. Il y avait en lui un côté raffiné, il semblait plus féminin, plus proche de l'acteur de cinéma que du prêtre. Lorsque je venais le voir dans sa chambre, j’avais l'agréable sensation qu'un relookage formidable s'était produit dans ce lieu habitué aux austérités. Le jeune prêtre avait transformé ce temple du sacerdoce en lieu d'existence joyeux ; à cause peut-être du fait que sa beauté qui irradiait comme un feu insolent au milieu d'une plaine froide, j’avais l'impression d'assister au triomphe d'une époque nouvelle, une époque libérée des préjugés de la tradition.


Suite aléatoire

 


Un autre fragment sur Saint Jean.

Des Écrits (2001) :


Saint Jean n'avait pas avec Pascal, malgré l'estime qu'il lui portait, le même rapport de proximité qu'il avait avec le jeune prêtre. Il y avait entre lui et Pascal une distance dont il n'a jamais pu exactement savoir à quoi elle tenait ; c'est pourquoi il la mit sur le compte de son jeune âge à lui. D'ailleurs, je l'ai déjà noté, dans ces réunions, il faisait figure d'élève face au prêtre qui restait un maître, une sorte d'initiateur en chef. Il faisait aussi figure de benjamin, car ses camarades étaient tous plus âgés que lui de quelques années. Saint Jean avait nettement le sentiment d'être le plus jeune, c'était une chose qu'il ressentait d'ailleurs d'une façon plutôt positive. La fraîcheur de son âge qu'il sentait jaillir en lui le tenait éveillé, il était plus jeune qu'eux, il aimait ça ! Il avait la sensation qu'il pouvait apprendre plus vite de la vie en étant placé au milieu de gens plus mûrs que lui. Il voyait ça comme un avantage qu'il devait exploiter. Ses camarades à cause de leur âge étaient censées être plus réfléchis et plus posés, il pouvait apprendre d'eux. Ils avaient franchi certaines étapes d'une initiation que lui n'avait pas encore atteint. Mais il pouvait les observer, et cela l'aidait à comprendre les choses. Du moins, à les décrypter. Il n'avait pas droit comme eux aux longues conversations intimes avec Pascal. Ce genre de conversations, c'est avec le jeune prêtre qu'il les aura quelques temps plus tard. Saint Jean, pour l'instant, admirait chez Pascal son aisance, sa rigueur, sa façon de parler franche et directe. Pourtant, Pascal pouvait avoir quelquefois des paroles crues qui pouvaient blesser. Son caractère volontairement abrupt pouvait choquer. À cause de sa trop grande franchise, il pouvait heurter. Il regardait Pascal comme une personne d'une force morale exemplaire, il admirait sa vitalité, sa force de caractère, son aisance intellectuelle, mais au fond de lui, il n'aurait pas aimé suivre ses traces. Il trouvait sa vie de missionnaire trop austère.






ODYSSEUS


Suite de mes pérégrinations dans mes songes

Un autre passage de mes Écrits (2001), revu en 2018 :


J'ai placé ici un chapitre qui temporisera peut-être la vision un peu trop lyrique et romanesque du roman d’initiation que j’ai tenté d’esquisser à travers mes songes. A propos de mon héros, Saint Jean, des doutes incessants m'assaillent. Un côté un peu bancal de moi-même m’a invité à livrer des choses indiscrètes sur ma vie. Les relisant aujourd’hui, je me demande si j’ai bien fait de dévoiler mes songes.

UN BROUILLON 2001.




Sans date.


Les impressions que je dépose ici sont bien trop réduites, je sais, mais c'est tout juste si je peux avoir encore accès à mes souvenirs pour situer les contours d'un roman qui se situe dans une autre époque de ma mémoire, dans une époque lointaine où Odysseus n'existait pas encore. C’est pourquoi, avec le recul, certains événements de ma vie me donnent parfois l'impression d'être disposées dans un passé qui appartient à un autre que moi-même. Il me semble à présent que mes capacités à me souvenir sont terriblement limitées. On dit généralement que les capacités à se souvenir de la plupart d'entre nous se dégradent dès que nous commençons à arriver à un certain âge, que nous serions astreints à une vie dans la jouissance de nos souvenirs qui serait fatalement limitée par le vieillissement. Si je tente de sauver mes souvenirs aujourd'hui, avant qu'ils ne s'évaporent, c'est que je suis obsédé par la peur de ma disparition ; cette obsession stupide ne me permet pas de jouir pleinement de la vie ,car un homme obsédé par la fuite du temps ne jouit plus de sa vie, il la subit. Pour remédier à cette malheureuse disposition d'esprit, il me faut ralentir ma manière de penser et arrêter de me prendre pour Cervantès. Je ne suis pas le prestigieux conteur que j'ai toujours cru être, il m'arrive fréquemment de m'égarer et de de dire n'importe quoi. Si la beauté des choses est essentielle, il est encore plus essentiel de dire la vérité. Mes souvenirs subissent une distorsion .Je suis comme un amnésique qui revoit sa vie d'une façon rapide .Cet amnésique me fait croire, que ce qu'il d'écrit c'est la réalité. Mais ce n'est pas la réalité qu'il montre, c'est juste la mémoire des choses qu'il porte en lui. Dans la réalité, les choses ne sont pas si organisées ;pour qu'elles le deviennent; il faut les organiser pour qu'elles deviennent encore plus vraies .



MAUVAIS SONGE



Le jeune prêtre avec qui je m'étais lié et que j'avais en admiration me dévoila un jour un pan de sa vie secrète. Un après midi où j'étais parti pour l'aider à inspecter une maison qui servait de colonie de vacances. Il me parla de sa mère, il avait besoin de parler. Il m'invita, dans une chambre ;là il me parla de sa vie. Il me reparla à nouveau de sa mère et de ses démêlées au séminaire .Sa mère semblait avoir pris une importance centrale dans sa vie ;je compris qu'il avait besoin de se confier. Je compris surtout qu'il cherchait à me révéler certains secrets qui lui pesaient .Il m'invita à m'allonger sur un lit dans la chambre sous prétexte que c'était plus agréable pour parler entre amis; nous parlâmes quelques temps allongé sur le lit ; puis son attitude changea  soudain; il m'invita à le regarder .Il se masturbe devant moi; Il me pris la main et m'invita à l'imiter. J'avais l'impression de me retrouver avec mes petits amis d'enfance qui jouaient à touche-pipi sur la cime du grenier où nous venions de temps en temps pour nous cacher. J'ai repoussé sa main, doucement ;je n'avais aucun désir de me branler. J'admirais son visage et sa beauté, mais ce jour-là ,ces attributs me parurent sans effet. Je n'avais pas l'intention de me livrer à des jeux sexuels qui me rappelaient ceux que pratiquaient Panthère Noire, mon voisin à l'esprit un peu ralenti. Il voulait nous y forcer étant enfant et moi je le fuyais. En réalité, j'étais profondément déçu de m'apercevoir que mon ami le jeune prêtre au visage d'apollon que je croyais sincère en amitié ;n'avais qu'une idée en tête ;c'était celle de satisfaire un penchant. Je croyais que sa vocation religieuse était d'une pureté totale ;mais je venais de m'apercevoir qu'elle était motivée par quelque chose de moins noble . Il était obsédé par des désirs secrets qui le rendait finalement bien plus fragile que j'imaginais. J'étais déçu, car je croyais en sa sincérité. Je me suis dés-lors détaché de lui.Je ne supportais pas l'idée qu'il m'utilise à des fins si bases .J'étais dans une grande déception, car j'avais beaucoup aimé et idéalisé auparavant son amitié ;de même j'admirais son engagement sacerdotale que je croyais sincère ;mais je venais de m'apercevoir avec tristesse ... que tout cela n'était qu'une illusion ,peut être qu'une simple façade.






PAYSAGES LOINTAINS



SUITE DE MES SONGES:


La mairie du village où j'étais né était depuis longtemps sous la dépendance des patrons des usines textiles . Ils étaient les véritables maîtres, et nous, plus que probablement des esclaves dociles. L'église bien pensante, omniprésente et versatile bouchait partout les trous de la contestation. Elle servait (avec ses sacrements) à appointer les bonnes (et moins bonnes consciences) et à les canaliser pour le profit de tous (selon une maxime que tous connaissaient et approuvaient): «Travail, ne pète pas plus haut que ton cul ! Respecte tes chefs et tes élus, les curés et le Bon Dieu, tais-toi, sois sage sois humble et soumis pour le bonheur de tous ! Dieu a créé le monde un jour de joie et de ripaille, les patrons, les politiciens, les curés et les évêques et les chefs militaires sont ses représentants. Il n'y a pas lieu de s'en émouvoir ni de bouleverser cet ordre». C'était un monde que je connaissais et que je combattais. Saint Jean, mon double ulcéré, a refusé, du haut de ses quinze ans et demi, de se plier aux injonctions morales de son époque. Lorsqu'il a compris de quoi était faite l'obscène société dans laquelle on l'avait confiné, il s'est rebellé. Mon double Saint Jean, se rebellait du haut de ses quinze ans contre l'opaque destinée .Il était en lutte contre son principe même. Il s’était rangé du côté des rebelles depuis le jour où il avait vu un instituteur devenu plus tard un petit notable fortement imbu de sa personne (un con) lui foutre une schlague, uniquement parce qu'il avais pincé le cul d'un de ses camarade dans le rang, Saint jean avait gardé comme une brûlure l'empreinte de cette main sur sa joue . Depuis, il avait décidé qu'il ne supporterait plus l'humiliation .Il était obstiné, d'une sensibilité excessive, et sans doute aussi rempli d'orgueil et de ressentiment .Il avait gardé de cette attaque perpétrée avec une extrême sauvagerie un souvenir malheureux , cet instituteur ce petit notable qui représentait l'école publique et peut être même les vertus laïques républicaine lors des fêtes de fin d'année ;était un être qu'il trouvait odieux; Il détestait désormais tous les êtres serviles qui étaient (à son image);ceux là étaient incapables d'enseigner aux hommes l'amour de leur prochain et l'amour de la justice. ;il avait décidé de lutter ardemment contre leur bêtise .



MA VIE EGAREE DANS LES EAUX BASSES DU PASSE


Un brouillon non date.



Lorsque j'ai vu les lumières artificielles aveuglantes qui m'accueillaient le jour de ma venue au monde, moi, être innocent et plein d'ardeur, j'ai compris que le monde des hommes ne faisait pas dans la dentelle. C'est un fait. Lorsque j'ai senti, après rupture du cordon, le choc violent de la rentrée de l'air dans mes poumons, j'ai réalisé en criant que la naissance était un acte d'une brutalité inouïe. Mais il était trop tard pour retourner en arrière ; je devais avancer!. Aujourd'hui encore, je retrouve l'instinct grégaire du nourrisson pas encore né, qui se rétracte avant de faire sa rentrée dans le monde des vivants . Une partie de moi reste à la traîne .Je traîne des pieds avant de bouger. Je regarde après toutes ces années ,mon visage d'homme âgée dans la glace de la salle de bain ;je suis étonné de l'apparence qu'il a prit .Je ressemble à mon père .Parfois pour me réveiller ,je me parfume abondamment le visage avec de l'eau de Cologne; et là soudain ,je retrouve le monde idyllique de ma vie d'avant .Je redeviens l'être innocent ,je retrouve le parfum du paradis ;le parfum du paradis avait des ressemblances avec l'au de rose que portrait maman sur elle .Subitement ,j'entendais résonner sa voix .Maman parlait d'une voix brouillée ,un peu  masquée; elle parlait de la guerre de 14-18 et du grand-père disparu dans les tranchées, des folies de ma grand-mère, de l'existence stupéfiante des camps de la mort pendant la dernière guerre. Tout ça je l'entendais masqué par une épaisseur d'eau ouaté ;je n'étais pas censé être né ;j'étais dans son ventre .Je nageais dans une bulle de félicité .Aujourd'hui je regrette d'avoir quitté le ventre de maman .Je vivais heureux ,dans son ventre ,je n'étais pas exposé aux horreurs de la vie.






ODYSSEUS

Suite de ma vie héroïque



 


Passage des Écrits (2001) :


 

MALLE A SOUVENIRS




Étant enfant ,je vivais dans plusieurs mondes imaginaires. Ces mondes se superposaient dans ma tête comme des objets qu'on entasse dans une malle destinée à voyager J'abritais mes souvenirs heureux,pêche avec papa ,promenades avec maman dans une malle que je ne perdais pas de vue .Dans une autre malle , j'entassais mes rêves; c'était la malle la plus chargée, elle débordait. Dans une malle fermée à double tour j'entassais mes rancunes ,je ne voulais pas qu'on les voit .J'avais placée mes petites amies dans une malle spéciale ,je venais de temps en temps l'ouvrir et leurs parler. J'avais une malle qui contenais mes résolutions ,dans une autre une malle ,je plaçais mes regrets .J'avais une vierge immaculée qui sommeillait sur une malle qui contenait mes souvenirs secrets (comme ceux du jour ou j'avais été sauvé de la mort par un ange ),je l'ouvrais avec précaution, car j'avais peur que l'ange me voit .Je transportais toutes ces malles avec moi dans mes différents déplacements .J'étais le seul à pouvoir les ouvrir. Un jour je me suis arrêté devant une librairie ,je suis rentré dedans pour acheter un ouvrage que j'avais aperçu en vitrine; le titre du livre m'avait attiré très fortement, j'ai acheté le livre; je l'ai emporté dans ma chambre ,et je l'ai dévoré d'une seule traite; ce livre avait un titre qui m'avait plût -Le sentiment tragique de la vie -c'était le titre du livre;l'auteur s'appelait Miguel-Unamuno.La dimension philosophique de l'existence humaine me fascinait;je m'étais trouvé des affinités avec cet auteur ,il me rendait plus amicaux les troubles de la destinée .L'envie d'écrire un roman philosophique qui soit aussi un roman d'aventure ne m'est peut-être pas venue de là; mais le livre m'avait frappé; j'avais surtout admiré l'écriture flamboyante du livre, et son titre me parlait ;je m'étais dit qu'un jour ,je devrais écrire sur l'existence ;mais je ne savais pas par quel bout commencer. Le sentiment premier de l'existence m'agitait déjà; et ma sensibilité à la finitude annonçait une soif d'immortalité qui n'a cessé de me poursuivre la vie durant ; j'étais peut être sans le savoir. Un disciple de Unamuno




 


ODYSSEUS

 

 


PAPA MON PERE


Passage des Écrits (2001) :


Je connaissais la vie héroïque de papa, mon père à travers les récits qu'il m'en faisait. Mais c'est seulement ,lorsque j'ai eu sous les yeux la mienne que j'ai compris de quoi il parlait. Étant enfant , je voyais se dérouler les rêves américains à travers mes Bandes dessinées . Je croyais que mon père voyageait en imagination comme moi ,dans la société idéale que j'admirais à travers mes BD ;la société américaine.J'ai compris après coup que la jeunesse de papa ,mon père se passait ailleurs en France, dans les années 1900 ou 1930. C'était un monde trop éloigné pour que je puisse l'idéaliser. J'ai seulement fait le rapprochement avec son époque quand j'ai vu surgir des images héroïques qui provenaient de l’Europe et de son passé .Il y avait dans ces images ,les dadaïstes, Mondrian, le Bauhaus, les surréalistes Kirchner, Duchamp, Henry Miller à Paris etc.., toute une série de figures que je commençais par vénérer ,car j'avais grandit et effectué ma mutation .La vie spirituelle que j'espérais conquérir , à présent c’était celle de ces héros .Leurs exploits m'enthousiasmaient ;j'admirais ,leur génie, peintres ,cinéastes ,philosophes etc... Les exploits d'enfance de papa mon père avaient cessé de m'éblouir .son fameux coup de billard me paraissait dérisoires face à ces supers héros; ;sa mobylette; bleue qu'il astiquait avec amour comme si c'était une œuvre d'art me paraissait une chose vraiment futile.




 

ODYSSEUS




MA VIE DANS MES SONGES RESSEMBLAIT A UN MAUVAIS ROMAN


 


Ma vie héroïque ;je veux parler de cette histoire qui à commencée quand je suis rentré comme apprenti, dans l'usine ou j'ai vécu plusieurs années durant Cette vie héroïque, n'était pas éblouissante . Je me souviens surtout de l'angoisse que j'avais lorsque je devais franchir le matin, vers cinq heure, le portail de bois gris et rouge impressionnant qui marquait l'entrée de l'usine. Je retenais ma respiration à chaque fois que je m’apprêtais à franchir le rideau plastique opaque qui séparait le monde extérieur de l'océan infernal tumultueux du grand tissage .Je plongeais une fois cet obstacle franchi tout de go dans une déferlante assourdissante .Là des centaines de machines à tisser m'enveloppaient corps et âme ;j'avais aussitôt l'impression de nager dans un océan remplit de mercure et de gaze ;un bain de lumière traversait mes yeux. Un bruit assourdissant m'assommait .Je m’efforçais d'avancer dans ce lieu aux odeurs de coton rance ;je fermais mes narines .J'avançais à moitié assommé à travers les vagues sonores qu’émettaient les machines ;arpentant vague après vague leur contours ,je plongeais dans l'immensité du tissage. Au début ,j'étais complètement groggy ,je ne savais plus ce que je faisais là. Je n'avais pas le temps de me rétablir ;qu'on m'appelais déjà! .Je devais sauter sur une charrette ; la remplir de bobines ;c'était mon rôle j'étais rameur .Je devais courir comme un dératé. Je devais me dédoubler, bondir de droite et de gauche comme un cabri ,sauter ,ralentir devenir docile ou m'énerver ,je m'exécutais sans rechigner ;j'étais censé être heureux de faire ce travail ;je ne pouvais pas me défiler échapper à la corvée. ,je ne devais surtout pas être ralenti .Je me dédoublais .A force de faire ce travail ,j'étais devenu agile, je me transformais en compétiteur ; on m'encourageais à courir vite .J'avais laissé mon désarroi de côté ;j'étais rentré dans la vraie vie !C'était héroïque excitant et épuisant ! .Un monstre venait de rentrer dans ma vie ,c'était un monstre odieux indifférent à mes états d'âme .Au bout de quelques temps je m'étais habitué à sa présence .Je pouvais accomplir mes tâches en l'ayant sur le dos ;j'étais ailleurs .Je perdais la notion du temps ;je nageais dans mes rêves .Un coup de sifflet strident me faisait revenir les pieds sur terre. Un homme énervé me faisait signe à grand renforts de gestes que j'étais à la bourre ; les machines avaient viré au rouge je devais ,accélérer ,courir comme un dératé ;je bondissais pour rattraper mon retard . Mes petits camarades faisaient comme moi ;nous étions des héros malgré nous ;c'était à celui qui courrait le plus vite pour s'emparer le premier réserves de bobines ;on se heurtais en riant et en criant ;cette vie de compétition  absurde ;c'était ça notre vie héroïque  ;je la détestait .En sortant de l'usine je me précipitais sur mes cours de peinture pour me perfectionner dans l'art de peindre et à travers mes cours d'écriture je  m'exerçais à l'art sublime d'écrire.


 


ARCHIVES


Les premiers visages d’Odysseus

Passage des Écrits (2001), repris et transformé en 2018.



 


J'ai retrouvé les fiches de paye datant de ma rentrée dans une boite électronique. Les fiches étaient datées de décembre 1962,j'avais quatorze ans . Quelques mois plus tard, je m'en étais échappé ,je rentrais au tissage .Je poussais devant moi une charrette remplie de bobines. Mes petits camarades qui étaient rentrés en même temps que moi dans l'usine textile faisaient de même. Nous nous connaissions tous. Nous avions souvent usé nos culottes sur les mêmes bancs d'école. On nous appelait - les rameurs-. Nous devions alimenter les machines à tisser en trames ;les trames c'étaient l'équivalent de petites bobines aplaties. Il fallait travailler comme rameur pas mal de temps ,avant d'accéder au rang de -relayeur. Le relayeur secondait le tisserand ;c'était un poste à demi prestigieux. Passés relayeurs, on devenait tisserand ;c'était le Graal; mais il fallait attendre plusieurs années pour accéder au Graal. Accéder au rang de contremaître comme mon père ,c'était pour certain ,l'apothéose ;moi je n'y voyais pas une apothéose, mais j'avais   plutôt l'impression d'avoir été sacrifié .On m'avait jeté un sort; depuis le départ. On m'avais condamné à trimer. J'étais victime d'un complot. Mon seul désir c'était de peindre d'écrire et de rêver ;je n'aspirais qu'à l'étude de la beauté je voulais m’enivrer de choses nobles et raffinées .Il y avait dans le fait que je dusse travailler très tôt ,une injustice flagrante. J'avais le sentiment d'avoir été dupé. On m'avait trompé sur la beauté de la vie. Raconter l'histoire de ma vie laborieuse à ses débuts;c'était raconter l'histoire d'un mauvais songe .L'horreur amicale dans laquelle m'avait plongé l'univers consternant de l'usine avait déformé ma vision du monde. Les divers sentiments d'injustice que j'éprouvais alors me reviennent  en tête ,depuis la citadelle de mémoire qui s'agite dans mes songes. Réels;irréels , mes sentiments d'alors étaient ils ;trop aiguisés ,trop excessifs ;je ne le savais plus?. Les caprices de ma mémoire déformaient certains aspects de ma vie . Ma vision n'était peut-être pas aussi tourmentées que je le dis; je peux apercevoir aussi à présent ,le plaisir que j'avais à me plonger dans mes rêveries artistiques et dans jouir ;je commençais à gagner un peu d'argent ,j'étais fier de travailler, et de devenir indépendant. Pourtant mes révoltes et mes sentiments d'injustice ont fini par prendre le dessus . Je ne voyais plus le monde avec la même candeur ;j’étais comme sous l'effet d'une drogue que je m'étais administrée moi-même .Je trouvais le monde tordu, et biscornu ;le monde était gouverné par des lois qui capricieuses et injustes; ne pouvant m'y soustraire ,j'avais choisi de les combattre .Je vivais dans une société désenchanté; j'avais décidé de refaire mon éducation. Je lisais beaucoup. Mes lectures me procuraient des joies qui compensaient la triste et fumeuse réalité. Je me précipitais sur toutes sortes d'ouvrages. J'aimais beaucoup les penseurs et les écrivains français. J'aimais Voltaire. j'avais besoin d'avoir à mes côtés -un esprit libre- .Je voulais m'échapper ;l'esprit satyrique de Voltaire m'était utile .Voltaire avait combattu l'injustice et subi toutes sortes de brimades ,je m'appuyais sur lui; j'admirais son esprit acéré. Plus tard les discours enragés de Robespierre commencèrent par me détruire le cerveau .J'étais galvanisés, par ses discours je venais de rentrer dans ma période de transport révolutionnaire. Robespierre incarnait la révolution .Il me vengeait de mes déboires. Je lisais avec délectation ses discours au milieu de mes machines . J'étais emporté par sa verve et ses vindictes violente alimentaient ma révolte. Je pensais par raccourci:-La France des années 1964,est la même que celle d'avant 1789,elle est aussi corrompue!-;je ne voyais plus la France républicaine; elle était devenue royaliste ;j'étais emporté par un feu qui m'aveuglait; je comparais mon sort à celui que subissaient sous l'ancien régime tous les roturiers, tous les laquais, tous les gens de peu; je faisais partie de la plèbe, j'étais agité par des idées de meurtre ;j'étais en révolte contre l'ordre établi. J'oubliais que Robespierre ,était aussi un notable;(simplement un notable qui avait mal viré).J'apparaissais aux yeux de tous comme un gentil garçon; on ne pouvait pas imaginer un seul instant qu'un admirateur de Robespierre puisse loger en moi. Mes fureurs heureusement ne duraient pas; je m’apaisais en plongeant dans des rêves de peinture et surtout en lisant un peu Montaigne qui me rendait plus tolérant.




 


SUITE DE MA VIE DANS LES SONGES




Dans mes pires moments ,je regardais la société comme un empilement d'inégalités qui se transmettaient de père en fils et d'une génération à l'autre. J'avais du mal à accepter ces règles sociales qui étaient selon moi trafiquées. Je m'étais promis de m'en affranchir. Dans cette période troublée, mon âme tourmentée s'était mise à douter de tout. Je doutais surtout de l'honnêteté intellectuelle des gens qui enseignaient les vertus républicaines; je me méfiais de ce qu'on appelait aujourd'hui les élites. Certaines figures nobles échappaient à ma vindicte. Je l'ai dit ;Montaigne ,faisait partie de ces figures ,je le plaçais au dessus du lot. A l'époque J'avais étalé sur ma table les Essais édité en collection de poche. Ils étaient toujours à portée de ma main. J'en avais fais mon livre de lecture fétiche. Montaigne m'apaisait, c'était un être intemporel. Il apaisait ma vindicte surtout. Dès les premiers instants où je l'avais côtoyé, j'avais senti qu'il serait un ami . Je puisais dans ses essais des réflexions qui m'animaient durant des jours entiers ;je marchais dans les prés en méditant sur ses écrits. Mon exaspération grandissante vis à vis de la société me conduisis à entreprendre la lecture de Marx; je trouvais un réel intérêt à sa vision critique ,. Marx ma persuadé que j'appartenais à un autre monde;(celui des exploités) . J'ai commencé par entreprendre une lecture critique systématique de mon passé après une lecture hâtive de ses écrits. J'ai voulu alors renoncer au monde humaniste ;je le regardais comme une conséquence de mon aliénation ;je confondais le capitalisme avec toutes sortes d'outrances dont la société bourgeoise avec son humanisme frelaté faisait partie .En réalité je n'avais pas renoncé à mes anciennes idoles littéraires .J'aimais toujours autant Chateaubriand, bien qu'il fût monarchiste. J'aimais voir errer Don-Quichotte sur la couverture de mes livres, même s’il était un héros aristocrate décadent. Je me souvenais toujours de Voltaire comme d'un esprit brillant. Mes camarades de travail qui critiquaient ma passion pour la lecture ( je lisais au milieu de mes machines à tisser) avaient sans doute de bonnes raisons de fustiger mon comportement. Ils voyaient peut être dans mon appétence pour la chose littéraire une sorte de maladie. Certains me prenaient peut être - Pour un petit con qui voulait péter plus haut que son cul - .En lisant des auteurs compliqués issus du monde bourgeois ,je devenais peut être à leur yeux un prétentieux qui voulait s'échapper de son milieu social ;je cherchais à accéder à un monde qui n'était pas le mien. C'est dans cette ambiguïté troublante que j'ai vécu une partie de ma vie laborieuse .Je voulais me désincarcérer de mon milieu sociale. Je vivais sur un tas puant en respirant le parfum de fleurs émancipatrices vénéneuses (mes livres). Je ne parvenais pas à m'expliquer les passions ,contradictoires qui coexistaient en moi .Je pensais faire acte de résistance en lisant ,en dessinant en me cultivant ; en réalité, je ne faisais peut-être qu'affirmer un désir égoïste de conquérir le monde en héros solitaire .Entre mes détestations pour le monde bourgeois et mes admirations pour l'esthétique bourgeoise ,j'étais pris entre deux feux .Je voulais m'évader ,fuir le monde ;mon imaginaire artistique me lançait à la conquête d'une vie supérieur (soi disant) plus gratifiante.



 

ODYSSEUS

Sur l’état de délabrement de ma mémoire



C'est par les interstices d'une mémoire sans cesse changeante que je dois contempler mes souvenirs. Je ne sais plus dans quel registre les placer. Je suis victime de plusieurs vagues de réminiscences et de songes contradictoires au sujet de mon passé. Réminiscences qui m'inquiètent, car elles ajoutent de la confusion à ma vie. Plutôt que d'éclairer mon passé, j'ai parfois le sentiment qu'elle viennent l'obscurcir à chaque fois un peu plus.



 


                                                                   SOCIALITE




Dans notre famille, c'était maman qui était la plus instruite (Elle avait fait un peu plus d'études que papa mon père) . Pourtant elle me regardait de temps en temps, lorsque j'étais plongé dans mes livres ,au milieu de mes obsessions artistiques, comme un être bizarre étrange et profondément incertain. Elle était souvent désespérée en me voyant. Elle ne comprenait pas mon penchant excessif pour la chose artistique ,surtout pour l'écriture. Elle avait toujours encouragé, mon désir de peindre elle ne pouvait pas me le reprocher. Pour elle, j'étais surtout resté un enfant ,son enfant ;un enfant qu'elle avait vénéré, peut être idéalisé, mais surtout un enfant difficile ;ma condition l'interrogeait. Mon père, bon vivant, ne se souciait pas des problématiques obscures qui torturaient mon esprit. Il avait des passions terre à terre. C'était un artiste de l'ombre, un jouisseur. Mes aspirations à une culture sophistiquée auraient paru pour lui une bizarrerie s’il les avaient déchiffrées. Mais il ne cherchait pas à les déchiffrer. J'étais son second fils, il me regardait surtout comme un second couteau moins aiguisé que le premier qui lui ressemblait davantage. Je savais qu'il préférait mon frère qu'il considérait plus proche de lui selon ses idées. Mon frère aimait le football, le football était la grande passion de mon père. C'était ça qui les rapprochait ;il projetait peut être sur mon frère ses ambitions de footballeur ;mon frère était son premier fils, il l'aimait comme un reflet de lui même qui ne pouvait pas mentir. Moi, je ne correspondait peut être pas à son idéal de virilité ;je me remplissais trop l'esprit de nourritures abstraites ;j'avais été conçu dans des circonstances mystérieuses .J'aimais mon père et sa barbe dure ;lorsque j'étais enfant je la caressais avec fierté ;je l'admirais lorsqu'il se rasait avec un rasoir étincelant qu'il essuyait sur une feuille de feutre ;je voyais mon père comme un lutteur héroïque à cause des photos des livres de lutte qui traînaient au grenier. Il avait pratiqué, en plus de la lutte, la boxe française dans sa jeunesse. C'était un danseur, il aimait séduire. Il aimait par-dessus tout faire la fête. Il raisonnait pour moitié en homme des bois, pour moitié en homme des villes. Pour compléter les ressources de la famille il coupait du bois. Il aimait le travail viril .Il passait une partie de ses heures libres à pêcher la truite ou à chercher des champignons. Lorsque j'étais adolescent plongé dans mes activités secrètes ,il devait me regarder comme si j'étais atteint par une maladie bizarre. Je n'étais pas de ce monde je vivais ailleurs ;je voulais ressembler à mes héros littéraires .Ces héros étaient des êtres de chair ;les miens étaient des êtres trop abstraits pour lui ;ils n'avaient pas la consistance des héros populaires qu'il admirait, à ses vingt ans comme Rouletabille, ce détective jovial qui égrenait dans les feuilletons créés par Gaston Leroux tous les charmes des récits d'aventures de la période avant le cinéma. Les auteurs que j'admirais étaient aux antipodes de ceux de mon père, sauf quelque uns que nous avions en commun :,dont Michel Strogoff et Zorro qu'il regardait parfois avec moi à la télévision, les comiques populaires, tels que Bourvil ,et Fernandel nous faisaient rire tous les deux. Je n'avais pas vraiment conscience de ce qui nous séparait ,plutôt de ce qui nous liait. Je nageais trop souvent dans mes rêves, assis entre le désespoir et les idées sublimes qui m'enivraient ;j'admirais des héros inatteignables des héros absolus .C'est pourquoi j'admirais Don Quichotte ,Montaigne Chateaubriand ,Proust; ,Balzac et d'autres issus de mes divines lectures .Si plus tard ,Céline jacques Kerouac et surtout Henry Miller m'apparurent ;plus proche ;c'est qu'entre temps j'avais viré ma cutis .Si les héros sublimes que j'idéalisais sous des formes diverses  avaient  changés, c'est parce que j'étais devenu un autre. Dans mon adolescence ,mes écrits  ;m'enfonçaient dans l'idée que j'étais potentiellement un génie où un être prédestiné à exécuter de grandes choses .Mes brouillons m'emportaient dans l'espace sidéral et mon âme et erraient avec elle dans les hautes sphères J'ai l'impression, en revoyant ces années, d'avoir fait  un songe  complétement en marge du monde. En parcourant, l'hiver ou l'été, les chemins, les sentiers, les ravines des montagnes qui venaient s'étendre et s'effondrer aux alentours de mon village ;je m'émouvais ;je croquais et dessinais les paysages qui m'avaient bercés ;pourtant j'étais souvent en lutte ;j'avais la rage au ventre, j'étais possédé par le désir de m'élever ;je voulais me transcender (me reconquérir spirituellement) la difficulté que j'éprouvais pour m'affranchir des lois tyranniques de la société ,m'avait raidi.Je voulais m'élever hors de tout, et parfois je m'élevais contre tout ,je voulais conquérir mon droit à l'existence.

 




 


ODYSSEUS

Transports littéraires




Passage des Écrits (2001).


Lorsque je me suis entiché de Proust vers mes dix sept ans ,j'étais emporté par un violent désir d'écrire. Je retrouvais en partie la même passion que j'avais eu (vers mes quinze ans) en lisant Chateaubriand, Je me sentais pousser des ailes, je me trouvais des affinités avec ce génie issu du monde bourgeois ;un monde que je connaissais mal ,un monde qui était à l'opposé du mien . J'avais conscience que le miroir très sophistiqué que me tendait Proust me trompait, mais j'avais besoin de me confronter à cet univers. Proust m'aidait à sa façon à faire évoluer un grand rêve littéraire secret ;j'aspirais comme lui dans le fond à devenir un être intemporel . J'étais jaloux de Proust, car j'aurais aimé, comme lui, passer tout mon temps dans la contemplation et dans l’introspection de ma vie intime. J''éprouvais beaucoup de plaisir à plonger dans les arcanes de ma vie intérieure . Mais comme j'étais pris dans l'engrenage d'une vie de labeur ,j'étais freiné dans mes entreprises d'auto contemplation .Je devais me battre en permanence pour échapper à la réalité .J'avais crée un rituel de transfiguration pour rentrer dans l'univers de Marcel. J'enfilais ,en rentrant du travail la robe de chambre couleur lie de vin que m'avait offert maman pour mon anniversaire ;et là je me contemplais avec délectation devant la grande glace de l'armoire ;je me délectais de l'image que me renvoyait la glace ;j'avais le double de Marcel en face de moi. Alors doucement je commençais par feuilleter mon contre Sainte Beuve (le seul ouvrage de Proust que je  vénérais).J'étudiais avec une attention particulières les conversations que Marcel avait avec à sa maman ;elles m’intéressaient ,je respirais l'odeur du parfum que dégageais l'armoire ,car maman y rangeait ses parfums ;j'observais en même temps les phrases de Marcel qui s'étiraient de façon impressionnantes sur la page ;ses phrases démesurément longues m’impressionnaient ;c'était cet étirement de la phrase ,que j'aurais voulu imiter . De temps en temps je m’arrêtais pour écouter la musique que faisaient les phrases dans ma tête. J'étais emporté par la divine inspiration que la lecture provoquait ; bientôt j'allais écrire les mêmes choses géniales que Marcel .Je me levais ,et je passais sur la belle table en bois ciré qui me servait de bureau ;des volutes d'écriture intemporelles se déversaient en imagination dans ma tête .Je baignais dans une joie aussi intense que pure, j'éprouvais un sentiment de plénitude total persuadé que j'étais devenu Marcel lui même! J'écrivais en pleine euphorie, j'écrivais, j'écrivais, j'écrivais sans relâche, persuadé que mes écrits qui s'allongeaient sur la page était de la même veine transparente que ceux de Marcel. Je plongeais avec ravissement dans mes brouillons ;puis après ce dur labeur ,relevant la tête pour contempler mon travail, j'apercevais,enfin les traces folles de mon écriture .Je contemplais les choses géniales que je venais d'écrire persuadé qu'elles contenaient les mêmes grandeurs intemporelles que j'admirais chez Marcel mais les traces brillantes et intemporelles que j'admirais chez Marcel;j'avais du mal de les voir ici ;je voyais surtout mes phrases qui s’effondraient ;elles disparaissaient dans un brouillard de ratures que j'avais du mal à déchiffrer ;le maniement des mots m'échappait ;je prenais conscience que je n'étais pas à la hauteur de Marcel mon génie s’effondrait d'un seul coup! .J'avais l'impression de sombrer  ;mon désespoir était total ;je plongeais alors dans des abîmes sans fond ;ma vie d’écrivain se transformait en cauchemar .Je me jetais désespéré sur mon lit et je plongeais dans des rêveries contrariées , je me voyais à présent comme un nageur, obstiné, désireux d'atteindre une îles lointaine insubmersible ;mais je nageais à contre courant ;je dérivais et parcourais en  rêve des mondes obscurs ;je dérivais sur une mer hostile ,j'étais en plein marasme. .Quelques jour plus tard ,je revêtais de nouveau la robe de chambre rouge que m'avais offert maman et je parlais avec Marcel devant la grande glace familiale ,je lui parlais de mon prochain roman .Je ne renonçais jamais.





ODYSSEUS (suite de mes songes)



Mes rapports avec maman ma mère étaient aux antipodes de ceux que Marcel avait avec la sienne. écrire comme Marcel me paraissait glorieux ;mais si j'avais dût écrire comme Marcel à cette époque ;c'eut été avec les yeux d'un Marcel prolétarien ,car il y avait un tel fossé entre lui et moi, que même si j'avais pu écrire d'une façon aussi sublime que la sienne, ce que j'aurais pu écrire aurait probablement contrarié la vision des lecteurs amoureux de Proust .J'étais un être révolté qui luttait pour sa survie , je rêvais plus que je n'accomplissais. J'étais persuadé que l'injustice commandait le monde. C'était ce sentiment d'injustice qui creusait en lui et moi une façon différente de voir .J'étais en guerre contre le monde ;Marcel était dévoré lui par une ambition plus singulière ;il cherchait à échapper à toutes les misères que lui causait la vie à cause de son asthme ;sa capacité d'émerveillement était intacte ;il cherchait à retrouver des sensations et une sensibilité qui le sauverait de la mort ;il était à la recherche d'une dernière bouffé d'air avant de disparaître ,il appelait ça - Le temps perdu - .Marcel appartenait au monde éthéré des riches ,il aurait aimé devenir un aristocrate ,mais il ne l'était pas sauf par moments en écrivant; il parcourait le monde avec les yeux d'un rêveur agilement inspiré par les écrits des penseurs les plus intransigeants .Éveillé par son génie ,je m'étais réveillé un court instant ;j'avais vu luire à la lecture de son contre Sainte Beuve ,l'âme d'une époque transfigurer par la grâce de sa vision joyeuse et intemporelle. La vie me paraissait plus légère et plus merveilleuse après l'avoir lu ;écrire pouvait changer la destinée. En écrivant je pouvais à l'exemple de Marcel déchiffrer mes souffrances et contempler mes transports amoureux ;je pouvais tenter de sublimer ma vie en la mettant en scène . J'aimais Marcel ,comme un ami; mais je restais un fidèle admirateur de Chateaubriand, Montaigne Rousseau, et Spinoza. J'avais découvert dans ma période contrariée Stirner, Proudhon et beaucoup de penseurs critiques ;je les voyais rarement avec l'œil critique de l'idéologue ou du dialecticien que j'étais devenu un tant soit peu en lisant Marx à la va-vite. Je ne voyais plus, lorsque j'étais absorbé dans mon désir de lire, que la beauté des phrases et ma passion pour les mots ;pour moi les artistes riches et les artistes pauvres se ressemblaient. La lecture attisait mon désir de vivre .La beauté était universelle et dépassait la notion de classe .Ce qui était beau et rafraîchissante, c'était les émotions engendrées par les sens, et le plaisir de la lecture y participait. Ma passion pour la lecture m’a certainement sauvé du désir fanatique de la détestation ;passion à laquelle j'aurais pu m'abandonner après la lecture des auteurs critiques ;si j'avais cédé à la vénération d'une seule idée comme m'y incitaient certains penseurs ultra ;j'aurais pu être un des leurs ,car j'avais des admirations pour les penseurs les plus radicaux. Heureusement ,je restais viscéralement attaché au culte de la liberté de penser ;c'était cette manière purement égotiste de voir qui m'avait peut être sauvée du culte de l'intolérance.



 


ODYSSEUS

Retour sur mes songes



Ma sensibilité, au cours de mon adolescence s'est exacerbée. Je voyais souvent l'injustice là où peut-être elle n'était pas. J'avais réfléchi à la question. Je m'étais convaincu que le caractère d'un individu était ce qui déterminait sa nature. J'avais adopté une lecture communautariste de la société, mais je gardais toujours une vision individualiste du monde. Je pensais au fond de moi que c'étaient les qualités propres d'un individu et non son conditionnement social qui déterminaient ce qu'il était. C'était sa volonté propre qui devait le guider et elle devait lui permettre de dépasser ses conditionnements sociaux. J'étais convaincu que si l'individu en avait la volonté, il pouvait s'affranchir de la norme sociale. C'est aussi pourquoi, dans le fait que je sois obligé de travailler pour gagner ma vie, j'y ai vu, tout au début, une chance et un défi. C'était un défi que me lançait la nature. Je devais y faire face et y répondre. Vers mes quatorze ans, j'avais admiré Lincoln, le président américain anti esclavagiste.il était issu d'un milieu populaire ;c'était pour moi l'exemple éclatant que l'individu pouvait transcender les clivages sociaux instaurés par la société. Je lisais beaucoup de BD. Elles me donnaient une image de l’Amérique presque idéale. Je contemplais la géographie américaine et les progrès engendré par ce pays avec admiration. Avant de sombrer, vers mes seize et dix-sept ans, dans les bras de Marx, j'avais eu dans ma vie d'avant une vraie passion pour l’Amérique. Moi, Odysseus ,à l'âge de quatorze ans, je me sentais comme un penseur perdu au centre des abîmes, je me sentais proche de Jack London ;c'était le premier grand écrivain américain que j'ai admiré avec passion ,avant Henry Miller, ce fils de tailleur anarchiste . J’avais dévoré Croc-blanc d'une seule traite ,vers mes treize ans .Toute la vie aventureuse de Jack London me plaisait, je connaissais par cœur ses démêlées dans la vie. Je ne rêvais que d'une chose en le lisant, c'était de devenir comme lui . Il faisait partie des grands auteurs que j'admirais sans réserve. Je ne rêvais que d'aventures, et de défis de toutes sortes. Je ne me voyais pas en marginal où en paria ;je me rêvais en héros conquérant ;j'étais attiré par les aventuriers ;mais j'avais un goût prononcé pour les causes improbables .j'avais un faible pour les héros tourmentés. .Je croyais en mon étoile, je voyais se dessiner ma destinée à travers un ciel serein ;elle formait une trace flamboyante ;c'était juste avant que je sois mis en demeure de lutter pour ma propre survie au sein de la société des hommes.


 



ODYSSEUS



Passage écrit en 2019 :

Aujourd'hui, j'affirme qu'errer a toujours été pour moi une forme d'apaisement. C'est parce que j'avais découvert qu'il n'existait pas de voie lactée assez grande pour combler mes rêves d'élévation que j'avais adopté cette stratégie -Errer- .Celui qui erre n'est jamais fixé, il n'est jamais établi, il n'a aucune certitude, il doit sans cesse se tenir en éveil. Cette situation est inconfortable ,mais elle donne de l'élan .Si j'avais été freiné pat toutes les lâchetés qui bougeaient derrière cette idée du sublime , j'aurais pu m'effondrer ,c'est pourquoi ,j'avais décidé de marcher sans les voir .Si ,je reste étendu sur la rive à présent  ;c'est uniquement pour méditer devant le grand fleuve invisible qui s'écoule .A travers lui, je regarde la vie qui resplendit .Je me contente d'être à l'unisson des sensations diverses qui m'atteignent .Parfois je contemple en rêve les milliers de pages de brouillons, que j'ai abandonne derrière moi; c'est devenu le roman que vous lisez ;dedans je peux contempler par fragments les fastes immobiles de ma propre éternité .Mon roman Odysseus n'est qu'un rêve qui s’écoule et m'étreint.




 


Une page de mon journal daté du 22 Mars 2019 :




Rêveries immobiles





Rien que le ciel bleu, d'un bleu limpide en fond d'horizon, juste quelques blancs lacets qui traversent la beauté du ciel. Un pigeon perché sur une partie du toit reste seul à rêver. Sur un fragment du mur, près de l'escalier là-bas, l'ombre d'un sapin dont je vois juste la cime. L'autre partie est cachée par le mur de l'atelier qui me fait face. Je suis assis ici et j'observe nonchalant le ciel. Le soleil qui me réchauffe va bientôt disparaître ; dans quelques instants, la chaleur de ses rayons ne m'atteindra plus. Ma principale tâche, c'est d'assister à la disparition de cette très noble entité. C'est une tâche qui n'est pas compliquée, mais il faut quand même la mener à bien. Sur le fragment de mur près de l'escalier, j'aperçois seulement l'ombre du pigeon. À cette heure, le soleil se retire. Je sens la froideur qui revient. Je profite de ces derniers instants pour boire mon thé. J'observe sur le ciel légèrement bleuté une grande traînée blanche, c'est celle d'un avion. Il est à peine seize heure, nous sommes au début du printemps, le vingt-deux mars de l'année deux mille dix-neuf. J'aperçois des fleurs qui émergent de chaque côté de moi, le soleil est parti. J'ai froid. Un superbe éclat de lumière jaillit de l'immeuble là-haut !. Je dois partir .Ce monde est plein d'imprévus. Derrière l'immobilité de chaque chose, je vois se profiler  un mouvement.Moi Odysseus je me réjouis, je peu encore m'émouvoir.



J'ai écris rapidement un poème :


La beauté n'advient que par cours instants.

Elle ne laisse apparaître dans son sillage

Que d’infiniment petits voiles de lumière

Qui brilles comme une voie lacté

 

J'ai encore écris ça :


Mes rêveries font du sur-place.

En observant le paysage je crois relire les rêveries de Rousseau,

J'en lis et relis abondamment des passages.

Je trouve ici de quoi accompagner mon voyage solitaire

Sur cette terre.


À cheval sur l'aube

Valse de l'amour dans tes bras

Je suis Odysseus le marcheur céleste

À cheval sur l'aube

Un pied dans l'étrier


Je règle mon compte à un songe









 


Fin du Livre I













 



ANNEXES / NOTES



LA PAGINATION EST DECALEE.

Note 01 (Page 07) 

Dans ce récit je me réfère de temps en temps à la postmodernité La postmodernité est un concept de sociologie historique qui sert à désigner la dissolution, survenue dans les sociétés contemporaines occidentales à la fin du XXe siècle, et de la référence à la raison comme totalité transcendante.



Note 2 (Page 07)


" Saint Jean D'astre » est le premier pseudo que j'ai utilisé pour écrire" .


Note 03 (Page 09) 


Dans ces récits  je n'ai utilisé qu'une seule  photographie. 


QUELQUES NOTES A PROPOS DE MES PIECES DE THEATRE. Note 12 (P.88)


Je  me souvenais surtout d'une pièce dont je ne parlais pas dans mon journal et qui me tenait à cœur. Elle s'intitulait Profs aux balcons. Cette pièce était une satire de l'éducation à la française. J'avais rassemblé sur petit balcon bien visible du public un échantillon de professeurs de toutes sortes ; ils représentaient une caricature violente de l'enseignement, puisqu'ils enseignaient à l'aide d'insultes, de harangues et de mots obscènes. Leurs élèves étaient attachés où ligotés sur des tables d'écoliers. Cela montrait à quel point j'avais une haine de l'école à cette époque, surtout une haine du système d'éducation à la française, pour mettre en scène de telles horreurs. Je voyais l'école comme une machine à démolir les individus, j'étais acerbe et critique, je mélangeais les scènes réalistes et les scènes imaginaires. Je ne sais plus d'où je tirais mes références pour fustiger ainsi l'enseignement. Je m'étais peut-être souvenu que j'avais reçu une forte gifle lorsque j'étais élève à l'école primaire ; la seule que j'ai reçue de ma vie. Je l'avais reçue d'un enseignant que je trouvais arrogant et pédant. J'ai peut-être voulu me venger sur lui en caricaturant à l'extrême le corps professoral. Pourtant, les scènes de Profs aux balcons ne se déroulaient pas à l'école primaire, mais dans un lycée où je n'avais jamais mis les pieds. Je me contentais de déverser par le biais du théâtre une hargne que j'éprouvais contre tout le système d'enseignement officiel. Je travaillais sur une grille de lecture critique. J'avais à l'esprit les scènes du Revizor de Gogol, un certain type de références dadaïstes; des scènes du Baal de Brecht, que j'admirais à cause de leur caractère éruptif et anarchiste,. Des réminiscences de l'œuvre de Jarry en tête, une esthétique dramatique me renvoyait à ce qu'on appelait à l'époque le « théâtre panique » J'adorais mettre en branle des mécanismes qui dévoilaient l'hypocrisie hystérique des classes petites, moyennes et supérieures que j'apercevais depuis ma tanière. Ma tanière, c'était le monde du prolétariat textile où je vivais en permanence. C'était comme ça : je voyais la société de mon époque avec les yeux d'un révolté, d'un anarchiste, mais aussi avec ceux d'un esthéticien marxiste influencé par l'écriture dramaturgique de Brecht. Si je voyais les professeurs comme des pantins, ce n'était pas que je les haïssais ; j'avais une amie qui était enseignante et elle n'était pas un monstre. Je voyais la société dans son ensemble comme un système de castes. La France républicaine était dirigée par des petits notables qui enseignaient l'art d'asservir plutôt que l'art d'être libre. Ils usaient de leurs pouvoirs pour rabaisser les individus qui étaient sous leur domination. J'étais en guerre contre la société inégalitaire, je raillais les outrances du système élitaire français. J'étais assez timide, doux et même relativement gentil dans mon rapport avec les gens, mais je portais en moi un polémiste acerbe, j'étais un penseur radical qui dénonçait l'hypocrisie. J'examinais la société française avec l'œil d'un rebelle. Je déconstruisais le système social par le biais de mes satyres portés à l'état brut. J'avais une pièce intitulée Le discours sur une planche, de la même veine que Professeurs aux balcons. J'avais placé penseurs; des philosophes des scientifiques des hommes politiques , mais aussi des hommes de spectacle sur une grande planche. Ils récitaient à tour de rôle, et parfois ensemble, des discours (d'une beauté mécanique comme celle qui traverse souvent les médias sonores). Des hommes maquillés en femmes ( critique ironique de la hiérarchie sociale) ils déversaient de l'huile sur les planches. Il en résultait les pires choses le spectacle prenaient la forme d'une pantalonnade ridicule et grimaçante. Sans doute cette pièce avait pour but de me venger de ce que je devais absorber à longueur de journée à la télévision. La vue répétée des caricatures de discours pompeux et artificiels enfilés les uns après les autres dans cette boîte à conditionner les esprits me donnait des haut-le-cœur. J'étais convaincu de la nécessité d'user de la satyre .J'aurais aimé être comme Daumier que j'admirais ; Je regardais ce monde impitoyable avec une certaine délectation. J'en observais tous les défauts ,pour mieux les combattre.Ma passion pour la caricature était antisociale. Mon agressivité dramaturgique me sauvait de la déprime. J'étais un héros clandestin qui sapait en silence les fondamentaux de la morale bourgeoise. Je pratiquais la vivisection sociale. Pourtant, si je croyais profondément à mes activités dramaturgiques souterraines, j'avais peu d'illusion sur le fait qu'elles puissent jamais émerger. J'avais un gros défaut ;lorsque je m'imaginais mettre en scène mes pièces pour de vrai ,j'étais démuni. J'étais trop timide et trop orgueilleux pour les faire valoir ;si je pouvais admettre sans peine que mes créations avaient des défauts, je considérais avant tout qu'elles étaient géniales. Elles m'encourageaient à développer de grandes rêveries ,qui m'enveloppaient dans le plaisir futile de pouvoir engendrer. Ces pièces de théâtre étaient des défouloirs. Elles étaient d'un égoïsme total. Pour moi, la création, le fait de pouvoir créer, imaginer ou engendrer des choses suffisait à mon plaisir. La concrétisation des choses me paraissait secondaire. Cela m’a souvent amené durant ma vie à engendrer des projets gigantesques que j'abandonnais derrière moi en m'étonnant d'avoir pu les créer, mais surtout en m'étonnant de les avoir abandonnés en route. J'ai abandonné régulièrement milles projets derrière moi ,sans me douter que cela faisait partie d'une stratégie nihiliste mise en place par mon ego ; je laissais mes projets à l'abandon sans trop m'inquiéter, car je pensais que le plaisir de les avoir imaginées était suffisant. Heureusement avec le temps ,j'ai réussi à me convaincre de la nécessité d'en faire émerger quelques uns.



Note 15 (Page 134)


Une page des brouillons sur le même thème :


Le moment où il prit conscience que sa vie pouvait revêtir un sens nouveau, ce fut le jour où il se mit à œuvrer à son chef-d’œuvre.


Cette crèche construite avec fougue et passion représente à bien des égards une scène marquante de sa vie héroïque d'adolescent idéaliste. Je dois me rappeler qu'à cette époque, ce qui primait dans sa vie, c'était encore bien plus la passion de la peinture que celle des livres. Il devait déjà à cette époque être inscrit aux cours grands maîtres de peinture par correspondance ; ses après-midi ou ses matinées en dehors de l'usine, il les passait à dessiner et à peindre. L'histoire de la crèche est dans mon sentiment de narrateur intimement lié au fait qu'on le montrait déjà parmi les siens, comme un garçon presque exclusivement passionné d'art, et surtout de peinture. C'est d'ailleurs probablement pourquoi l'abbé (celui que j'appelle Pascal) et ses camarades lui avaient confié le soin de réaliser cette crèche. Les camarades de Saint Jean avaient décidé, connaissant ses talents, de lui confier la réalisation de ce travail artistique qui demandait un minimum d'aisance et de savoir-faire. Saint Jean avait pour tâche d'illustrer à l'aide de son art une nouvelle manière de voir qui était celle du groupe de Jocistes contestataires galvanisés par l'abbé.



Le temps est père de vérité.



 

Épiphanie (Naissance à lui-même).


QUELQUES NOTES A PROPOS DE MA CRECHE REVOLUTIONNAIRE 

Cette crèche qui marquait une rupture symbolique avec le cycle biblique de son enfance révéla à Saint Jean ses propres aspirations à créer, et il lui sembla que l'une des portes de sa rédemption à lui devait passer par là. Par la création et par l'art. En même temps que la révélation d'une profondeur subtile qui émergeait en lui, la crèche marquait, éblouissante, la manière qu'avait l'abbé G. (Pascal) d'enseigner à ses ouailles la parole de Dieu. Il laissa la jeunesse dont il avait contribué à l'éveil s'exprimer en toute liberté (Saint Jean était sans doute sa meilleure apparition). L'abbé s'abattit tel un faucon de lumière sur l'assemblé des fidèles en leur montrant du doigt Saint jean et ses camarades qui étaient rentrés dans le combat pour la vraie, la pure et dure vérité. Ils étaient rentrés dans ce combat avec l'extrême ardeur et la candeur de la jeunesse, la jeunesse était le fer de lance du Christ émancipateur et révolutionnaire que soutenait Pascal. L'homme de foi était capable, avec le secours de Dieu, de triompher de son existence médiocre. Dieu, cet être omniscient intemporel, réglait en silence les destinées du monde et offrait à chacun la possibilité de s'élever au-dessus de sa condition terrestre. Saint Jean écoutait Pascal, ce prêtre au charisme étincelant, il admirait son enthousiasme, sa générosité et sa foi qui semblait sans faille, mais lorsqu'il se penchait sur cet être de lumière, son propre cœur déambulait ; il observait depuis le blanc tissage où il travaillait le calvaire où s'écrivait sa destinée. Il ne voyait pas Dieu, il ne voyait que le monde des hommes, leurs intrigues et leurs faiblesses. Seuls les plus fort ordonnaient sans pitié les choses du monde. Dieu semblait absent. Avant que celui que j'ai nommé Saint Jean dans un temps ancien, puis Odysseus dans un temps nouveau ne prenne conscience que pour s'éveiller à la vie il fallait beaucoup de persistance, et surtout croire à ce que nous appelons un rêve extraordinaire qui est la vie elle-même, il nous faudra apprendre la patience.

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« Que lent est le Vent - que lente est la Mer - et lointaines leurs palmes ! »

Billet adressé à Sarah Tuckerman / Quatrains et autres poèmes brefs / Emily Dickinson (P.185)


« Le temps est père de la vérité », disait Rabelais.




NOTES SUR LES RECITS DU SEUIL

Note 17 (Page 157)



Ces jours-ci, j’ai repris une seconde fois l'immobilité, mais rien ne s'est produit  .J’ai retrouvé seulement un état extatique . La jouissance que j'éprouve à ce moment est semblable à la montée d'un orgasme. Alors, une bouffée d'énergie enveloppante fait apparaître des iridescentes dans ma chambre. Je n'ai pas retrouvé la sensation de lévitation si affolante que j'avais ressentie précédemment ;celle qui me donnait l'impression d'être soulevé et transporté dans un espace hors-temps ,sans limite.


Je dois entraîner mon corps -à cet état de perception étrange- que j'ai observé lorsque je pratique la respiration alternée. La respiration et l'attention jouent un rôle clé. Si je concentre mon attention sur un point d'arrêt de la respiration (apnée), et si je reviens à une respiration alternée, narine gauche fermée, narine droite ouverte,- un phénomène de lévitation survient presque immédiatement -. Les foyers de tensions et de résistance du corps se dissolvent ;un afflux d'énergie puissant provoque une facilité à respirer amplement - comme un nouveau né-. J'ai localisé une partie de ma respiration à la base du ventre. Je m'en suis servi pendant un certain temps comme point d'appui pour poursuivre ma lévitation. Je n'ai pas enregistré clairement le passage ou la montée (de la lévitation) se fait . -Ou bien je le vois, mais je ne me l'explique pas-. Je me trouve désarmé devant l'apparition d'un tel état .


C'est lorsque la conscience ordinaire se dissout et saute à un autre plan de conscience qu'un monde- sans limite ou hors limites apparaît-. A ce moment ,survient la sensation de former -un tout avec le tout-, et cet état surgît (étonnamment) à l'apogée -d'une simple respiration-. C'est le cosmos universel qui resplendit ;il resplendit surtout -après une très longue apnée-. C’est ce qui s’était déjà passé la première fois. J'en ressors ébloui, mais je dois m'arrêter, -car je ressens souvent à cet instant des points de tension derrière la tête-. Mes points de tension se trouvent toujours derrière la tête. Ce sont les mêmes que ceux que j'avais lorsque je pratiquais très longtemps des mantras dans ma période bouddhiste.



Note du Dimanche 5 mai 1985 :


Après ces états -de dissolution extatique -décrits plus haut ; je dois noter certains effets secondaires qui m'invitent à prendre garde à mon équilibre psychique- -. Ma vue souffre, une sensation de déséquilibre survient. Je perds pieds avec les réalités. Mon centre de gravité interne me semble se rigidifier. Je ressens une tension extrême derrière la nuque, et mon regard, je dirais mes nerfs optiques, sont tendus à l'extrême. C'est pourquoi, j'ai décidé d'arrêter mes exercices de respiration. Je risque en effet de provoquer un déséquilibre plus profond si je m'aventure plus loin dans des zones que je n'ai pas les moyens spirituels d'investir. Ma conscience n'est pas assez claire , je me laisse trop séduire par des effets secondaires : l’iridescente ; la luminosité, etc.- Mais il ne me semble pas que ma conscience intérieure se trouve agrandie-. Je dois faire preuve de sagesse, et ne pas vouloir pousser plus loin une investigation qui me semble trop volontaire et qui risque de devenir artificielle. Je dois remettre cette expérience à sa véritable place ; je dois trouver le chemin qui mène à la prise de conscience naturelle de soi à soi vers le Soi.


Précisions sur l'état de réceptivité qui résulte de la pratique méditative :


Lorsque la grande respiration est atteinte ; aucun effort ne devient nécessaire ; toute volonté superflue s'envole d'elle-même, pour laisser place à un grand calme. Toutes les crispations inutiles se dissipent. Le corps central de la respiration redonne au corps physique sa place exacte par une sorte de mécanisme auto naturel. D'une certaine façon ; la présence du corps physique devient secondaire, au sens où la présence physique de ce corps n'est plus ressentie comme un obstacle. Le corps physique devient une présence moléculaire qui s'harmonise avec le flux des énergies respiratoires.



Note du 15 mai au soir

(J'ai pris ces notes juste après la réunion du groupe T°)


J'ai repris une fois encore la posture immobile et l'afflux des énergies est revenu, un peu comme auparavant, mais cette fois, j'ai fermé les yeux. J'ai donc senti plus distinctement l'afflux énergétique monter en moi. Toutefois, j'ai arrêté la séance après un moment, car j'étais mal, j'étais perturbé.



Le lendemain, c’est comme si une grande douceur s'était déposée en moi. Je la sentais présente, mais dans la journée et aujourd'hui encore, je n'étais pas bien centré. J'avais le sentiment qu'une force m'étirait la tête et l'enveloppait d'un étau doucereux et transparent, sentiment de ne pas être centré, sentiment léger d'irréalité. Ma décision de suspendre les séances est devenue plus ferme, car le sentiment d'irréalité qui existe toujours crée un flottement invisible entre moi et les choses. Je ne me sens pas bien; j'ai le sentiment de planer, je ressens un trouble en moi. Je dois retrouver mon axe intérieur.



Ce matin, je sentais, et je sens encore, le besoin de m'alléger. Je me sens lourd, lourd dans mon corps, lourd dans mes vêtements. Je dois acheter d'autres chaussures, plus légères, trouver un pantalon plus léger également et traverser cette période avec le plus de légèreté possible. Avec transparence et légèreté, mais aussi avec vitalité. J'ai besoin de trouver une forte vitalité pour réveiller mes espaces devenus trop évanescents .Les problèmes matériels font pression sur moi. Je dois utiliser l'obstacle matériel qu'ils me posent pour m'alléger encore davantage -Me réveiller intérieurement dans l'action-;c'est la nécessité qui commande. Je suis acculé à changer et à me transformer.



Sans date:


MES FAILLES.


J’aimerais que ma réflexion trouve une prise. Mettre en route un processus de réflexion suppose qu’une dynamique s’installe. Quelque part, j’ai le sentiment que la réalité profonde du monde m’échappe. Est-ce que je désire m’affranchir de mes entraves ? Krisnamurti que je suis en train de lire ouvre une porte, mais est ce que cette porte qu’il ouvre, je désire réellement l’entrouvrir avec lui ? Krisnamurti ouvre une porte à la compréhension, il ouvre une porte à ma propre compréhension, mais ma propre compréhension a-t-elle le désir de se manifester ? Se libérer du connu, m’affranchir de mes propres conditionnements, porter un regard neuf sur les choses, cela ne peut s’opérer que si j’accepte de laisser tomber toutes mes rigueurs mentales. Mon désir de comprendre, est-il plus fort que mon désir de m’affirmer ? Le processus entier de ma pensée est conditionné par un réflexe d’affirmation. Affirmer ma propre identité me paraît encore plus important que de comprendre le fonctionnement intégral de mes pensées. C’est que j‘ai peur d’une recherche qui déboucherait sur la non-affirmation de mon ego. J’aurais peur de m’y perdre, d’y perdre des plumes. L’idée de me séparer de mes désirs me paraît insurmontable. J’associe cette chose à un état de destruction. L’idée même que cette chose soit possible ne m’a jamais effleuré en vérité. La source de mes attachements est trop profonde. Je ne saurais m’en libérer par une simple prise de décision. En réalité ,j’ai une connaissance de moi-même assez superficielle, cela découle de ma paresse. Je préfère me laisser vivre, plutôt que de faire effort pour me comprendre. La compréhension m’échappe. Je suis trop ancré dans mes désirs. Mes désirs sont indistincts, flous et changeants. Je sens, que je dois abandonner toutes mes références.


Non daté :


Équilibre sur un fil, je suis en attente. Attente de quoi ?

Le fil est souple, pourtant d’une grande fragilité, le fil est tendu, trop tendu peut être ?

Mon action est arrêtée à cause de quoi ?

Le mouvement de création s’est arrêté aussi.

Est-ce seulement des causes matérielles qui m’arrêtent ?

Je n’aime pas ces moments (ces moments où la dynamique du silence me fait peur).

J’hésite, je reste sur place, cette immobilité m’effraye, car je sais instinctivement qu’elle est dangereuse. Ce n’est pas une immobilité voulue. Je me suis arrêté uniquement par peur du vide.

Le vide me fait peur.

Marcher dans le vide n’a pas de sens me dit mon intellect.

Mon intellect crée l’obstacle. Il est le fabricant de mes peurs.




UN AN PLUS TARD



8 mai 1986 :


Nécessité de reprendre quelques notes « hors temps » en quelque sorte. Je suis spirituellement en phase de transit, sans doute est-ce pourquoi je paraphe par hasard ce cahier en suite à ce qui est donné dans ces pages. J’aspire toujours - à une transformation intérieure-, je n’aimerais pas qu’elle s’accomplisse sous le couvert d’une fuite, En écrivant cela, je me sens un peu stupide, mais je ne trouve pas d’autre formule pour m’expliquer.


Je suis partagé entre le désir de me laisser aller et de dériver pour nul part. L’ennui et la monotonie m’effleure ces temps-ci .

J’ai repris ce matin la posture centrale. Je sens qu’une pratique lente et régulière de la posture est nécessaire - si je veux ouvrir ma conscience - .





DEUXIEME PARTIE DES TEXTES PEINTS


TEXTES PEINTS (suite)

DEUXIEME PARTIE  MAI 81

UN CAHIER AVEC DES MOTIFS COLORES

( 31)  TEXTE PEINT DANS MES RËVES.

 

Le 4. 05.81

Je tente de réamorcer des projets en suspens ( ou latents) - J'aimerais construire une pièce d'une certaine envergure ( je vais m'y préparer ) il s'agit de - J'irai mourir près du Gange -. Rien n'est encore assez précis, mais je suis bien décidé à la mettre à jour. J'ai d'autres actions positives à mener à bien , les plus récentes, je les aies accomplies récemment, elles sont dans l'ordre, la construction d'un banc avec B…. à Épinay, et le coup de téléphone que j'ai donné à A… des actions disproportionnés les unes par rapport aux autres dirons nous, mais qui ont chacune leur importance. Ce soir je suis pressé ( Pas le temps de moduler l'écriture).

( 32)  TEXTE PEINT AVEC  LA COULEUR DE MES ANCIENS TROUBLES.

Le .5.05.81.

Temps difficiles ( se battre contre le vide) ce terrible corps à corps contre un vide intérieur, qui vous ronge, vous ravive, vous étreint. Révolte contre cette ténacité enveloppée ( d'ombres) et de cette  chose mystérieuse qui  s'apparente à du sucre.

Mal physique qui étreint et contre lequel je me bat, avec l'énergie ( désespérée) d'un lutteur qui veut cesser une fois pour toute de se battre contre ce ( rien) ce (vide?)*.(Je luttais contre mon diabète ,mais je ne le savais pas..) Misère du corps qui crie famine. Misère du cœur qui crée famine; misère de l'autre; cela suffit il à l'exercice de la guerre?. J'ai besoin de saisir un corps amoureux. Ce qui me désarme dans ce combat aujourd'hui, c'est ce ( vide) cette absence de réplique. Ici seule la chair du vide , la chair inerte me répond. (Acharnement de ma défense).Je me bat contre des restants de vieilles petites merdes, qui ne se décident pas à foutre le camp de mes espaces. J'aimerais les voir de face et les toucher, leur dire deux mots à ces ( très ennuyeuses ) petites choses là. Je suis encore là , aveugle, encore aveugle, comme si des arêtes s'étaient fixées sur mon cerveau à certains endroits, m'empêchant de battre les abîmes qui sont allongés face à moi. Je suis sonné, je me bat, je me bat les mains ouvertes, la face contre l'abîme.

( 33)  TEXTE PEINT COMME UN ROMAN.

 

Le 10.05.81.

 

Il est sorti de chez moi, avec son chapeau de paille et ses lunettes russes que lui avait donné P...il s'est trouvé un pseudonyme Libermann, et je trouve que cela est un très bon pseudonyme.

Ainsi M… est rentré de son voyage dans le sud de la France, il ma conté une bonne partie de ses périples. Nice Monaco, Aix en Provence, Cassis et d'autres lieux encore, avec N…*ce peintre russe qui m'est encore en partie une énigme. Il me semble les voir, renouant avec la tradition invisible des artistes Européens; ils sont allés dans le sud pour faire provision de lumière, et pour redécouvrir, je serais presque tenté de dire les gens de leur lignage ( ceux qu'on visite dans le sud dans des musées ensoleillés) près de Nice, ils sont allé rendre visite au musée Fernand Léger, au musée Chagall et au maître Vasarely. Vasarely et le peintre qui s'apparente le plus à la démarche que tente N…( mis à part Mondrian). Nous avons avec M…de longues conversations sur les rapports étonnants qui les lient l'un à l'autre, lui et N…; cela se situe au niveau de la peinture, et cette sorte d'osmose qui agit entre les deux est assez exceptionnel; j'aimerais en parler plus longuement, car c'est pour moi un sujet d'étonnement perpétuel, comme si par l'intermédiaire de M…, j'étais le témoin ( indirect) d'une étrange alchimie qui a lieu là et qui se produit entre les deux. Non moins étrange d'ailleurs que le rapport qui nous lie et qui forme une sorte de jonction entre l'écriture ( le théâtre) et la peinture. Il me plairait de prendre pour " héros" les étranges personnages que nous formons pour en retracer un jour l'épopée, ou simplement l'histoire. Car n'est il pas singulier, pour le moins exceptionnel ( comme le dirait Brecht) que dans ce temps ou nous vivons, de tel hommes entreprennent avec une telle persévérance, un tel acharnement- Le voyage fantastique qui les mènent jusqu'au bout de leurs rêves, qui est aussi leur passion-. Dans le cas de N… c'est de la peinture qu'il s'agit, dans celui de M…c'est momentanément la peinture, mais c'est aussi 'écriture et quelque part le théâtre, car cet individu est doué du "don invisible" de sentit aussi bien dans un domaine que dans l'autre.

( 34) TEXTE PEINT AVEC DES TROUBLES ANCIENS.(SUITE)

Le 13.Mai.81.

 

Me voici de nouveau planté dans ce journal avec des sentiments confus, comme si des prismes d'identités multiples me traversaient l'intérieur du corps. Naturellement, d'un côté je poursuis cette dérive intérieure qui ma poussée à ce point de confusion extrême , ou des parties ( contradictoires)se jouent en moi, sans que ma conscience soit très claire. Les étendues du corps qui m'ont placées ici, que deviennent elles? J'ai par moment la sensation de devenir petit tout petit ( à la limite presque petit vieillard) je deviens un petit ( petit) comme si je m'apprêtais à disparaître .J'ai souvent jacter sur la renaissance, à présent j'ai quelques doutes; mais les exposer ne sert pas à grand chose. Cette maladie épuise mes forces.

( 35)  TEXTE PEINT AVEC LA DOUCEUR DES ABIMES.





Je me dit souvent ( car je me parle souvent à moi même comme les fous) seule une femme peut me sauver, et en disant cela, je pense à A… mais rien n'est assez clair dans ma tête. Des comètes constellées d'humains grisés par leurs affreuses manières circulent  toujours en moi (comme des ombres venues de la préhistoire) certains en parlant font jaillir des lacs d'étincelles.( qui se répandent sur ma mémoire). J'en oublie qui je suis;-je me perd!..

( 36)  TEXTE PEINT AVEC MA PEINE ( SUITE).

Si j'avais la conscience de dire les choses telles qu'elles sont cela m'aiderais peut être à situer ma vie dans ce passage difficile, mais des écrans invisibles me transpercent de leur milliers de  facettes. Je voulais accoucher il semble ( accoucher à terme ), je voulais accoucher de moi sans tambour ni trompette, mais je suis hanté par des peurs par des ( effarements) sordides . Mon héros (  à face de chimère ) s'est engagé dans une passe difficile, sortira t'il victorieux de ce combat ? Le cycle de mes infortunes continue Mon voyage devrait suffire, mais entre dire et faire un fossé s'est creusé.





 


( 37)  TEXTE PEINT AVEC MES PEINES (NOUVELLE SUITE)

Ce stage de danse que j'effectue en ce moment ,* sorte de renaissance indistincte, comment le décrire? Mes réalités oscillent à divers degrés. La toile de mes jours est faite de hauteurs vertigineuses et de profondeurs sans fin, comme si mon centre vital s'était soudain laissé fléchir, et que ma force intérieure basculait ( soudain) dans des abîmes indiscernables. J'ai voulu jouer au jeu des puissances ;mais ma conscience demeure obscure. Des démons assiègent mon âme . Cet enfant (le mien) était doué à la naissance pour les choses simples ( c'est pourquoi il se confectionnait à une certaine époque des guitares en contre-plaquée, il se construisait même des barques en bois, il aimait les images et les parfumes qu'il trouvait dans la nature, rien ne l'obsédait moins que ces images puériles qui sont venues plus tard hanter la mémoire de l'adulte, pourquoi l'homme qui se tenait derrière l'enfant avait il chuté?)L'homme était devenu obstiné implacable, aventureux, homme sans nom, homme sans âge, homme perdu. Qu'était venu chercher l'homme? Pourquoi s'était il égaré?



( 38)  TEXTE PEINT  AU TROIS QUART SOUS HALLU.

J'aimerais… retrouver une certaine… emprise sur mes espaces…me retrouver par la même occasion. Mais navigations intérieur ne sont certes pas terminées…mais je suis un peu épuisé …épuisé par mes facéties. M...*me plaisait beaucoup, mais… des interférences sont apparues. Il y a en moi  des figures qui se heurtent… c'est à peine si je parviens à les dessiner. Renaître ,accepter les contradiction…les contradictions  comme nécessaires à  tout dépassement.

 

 

( 39)  (SUITE)  DES TEXTES PEINTS AU TROIS QUART SOUS HALLU.

 

Paris le 29.

Ma vie est couverte par des masques   qu'il m'est impossible de voir SEUL… c'est mes pensées ( ou plutôt mon ego)qui persiste et s'affirmer à travers les masques .Un maître ambitieux et fatal s'est glissé en moi; Il a prit l'aspect d'une femme dont la pointe du sein est empoisonnée… cette femme est la même qui allaitait le jeune Krisna. Le jeune Krisna dans la tradition hindoue va sucer le sein pour en faire sortir le venin; alors le démon va s'enfuir…la jeune femme purifiée devient une fleur raffinée. .Pour que la fleur de la divinité, qui est en moi puisse éclore ; il faudrait que je m'abandonne à la compréhension des phénomènes qui régissent l'intérieur de nos âmes ;hélas ,un frein obscurcit ma vision!.

( 40)  Suite des textes PEINTS SOUS HALLU.

Cette danse que nous avons débuté ensemble est à la fois une danse de mort et une danse de vie, c'est une danse de plaisir et une danse de souffrance, danse de joie et danse de peur aussi ;cette danse entre cette divinité et moi ;c'est l'apogée du rite universel qui nous lie à l'univers ;si nous parvenions à passer à travers les démons qui font s'affronter en nous les dualités assommante, notre amour de la vie deviendra l'attraction principale ;l'existence d'un principe ( égoïste) qui enferme la vie dans un lieu habituellement restreinte ,disparaîtra si nous trouvons le point de jonction qui réunit les puissances du cœur et celles de l'esprit. Dans une vie prochaine , je la retrouverai; celle plus belle encore que la vierge immaculée de mon enfance … et son cœur s'offrira.



( 41)  TEXTE  A DEMI PEINT ET ABANDONNE



11Juin.

Mise au point.

La confusion n'est pas levée, il me faut cerner mieux certaines fréquences .

Sur le plan de l'étude B...A…je suis arrivé au point mort. Je risque probablement e différer cette étude, mais en même temps rien n'est sur. C'est que mes idées ici ne sont pas encore assez claires. Je suis arrivé à un point ultime du conflit. Je peu renaître peu à peu, renaissance spirituelle si l'on veut. Poursuivre néanmoins certains objectifs que je m'étais fixé; même en même temps retrouver la patience  nécessaire à toute entreprise. Depuis une semaine  ( à peine) j'ai.......



( 42)  TEXTE PEINT  ENTRE DEUX  RËVES ANCIENS

État des lieux.

Beaucoup d'interrogations sur des étendues variables.

Mes champs de conscience sont encore séparés( trop distincts),mais cela fait partie de mes limites, et ne pas les reconnaître serait laisser champ libre à ce démon qui loge en moi et qui se considère à l'égal d'un Dieu. Pourtant mes figures intérieures se précisent mais aussi avec elle toute l'étendue de mes peurs  et celle de mes faiblesses, mais surgit aussi en même temps ma part de force et de  pouvoir. Toutefois, il est très difficile pour un homme de faire le ménage chez lui lorsqu'il ne connaît pas encore l'étendue de son domaine.



 

( 43)  TEXTE PEINT AVEC MES  VIEUX DESARROIS

 

 

Il ne suffit pas de vouloir renaître, encore faut il naître à une nouvelle conscience de soi; Dénoncer les lacunes qui me pèsent et m'empêchent d'agir, cela suppose que je prenne conscience de cette faiblesse sur laquelle je me lamente sans cesse et qui est la cause de tout mon  ancien désarroi

 

 

( 44)  TEXTE PEINT AVEC MA PEINE

Juin 5

Grande Ö grande est ma faiblesse, grande est ma peine!.

J''effectue depuis deux jours, les exercices de ( Baratta) . Hier j'ai atteint ne sorte d'illumination avec le NA MOI R des bouddhistes japonais ;je reste sur mes gardes; c'est peut être pourquoi aujourd'hui après un temps singulièrement long de pratique, je ne suis parvenu à rien, sauf à bander, et à susciter en moi un désir sexuel ; il a fallu que je me masturbe après cette séance, ne sachant trop d'ailleurs comment me comporter avec mon pénis, laisser venir la jouissance ( l'éjaculation) ou la retenir. Après cette séance je me suis aperçu qu'il m'étais à priori assez facile de la retenir; pourtant j'ai fini par éjaculer. Je pense que j'aurais besoin qu'on m'aide à préciser mon attitude là dessus. J'ai peur de lâcher le mental; mon mental résiste et s'accroche comme une bête. J'ai tenté en récitant le  mantra de fixer un point au mur. Je me suspecte de pratiquer depuis hier et aujourd'hui en vue de trouver cet état d'éblouissement comme celui qui est apparut hier dans l'après midi, que je pourrais décrire ainsi: J'avais la sensation que mon corps était extérieur à moi, que le mantra coulait de ma bouche comme une sorte de fil continu; ma chambre devenait extraordinairement lumineuse, les couleurs les murs, le papier , le blanc du tissu sur le mur devenait scintillant; j'avais l'impression de pénétrer dans un autre espace, dans une autre dimension et c'est à ce moment qu'une sorte d'éblouissement s'est produit; d'abords progressivement, ensuite de plus en plus net;. Cet état d'éblouissement je le connais ,je l'ai déjà rencontré ailleurs, mais de façon plus fugace, et ces scintillements aussi m'étaient déjà apparus en d'autres circonstances; lorsque je m'entraînais ,à voir le monde réel .

 Tout ceci est trop précoce pour m'épuiser en commentaires. Mes journées se passent  en dents de scie; je me dis que je suis devenu complètement fou , mais alors complètement fou .Je voudrais m'enfuir d'ici, pour aller en Bretagne .Je suis traverse une étrange période, je ne sais ce qu'il va advenir de moi; tout se passe comme si je traversais un brouillard épais ,je dois produire un effort considérable pour exécuter des actions en apparence assez simple .



( 45)  TEXTE PEINT A LA VA VITE

Paris  le 17

 

Je suis rentré des Vosges hier soir. J'ai eu de bons contacts avec la famille . Je suis remonté à l'occasion des législatives. Je traverse une période de vie confuse. j'ai choisi de poursuivre malgré des réticences d'ordre intellectuelles la récitation du mantra japonais . Cela correspond à un besoin de régénérescence de mes centres psychiques. Hier j'ai fais une rencontre encore un peu irréelle celle de V…*Je l'aie rencontrée dans le train en remontant sur Paris. Je ne parviens pas à m' expliquer cette attirance. Je suis amoureux d'elle mais je ne sais pas à quel niveau. Je vais la recontacter . Mon esprit cartésien est mit à rude épreuve les temps ci;des événements totalement imprévisibles se produisent. A..ma récrit; elle avait perdu mon adresse. Avec A…mes sentiments sont toujours aussi confus. Aujourd'hui trois femmes hantent ma vie. Avec E.. je n'ai pas fini d'éclaircir mes sentiments. A..m'attire, et puis il y a cette rencontre avec V..180 Je suis amoureux de trois femmes .Sur le plan intellectuel, je suis ralenti ; l'étude engagée sur Brecht  et Artaud me fait peur ,vu l'énormité quantité de travail qui reste à accomplir. J'aimerais trouver un second souffle!.


 


( 46)   TEXTE PEINT SANS BEAUTE

Nouvelle dépression coup de griffe, mais il vaudrait mieux essayer de conduire cela  plus entièrement, plus simplement, plus concrètement.;  si je veux être à même de cerner ce qui fait conflit ici bas, dans ma petite tête, dans mon domaine, dans ce grand cinéma à l'intérieur duquel je me meus. Il m'est difficile de trouver la sérénité la paix dirons nous dans cette période d'instabilité que je traverse. La journée écoulée à été assez lamentable si je ne m'abuse; toute en suspension, coupée d'éclats et de travers. J'ai tenté de reprendre ce matin les contes et histoires que je tente d'écrire ( contes et histoires d'occident*) mais le cœur n'y était pas, je me suis contenté de l'écriture du journal; sans doute parce que  cela 'est plus facile. J'ai  mangé (ou plutôt  bouffé) au resto-U le Mazet. J'ai acheté ensuite une série de bouquins ( sur l'Inde, des contes arabes pré - islamiques et en outre un livre sur le symbolisme héraldique du nom ).J'ai feuilleté ces livres en rentrant chez moi, avant d'aller au cours de Baratta; feuilleté est le mot, car il m'est quasiment impossible en ce moment de grande confusion de lire quoi que ce soit d'une façon continue. J'ai récité le mantra dix minutes avant le cours pour me donner du courage, j'ai aussi pensé très fort au désir que j'ai pour V….. Dans la pratique de la danse m'apparaissent parfois toutes mes vanités, et toutes les difficultés qui se présentent; autant d'obstacles qui me renvoient face à ce que je suis, UN GRAND DEBUTANT DANS L'ART DU KERALA.*



( 47)  PREMIER TEXTE PEINT DANS L' ABÏME

Il faudrait que je puisse distinguer à l'intérieur  de mes désirs parfois paradoxaux, ce qui fonde ma division. Car le malheur de mon malheur aujourd'hui, c'est d'être conduit par des conduites qui n'en sont pas . En quelque sorte mené à vue par le train d'une confusion qui est en partie faite de désirs non identifiés, d'images paradoxales saisissantes. Remonter le cours de ces contradictions est impossible . Des mondes apparaissent en moi, qui forment autant de continents qu'il y a de désirs; Ainsi la projection infernale de mes désirs, me transforme peu à peu en une sorte de gros caméléon, virant au rouge selon l'heure, au rose ou au  vert, au jaune ou au bleu dans la demi heure qui suit. Ma sagesse en réduite à des bouts de ficelle, elle ne peu plus contrer toutes ces divisions qui m'accablent. Désir d'osmose, de communion, désir de paix, de joie, de sérénité de dépassement de "soi".Les formules sacrées exigent d'être habités par l'être tout entier.Une ultime passion  m'entraîne dans les excès, Comme il n'existe pas de principes absolus, tout se relativise ici bas, tout m'exalte, mais tout m'ennuie, tout me plaît, tout me déplaît. La source incessante de mes maux se situe à l'apogée de ces territoires multiples qui siégent sur un trône incertain .Reconnaître le principe souverain, se soumettre à sa loi, serait beaucoup plus sage, mais c'est à peine s'il a surgit qu'il disparaît .si je l'avais en moi, ma vie ne longerait pas les abîmes.



( 48)  SECOND TEXTE PEINT DANS L'ABÏME.



10.Juin.



 Ma conscience se modifie, je suis livré à l'étendue d'un désarroi nouveau celui qui reste après que les pensées sur lesquelles je m'appuyais aient soudain chutées .





FIN DES TEXTES PEINTS



                      DES NOTES SUR TRANSAT

Voila ce que je disais J de Transat :

page 152


TRANSAT date de 1998. Cette tentative de roman, marque un tournant dans le travail d'écriture de J- Comme le dit J à plusieurs reprises dans ces pages, Transat n'est que la tentative de reconquête d'un projet d'écriture qu'il avait conçu une quinzaine d'années auparavant, alors qu'il était encore dans l'incertitude sur sa vie. Ce projet de roman qui le hantait à l'époque, portait un autre titre il s'appelait - Nuit aux pôles- . J ne parvint jamais à accoucher de ce roman mythique. C'est seulement en 1998, qu'il tente de retourner sur les traces de son passé d'écrivain raté. Il tente d'exorciser à travers l'écriture de Transat , sa vie ancienne. Il tente à la lumière de sa vie présente, (qui est devenue radicalement différente ) de reconstruire les visions qui formaient l'armature de Transat.

C'est à travers l'écriture de Transat qu'il met à jour presque sans s'en apercevoir au début, le travail des - écritures simultanées- qui va devenir une stratégie clés dans la rédaction DES ECRITS.

Naturellement comme à son habitude, J abandonne la rédaction de Transat au bout de quelques mois. Il n'oublie pas toutefois de sous titrer ce travail d'une façon à ce qu'il n'y ait pas de confusion sur sa destination, il fait de Transat - un roman inachevé -.

Deux ans plus tard ,vers l'an 2000, il s'attaque à là rédaction DES ECRITS ( qu'il intitule encore (au début) - les mémoires improvisées- son projet est de raconter sa vie ( sans plan préconçu) c'est à dire d'une façon spontanée. ). Très vite il s'aperçoit , qu' écrire sans se corriger, est une entreprise , presque impossible; mais surtout, il redécouvre à travers la rédaction des ECRITS une forme de principe narratif - spatio-temporel - qui était celui de Transat - c'est le principe des narrations simultanées. Pour rendre compte de la complexité d'un être ( le sien ) il doit inventer des procédés narratifs inédits ( inédits jusqu'au moment ou il découvrira plus tard chez Jacques Roubaud une partie de ceux là qu'il avait mis à jour ) Il redécouvre pour l'instant une partie des procédés narratifs qu'il avait mis au point dans Transat et il tente de les perfectionner.

Le principe narratif qu'il exploite se résume grossièrement en ceci :Un individu n'est pas composé d'une seule forme, mais de plusieurs, c'est toutes ces formes ( l'une après l'autres ) qui doivent êtres exploitées si on veut rendre compte de l'étendue de soi.

Les ECRITS synthétisent toutes les obsessions d'écriture de J. et Transat en est la préfiguration . Dans Transat il tente déjà à travers un certain - projet de mémoire- de reconstruire sa vie , (sans être jamais certain de jamais y arriver, car il découvre que la vie lui échappe, que la vie est mouvement). A partir de cet instant J comprend que c'est le mouvement changeant de la vie qu'il doit d'écrire . Dans Transat c'est ce mouvement changeant qu'il tente de capter; il le fait comme le ferait un écrivain sismographe ( un scripteur) auquel il va s'identifier souvent par la suite.

Dans Transat J est à la fois un nomade et un observateur détaché de lui même , et surtout peut être un nomade et un observateur détaché et parfois énervé de sa propre écriture , car hormis sa propre vie, c'est aussi la vie troublée de l'écriture qui l'intéresse, celle instable de ses écrits présents celle imparfaite de ses écrits passées.

Persuadé qu'il est depuis toujours, qu'elle porte en elle ( l'écriture) des secrets qui bouleverseront la vie des hommes toute entière lorsqu'ils seront révélés, ll n'a de cesse de la mythifier.

Transat ne sera disponible à la lecture que sous une forme fragmentaire( c'est un projet inachevé) .Comme la totalité des manuscrits n'ont pas été mis en forme, il faudra attendre quelques temps vraisemblablement avant de pouvoir en consulter des passages. Nous signalerons le jour venu leur mise en consultation sur le blog.(Extrait des commentaires d'un site sur J auteur).


 

UNE NOTE TIREE DE MON  JOURNAL  2019




Avril 2019.



Je me demandais ce matin où le voyage de celui que j'appelais Odysseus allait le mener. J'en étais à peine au début du commencement de mes récits, et je désespérais de jamais parvenir à rendre clairement l'objet de ce voyage qui avait prit toute une vie. Je relisais les notes que mon alter ego avait déjà pris sur ce voyage ;je me demandais ,si ce roman existentiel dans l'état où il l'avait abandonné était bien celui que je voulais écrire. C'était -un roman de l'écriture- .En suivant la trame de mes  récits  ,je croyais assister à l'engendrement d'une œuvre littéraire spéculative et en marge .Certaines de mes obsessions d'homme mûr rejoignaient  sans que j'en soit tout à à fait conscient ma vie d'adolescent ;il me venait à l'esprit soudain que les textes que l'homme de soixante ans pondaient rejoignaient le désir d'éternité qui m'étreignait depuis toujours .Si je plaçais régulièrement sur ma route des signes un peu transcendants ;c'est  qu'il me rappelaient  que hier  je m'étais promis de ne jamais faillir à  mes rêves d'absolu  .En me relisant j'apercevais au loin  le jeune  garçon qui vénérait Spinoza comme un maitre .Dans le vif de mes brouillons ,il y avait aussi des moments de folie qui m'invitaient à être plus discerne ;car bien souvent j'écrivais aussi des bêtises  .C'est pourquoi je les avaient placées sur mon chemin ,pour me rappeler que j'écrivais aussi un essai ;à travers cet essai j'essayais aussi de me rende compte de mes  conneries; si dans le vif de mes brouillons se tenait un roman ;il y avait aussi une réflexion sur les vérités et les mensonges de l'écriture. C'était aussi ça le voyage d'Odysseus.






  


BIBLIOGRAPHIE

Quelques inédits de J



  

Les archives d’Odysseus :

Tiempo nuevo (Roman).Jamais édité.

Les écrits bruts:Contiennent les chroniques et journaux intimes rédigés par J. depuis l'âge vingt ans, des extraits de ses pièces de théâtre, et plusieurs écrits inédits. -

Une monographie artistique.--JS, pionnier de l'art Urbain (1979-2014)

Le voyage à Cythére. édité en 300 exemplaires par l'Imprimerie Amiens en septembre 2021.




En préparation :

Odysseus .Autofiction Tome I, Livre II.

Le rouleau Autofiction rewritting .Tome I livre I et II.










 





Table des matières





Avis aux lecteurs: 

Annexe, notes : 

Bibliographie : 

Biographie du peintre :













 



BIOGRAPHIE DU PEINTRE





JEAN STARCK est né en 1948 dans les Vosges. Il travaille dans l'industrie textile  puis part  à Paris pour étudier le théâtre. En 1979, il  renoue avec la peinture qui fut sa première vocation. Il se fait  remarquer par Jean Dubuffet, qui lui achète plusieurs peintures -- ses Travaux de Renaissance- pour les placer dans une annexe de ses collections personnelles. Il se jette   dans la peinture avec frénésie et peint  en utilisant du carton, des matériaux d'emballage, et surtout des anciens livres et des journaux .À la même époque, il crée le groupe Transmigration avec le poète Manuel Rodrigues et d'autres amis artistes français et russes.  « Regarder le monde comme un primitif, peindre sans peindre, peindre comme un chaman ». C'est la formulation qu'il utilise durant cette période pour qualifier sa peinture.  Retrouver les gestes premiers du peintre,redonner une dimension cosmique à la création  ,c'étaient les objectifs que s'étaient donnés les Transmigrationistes .Il participe aussi  à la création d'Art-Cloche,  groupe néo dadaïste né dans un squat  . Le groupe devient l'emblème d'un style d'art urbain  ironique.  Les artistes du mouvement  se réclament de Dada, de Cobra et de Fluxus . Ils détournent les objets utilisent des techniques d'assemblages hétéroclites. Art-cloche engendre une scène alternative qui a ses prolongements à travers les ventes d'art publique (les ventes aux enchères). Les nombreuses manifestations qu'il crée engendrent un mouvement qui va perdurer, puisque en 2001, le Palais de Tokyo consacre une rétrospective au mouvement, conférant une dimension historique à ce dernier. En 2004, Jean Starck crée le N.A.U. (Nouvel Art Urbain)  . Après une rétrospective de ses travaux à Épinal,  il entreprend d'écrire des chroniques qui décrivent ses errances dans l'art.  En 2020, il décide de reprendre ses écrits est d'appeler ça Odysseus.  


  




Autoédition :


La collection privée d’un artiste squatteur - Jean Starck / Nau Éditions

Trente années d’activités artistiques souterraines - Jean Starck / Nau Éditions

Un primitif moderne IV Catalogues - Jean Starck / Nau Éditions

L’exercice de l’Art - Jean Starck / Nau Éditions


 Jean Starck est répertorié dans le Bénézith,   (volume 13) et dans de nombreux autres sites de vente, dont Art-Price.



 



A PLACER AU DOS DE LIVRE


Odysseus est une autofiction. Le «moi» épique de J, mon alter ego, cherche sa place au sein d'un monde bouleversé par les aléas de la mémoire. J, mon alter ego, tente de se remémorer sa vie à travers les brouillons de mes anciens écrits. Ces brouillons servent de fil à cette odyssée. J, mon héros, c'est moi, transformé au fil du temps en un autre, en une sorte d'Odysseus. Ce «moi» imaginaire est en voyage. Il reconstruit ma vie à travers les diverses tentatives romanesques et poétiques que lui livre mon passé. C'est avec ça qu'il doit se débrouiller, c'est avec ça qu'il doit construire une histoire. Le narrateur voyage dans sa mémoire comme sur les mers. Il est Odysseus, il se perd, se retrouve et les récits (les récifs) qu'il met à jour deviennent des épopées qui se désagrègent ou se restaurent au fil de sa mémoire (ma mémoire). Pour J, ce sont uniquement les poètes (les visionnaires) qui racontent l'histoire. Odysseus est le héros mythique, énigmatique, admirable, qui court, silencieux, à travers ma vie.



J, 13 décembre 2018





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